225 / Rester zen

Le mois de septembre est à peine terminé, à regarder les cernes de mes proches et les to-do lists s’allonger, il semblerait que le tourbillon de la rentrée ait déjà fait quelques dégâts. La faute au temps qui passe trop vite, aux journées de dingues que nous avons toutes, à devoir gérer le boulot, la famille, l’amoureux, les enfants…

Nous y voilà. En septembre donc ils ont repris les chemins de l’école, et nous on a assisté à toutes les réunions avec les instits/profs en primaire, au collège et au lycée… On a entendu les recommandations, les nouveaux programmes, les problèmes de discipline, de concentration, d’autorité… Et on se promet que cette année on n’attendra pas mars pour trouver des solutions…

Je suis formatrice en orthographe depuis plusieurs années. J’enseigne la méthode Anne-Marie Gaignard à des enfants, à des ados et à des adultes. Sauf si vous vivez sur Mars, vous n’avez pas pu échapper aux reportages dans les médias (télé/radios/journaux) concernant la rentrée scolaire. Parmi les banalités du genre, j’y ai trouvé plusieurs articles très intéressants (et certains carrément alarmants) sur le niveau de nos enfants. Le faible niveau en français fait enfin du bruit. Car les fautes d’orthographe sont partout > dans les cahiers de nos enfants, dans les rapports de stage de nos ados, mais aussi dans les mails de nos collaborateurs (« Oh, dans un mail, c’est pas si grave… »), dans les publicités affichées 4 par 3 (« C’est qu’une pub, t’énerve pas… »), et aussi évidemment dans les journaux et dans les livres.

Alors quoi ? Qu’est-ce qu’on fait ? Rien ? Si, on se bouge et on réapprend les bases. C’est possible. Mais c’est du travail. L’orthographe, ce n’est pas comme le vélo, il faut pratiquer, s’entraîner, apprendre. Bref, il faut tra.vail.ler. Pas de baguette magique mais en quelques heures, on peut être autonome, apprendre à se relire et reprendre enfin confiance en soi.

L’idée, c’est de prendre l’enfant (ou l’ado) là où il en est et le tirer vers le haut. Certains confondent « simplement » les terminaisons en –er et en –é et s’emmêlent les stylos avec les homophones on/ont, à/a, ou/où… Mais d’autres personnes ont de grosses lacunes, dues pour la plupart à des ratages dans l’apprentissage de la lecture. Dans tous les cas, on apprend à s’écouter écrire, et à s’écouter lire.

Depuis plusieurs mois, j’enseigne la méthode d’Anne-Marie Gaignard sur ZenEduc, un site de coaching exclusivement en ligne. Pourquoi ? Parce que c’est simple. Parce qu’après une journée au lycée, l’ado n’a plus de temps à perdre dans les transports. Alors on prend rendez-vous et on se connecte à l’heure qu’il a choisie. Qu’il vive à Toulouse, à Bruxelles ou en Haute-Savoie, peu importe. On se connecte et on travaille, au calme. Mais on s’amuse aussi… Oui, parce qu’on peut s’amuser avec l’orthographe. En la détricotant, en jouant avec, on arrive à comprendre sa logique. Simple, rapide, efficace, en moins de 20 heures on sort du calvaire des accords de participes passés et on reprend plaisir à écrire… et aussi à lire !

D’ailleurs, si votre enfant a des blocages en mathématiques, il peut également trouver un coach qui appliquera les méthodes de Michel Vigier, ingénieur et prof de mathématiques. Le blocage en mathématiques , lui non plus, n’est pas une fatalité. Les outils d’acquisition des fondamentaux existent et ont été validés par les expériences terrains successives menées entre 2004 et 2016 par les équipes de Michel Vigier. En s’appuyant sur les découvertes récentes en neurosciences et en pédagogie, Michel Vigier a développé une méthodologie ludique et efficace basée sur l’utilisation du boulier didactique (numération) et des tableaux (addition/soustraction, multiplication/division, pourcentage et proportionnalité).

Mais sur ZenEduc, il y a deux pôles. L’espace Educ (français, mthématiques, mémorisation…) et l’espace Zen. Parce que le métier de parent ne s’enseigne dans aucun livre, parce qu’on a tous les mêmes angoisses à base de : « Comment faire pour qu’il m’obéisse ? », « Rien ne l’intéresse, il me désespère… », « Comment éduquer sans punir ni crier ? », « J’ai un enfant précoce, comment l’aider en développant son potentiel »…
Alors sur l’espace Zen on peut choisir son module et bien sûr, son coach. En fonction de vos attentes, de votre caractère et de celui de votre enfant, Sandrine Dirani, la fondatrice et directrice du Site vous orientera vers le coach approprié.

Et si, comme beaucoup de parents, vous vous trouvez face à un silence glaçant quand vous posez à vos enfants en 1re ou en Terminale les questions fatidiques : « Que veux-tu faire plus tard? », « Qu’est-ce qui t’intéresse? »,  « Vers quoi souhaites-tu t’orienter? », la formation STRONG est faite pour vous et votre enfant.

L’idée, c’est qu’on fait tous ce qu’on peut. Et parfois, on peut faire beaucoup en déléguant…

Pour en savoir plus, découvrez ZenEduc avec cette vidéo de présentation.

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215 / Les exigences des profs et les réponses des parents

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, je voulais vous raconter une petite anecdote rigolote assez révélatrice…

Notre fils aîné, 15 ans, est au lycée depuis septembre, en 2de. Autant ses années de collège n’ont pas vraiment été un long fleuve tranquille, autant depuis la rentrée il semble vraiment bien. Je crois que le changement d’établissement (nouveaux copains et nouveaux profs) y est pour beaucoup. Ah, on me dit dans l’oreillette qu’il a mûri… Pas faux.

La semaine dernière, nous sommes allés avec mon homme à la réunion parents-profs. La fameuse réunion au cours de laquelle tu as un large créneau de 6 mn (véridique) par prof, et ne peux rencontrer que cinq profs maximum. Tout s’est très bien passé, les profs étaient agréables et disponibles… mais très en retard. Pas grave, j’avais missionné n° 2 (celui qui m’a vrillé les nerfs hier) > tu gères les douches, tu vérifies que les devoirs des petits (et les tiens…) sont faits et vous mettez le couvert. Pendant que vous y êtes, vous passerez également un coup d’aspirateur dans le salon et en rentrant on récitera ensemble un Je vous salue Marie. Nan, je déconne…

Nous avions RV à partir de 18h45. À presque 20h, alors que nous attendions dans le couloir avant de rencontrer le prof de Français, j’en ai profité pour papoter tranquillement avec les autres parents, accompagnés de leurs enfants (le nôtre a des priorités > il avait entraînement de foot !). Arrive la question qui fâche. Je leur demande :
– Alors dites-moi, vous l’avez bientôt terminé le Rouge et le Noir ?

Un ado me répond :
– Ah bah non ! Punaise, c’est long… Pis j’aime pas lire…

Explication > à la rentrée, le prof de Français a demandé aux élèves de lire Le Rouge et le Noir. En précisant qu’ils auront jusqu’à mars pour lire les 670 pages écrites en corps 4 (ok, 7) de Stendhal. Plus de six mois, on est quand même obligé de reconnaître que le prof est ultra sympa là, non ? Vous aviez six mois pour lire un bouquin au lycée, vous ? En discutant avec une maman donc, elle me dit « Oui je vais en parler avec le prof parce que bon, la lecture, faut que ça reste un plaisir. Mon fils a du mal avec ce bouquin, je ne peux pas le forcer quand même… »

Mais si bon sang ! Bien sûr que si ! Depuis quand « il faut que ça reste un plaisir ? » Qui a dit que les devoirs, ça devait rester sympa ? Déjà que nos ados sont majoritairement peu enclins à tra.va.iller, alors si nous, les parents, les adultes, on n’insiste pas un peu… On ne va pas se mentir, pourquoi faire ses exos de maths ou de SVT ça doit rester cool ? Et faire trois tours de stade en EPS, aussi ? Non. Les cours, c’est de temps en temps au moins j’espère, intéressant, voire passionnant, ça doit dépendre des matières et même surtout, des profs. Mais c’est sans doute aussi malheureusement, barbant, difficile, et même fatigant. So what ? Ils n’y vont plus ? On annule et on part faire l’école sur un bateau en navigant autour du monde ? Parce qu’on ne va quand même pas les contraindre à leur âge nos biquets ! Je suis la première à déplorer les faiblesses du système, le manque d’écoute et l’ignorance des solutions qui marchent. Mais si en Seconde, les enfants ET les parents discutent le choix d’un bouquin imposé par un prof de Français, qu’est-ce qu’ils vont faire adultes ? Quand un patron ou un client va leur demander de lire une synthèse pour faire un rapport, ils vont dire, bah là non, 240 pages… c’est beaucoup quand même, et pis j’aime pas lire ?!

C’est moi qui débloque ? Au collège, j’ai lu Germinal. Je n’ai pas aimé ce livre, mais je peux en parler. Je n’ai pas adoré Les Misérables non plus, et d’ailleurs mon prof et mes parents se fichaient complètement de mon avis sur Hugo. Ay lycée, ma prof de Français était dingo de Flaubert et de Proust. Alors je les ai lus. Et je suis ravie de l’avoir fait. J’ai aussi appris à tracer des cercles et à calculer des volumes, à faire des divisions et des équations. J’ai dû grimper en haut d’une corde et faire des matchs de hand. Tant mieux pour moi, j’ai toujours adoré le sport mais certaines de mes copines redoutaient ces séances-là. Pour autant, elles venaient. Nos parents ne disaient pas « reste donc à la maison mon trésor, le sport, faut que ça reste un plaisir quand même… ».

Quand les profs donnent trop de devoirs, panique à bord, les ados sont débordés et risquent le surmenage. Quand ils n’en donnent pas assez, on va en faire une génération de fainéants…

Alors je me demande > et si on laissait les profs faire leur boulot ? Et si on prenait le risque de leur faire un tout petit peu confiance ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

 

P. S. : Cette photo n’a a priori aucun rapport. Ou peut-être que si, en regardant bien…
Passez tous un très bon week-end !

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© Colour your life

208 / La rentrée des parents

Ça n’aura échappé à personne (hormis quelques papas peut-être…), nos enfants ont repris le chemin de l’école en début de mois. De fait, les parents que nous sommes ont dû également faire leur rentrée.

Je sais bien, si vous étiez partis en juillet, vous aviez sans doute repris depuis belle lurette quand la cloche a sonné. Mais ici, nous sommes partis autour du 12 août. L’été fut chouette, mais long. Bien trop chaud pour moi, mais je m’égare… Autant vous dire qu’en rentrant le 28 août, on a profité allègrement des 2-3 jours avant la reprise officielle des enfants pour retarder un peu le réveil. Certes, nous avons retrouvé le bureau mais les journées étaient cool. (<= Joie, bonheur. De courte durée.)

Les petits ont fait leur pré-rentrée le mercredi 31 août. Ils ont vu leur classe, posé leurs affaires, croisé quelques copains/copines. Nous avons pris le temps de discuter avec les différentes maîtresses.

– Ma petite dernière (5 ans) est cette année dans une classe de double niveau, grande section-CP, mais dans le groupe des GS. Elle est contente. Sa maîtresse est un ange. Elle s’est quand même perdue 2 midis de suite dans la récré ( !). Pas « perdue » pour de vrai, disons il y a une petite séparation pour la récré des maternelles, et maintenant qu’elle est dans une classe où il y a en majorité des CP, elle va dans la cour des « grands ». Cour à laquelle elle n’était pas habituée. Alors les premiers midis, elle n’a pas dû suivre les copines qui partaient à la cantine et s’est retrouvée un peu paumée… Heureusement, sa grande sœur est venue à son secours. Vive les fratries.

– Ladite grande sœur est donc maintenant en CE1. Sa maîtresse est également un ange. Ma mignonne rentre de l’école vers 17h. Fait ses devoirs à 17h02… Je lui dis tous les soirs de prendre un peu le temps de souffler. De jouer. Mais non.

  • Je préfère le faire maintenant maman. Ça me rassure…

 – N° 3 est en CM1. Toujours aussi perché… Il faut d’ailleurs que je vous en raconte une bien bonne à son sujet : nous étions donc en vacances en Espagne, près de Barcelone. Je suis la seule à parler espagnol. Mon grand fait de l’espagnol depuis 2 ans mais bon. Ado tout ça… Bref. Donc, où que nous allions, quoi que nous fassions, « je » parlais. Un soir, au resto, après que la gentille serveuse nous ait amené notre plat, mon fils me demande :

  • Maman, comment on dit « merci » ici.
  • Gracias.
  • Oui, mais on peut dire thank you aussi.
  • La dame comprendra sans doute. Mais thank you c’est de l’anglais.
  • Tu veux dire que les Espagnols ne parlent pas anglais ?

Voilà-voilà. Mon fils. Il paraît que j’étais pareille gamine. Perchée en permanence… Donc, il est en CM1. Donc dans 2 ans il ira au collège. Punaise. Respire ma fille. Zen.

N° 2 est en 4e. À la cool. Zéro stress.

  • T’inquiète maman, je gère…

Il a très mal aux épaules depuis le printemps. Si vous me suivez , vous savez que nos 3 garçons nagent. Beaucoup. A priori un peu trop. Lui en tout cas n’était sans doute pas assez musclé pour encaisser cette charge d’entraînements. Nous avons vu un super kiné qui préconise des séances avec lui. Wait and see. En attendant, il est inscrit à la section rugby au collège.

– N° 1 a 14 ans, il est donc entré au lycée. La bonne petite claque de la rentrée. Oui alors bien sûr, c’était prévu hein (<= pas la claque, la rentrée au lycée). Mais je ne sais pas pourquoi, ça m’a fait un sacré drôle d’effet.

Il faut vous dire que l’année dernière à la même heure, il mesurait 1,54 m. Pas très grand (<= mais très beau, objectivement bien sûr…). Déjà chiant, notez bien. L’année de 3e ne s’est pas faite dans la ouate, il y a eu des cris, des punitions, des moments durs. Il est devenu très très mou. Marchant à 2 à l’heure. Toujours fatigué. Mon lave-linge rétrécissait drôlement ses pantalons. Alors en avril mon petit cerveau s’est reconnecté. Je lui ai dit, viens donc voir que je te mesure. Verdict ? 1,70. Waouh : 16 cm dans l’année. OK. Tout s’explique. Enfin « tout », non, mais beaucoup de choses. L’adolescence était donc entrée dans nos vies. Je le toise encore, à peine (<=3 tout petits cm nous séparent, je tiens bon quelques semaines je pense…)

Pour aller au lycée, il nous a demandé un scooter. J’ai dit bien sûr mon trésor. Je passe à la banque et je signe le chèque. Choisis donc celui que tu préfères. Nan je déconne. J’ai dit tu parles sérieusement ? On habite à 10 mn du lycée. Tu iras à vélo. Fin de la conversation. L’adolescent est donc totalement au-to-no-me. Et toujours aussi chiant. (<= au passage…). Mais autonome. On est en plein progrès. Et moi j’entre le niveau 3 de la patience…

Nous avons brillamment survécu à la semaine de 3 réunions par jour. Les fournitures scolaires avaient été commandées puis reçues avant de partir (via Scoléo, une merveille). J’ai fait des grands sourires à notre docteur qui a eu la patience de recevoir les enfants pour les certificats médicaux. J’ai fait la queue 2 heures pour réinscrire n° 1 à la piscine. Ma bichette reprend la danse la semaine prochaine. Cette année, elle a un tutu (acheté mercredi par Bibi). Sa petite sœur attendra d’être au CP pour envisager une activité. Mon homme a repris la course à pied sans douleur, donc dans la joie. J’attends mardi prochain pour reprendre mes cours de danse.

Bref, on dirait que septembre n’est pas si terrible cette année.

Nos enfants grandissent. Prennent de l’assurance et c’est chouette. Ils ont leur vie parallèle avec les copains, les copines et leurs activités. On ne casse pas le fil. Il s’étire, il devient plus grand pour laisser le temps à chacun d’eux, de nous, d’y trouver l’équilibre.

 

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207 / L’école, le système et nos enfants #2

S’accrocher pour ne pas décrocher…

Je sais… ce post-là je l’ai commencé en juin et j’avais promis de venir le terminer bien plus tôt mais entre-temps, j’ai eu vraiment beaucoup de boulot, alors me revoilà seulement.

Plates excuses.

Donc, je vous ai laissé avec une partie de mon CV et une vaste question : Qui va ENFIN réformer notre école ? Comme je souhaite vraiment que vous compreniez mes angoisses, je vais aborder deux minutes le fameux classement PISA.

Pi quoi ? PISA > Programme for international student assessment. (<= je suis blogueuse bilingue, ne l’oubliez pas…) En français dans le texte, le classement Pisa évalue tous les trois ans les acquis des élèves de 15 ans dans le monde.

En maths, la France chute cette année au 25e rang mondial. 25e rang !
Pour être parfaitement honnête, je vous signale au passage que les États-Unis tombent du 17e au 36e rang, mais l’Allemagne est au 16e rang ; la Suisse au 9e rang et la Finlande au 12e rang.

En compréhension de l’écrit, la France est au 21e rang… alors que la Finlande est au 6e rang, la Pologne au 10e et le Canada au 8e rang. (<= Moi qui rêve depuis 25 ans de partir au Canada… voici un argument supplémentaire, et pas le moindre, à ajouter à ma besace…)

Et je rappelle donc que nous sommes malgré tout la 5e puissance économique mondiale… Ouf ! L’honneur est sauf.

Mais plus inquiétant encore, cette étude nous révèle également que la France s’illustre aussi par l’important niveau d’anxiété de ses élèves et une discipline qui est parmi les moins respectées. Ils sont stressés, mais indisciplinés. Phobies scolaires, décrochages, harcèlement… je m’arrête là tant la liste des mots fait peur.

Peut mieux faire donc. Il faut pour certains s’accrocher pour ne pas décrocher…

Le baromètre de la plupart des parents étant fixé sur le bulletin de notes, je vois difficilement comment il pourrait en être autrement (<= je parle du stress, pas de l’indiscipline…). En disant cela, je m’inclus dans « les parents » bien sûr. Car en effet, je pense qu’on a presque tous le même discours : « Travaille, ramène-nous des bonnes notes, tiens-toi correctement. »…

Ça t’a plu ? Tu as passé une bonne journée ? C’était intéressant ? ne sont visiblement que des questions subsidiaires…

Alors une fois de plus, je m’interroge. Qu’est-ce qu’on veut ?

OK, en tant que parents, on ne souhaite que leur bonheur. Convaincus que nous sommes qu’il est indéniablement lié à un bon diplôme, lui-même synonyme d’une bonne paie à la fin du mois. La boucle n’est pourtant pas tout à fait bouclée. À quel moment on parle de plaisir ? de curiosité ? de partage. OK (<= bis), nous ne sommes plus chez les Bisounours, mais quand même, on parle d’enfants.

De nos enfants.

Parallèlement à mon travail de graphiste dans l’édition, je suis depuis quelques années maintenant formatrice en orthographe. J’interviens auprès d’ados ou d’adultes dyslexiques mais pas seulement. La plupart sont « simplement » dysorthographiques. J’enseigne la méthode Anne-Marie Gaignard.

Mon fils aîné a 14 ans, il vient d’entrer au lycée. Il a toujours très bien écrit. « Très bien » au sens de « sans fautes »… Les règles d’orthographe et de grammaire, telles qu’on les lui a apprises, ça lui parle. Il les comprend, il les applique.

N° 2 (en 4e) est capable de ramener un 18/20 en dictée mais s’il me laisse un mot vite fait sur un post-it, sans se relire, peut tout à faire « oublier » les « s » ou toutes les règles de conjugaison…

N° 3 (en CM1) est encore un peu jeune mais j’ai la très bonne impression qu’il a bien assimilé les règles de base.

Et puis de plus en plus, mes copines me disent :

– Rhaa mon fils/ma fille (point de sexisme en la matière…), c’est une catastrophe, il fait des fautes horribles en français…

Jusqu’à l’année dernière où une copine est allée en janvier à la réunion parents-profs au collège de sa fille (alors en 3e) pour discuter avec la prof de français. Lui annonçant qu’elle était désolée que sa fille fasse autant de fautes d’orthographe, la prof lui a répondu :

– Oui, c’est vrai, elle en fait beaucoup, mais elle est tellement mignonne. Et puis vous savez, ils en font tous…

– ??

– Oui, ce n’est pas grave. Ne la stressez pas avec ça. Ça va aller.

OK. Donc, pas de stress inutile, j’entends bien. Mais > si la prof de français tient ce discours, comment on reste crédibles nous ? Comment on justifie nos discours à base de :

– L’écriture, l’orthographe, c’est important… 

Pour mes formations, j’interviens auprès d’enfants ou d’ados, mais aussi dans les entreprises. Je rencontre donc des adultes brillants, épatants, avec parfois de très gros postes… mais qui font 10 fautes par ligne. Qui ne savent pas conjuguer, ni accorder. Pour qui « COD, adjectif qualificatif, participe passé » ne veulent tout simplement rien dire. Et… comme il n’y a plus de secrétaires, un beau jour, cette orthographe hasardeuse devient un frein à leur progression professionnelle. Parce que c’est ça mon refrain. Aux mômes qui me disent :

– Je m’en fiche de l’orthographe. Moi, je veux devenir pompier, pâtisser, ou ingénieur. J’ai la bosse des maths alors ça ira toujours.

Je réponds :

– Bravo, génial. Super. C’est formidable d’avoir une vocation. Moi ce que je veux, c’est que tes problèmes d’orthographe ne deviennent jamais un frein à tes rêves.

Les fautes d’orthographe, ce n’est pas une fatalité. Il y a des solutions, plusieurs. La méthode que j’enseigne est géniale, il y en a d’autres, il y a plein de solutions…

Parce que si les enfants/ados en général sont très très zen avec ça, les adultes sont moins tranquilles. Les ados, ce sont les parents qui me les envoient.

– Allo, mon enfant a besoin d’aide. Je n’en peux plus des crises tous les soirs. On a tout essayé, il ne progresse pas…

Les enfants, on les répare très vite. 14h de formation, 20 heures maximum. Ils repartent le sourire aux lèvres, fiers d’eux. TOUS.

Par contre, TOUS les adultes me disent :

– J’en peux plus. J’ai tellement honte…

Pour eux, c’est parfois beaucoup plus compliqué. Ils ont un déficit de confiance terrible. La plupart font relire leurs mails à leur conjoint ou déploient des astuces de sioux pour éviter d’écrire…

Alors je leur dis tout le temps :

– Chacun ses compétences, on a tous des intelligences multiples. Regardez, moi par exemple, je suis bonne en orthographe, mais j’ai deux mains gauches. Ne me donnez surtout pas une raquette de tennis, je suis nulle… On s’ennuie très très vite avec moi au tennis.

Sauf que, le tennis, je m’en passe très bien. Personne ne m’obligera jamais à y jouer.

Mon job ? Dédramatiser. Et convaincre mes « élèves » que la langue française est certes très complexe, mais la plupart des règles sont assez logiques. Tout s’explique. Encore faut-il comprendre lesdites règles. Avec la méthode d’Anne-Marie Gaignard, on transforme les auxiliaires en rois parce que c’est plus simple si on met une image sur un mot. Le roi « être » est sympa : il s’accorde (presque) toujours. Le roi « avoir » nettement moins, alors on l’appelle le traître. Et on l’explique. Auxiliare, épithète, COI, ça ne veut rien dire. Roi, prince, fée, ça fait rêver et moi je trouve que ça fait du bien de rêver.

Très vite, je vois dans les yeux de mes élèves un énorme soulagement :

– Ah mais d’accoooooord ! J’avais rien compris du tout. Mais là, c’est simple en fait.

En fait, oui, c’est simple. Et là, leur horizon s’éclaircit, s’apaise.

Évidemment, c’est simple parce qu’ils sont seuls avec moi. Je n’en ai pas 35. Alors je suis leur rythme. Je les écoute. Je réponds à toutes leurs questions. On prend le temps. Ça marche. Rien de magique. Juste de l’attention. Les bons mots. Et de la bienveillance…

Je n’ai pas écrit cet article pour me faire de la pub, je travaille beaucoup. J’ai 3 jobs, 5 enfants, un mari adoré, je ne m’ennuie pas. Mais suite au reportage sur BFM TV, vous avez été nombreuses à me poser des questions alors j’espère y voir répondu. Cependant, si vous voulez des informations plus précises, si vous avez des questions, laissez-moi un commentaire en-dessous et j’y répondrai. Avec joie.