225 / Rester zen

Le mois de septembre est à peine terminé, à regarder les cernes de mes proches et les to-do lists s’allonger, il semblerait que le tourbillon de la rentrée ait déjà fait quelques dégâts. La faute au temps qui passe trop vite, aux journées de dingues que nous avons toutes, à devoir gérer le boulot, la famille, l’amoureux, les enfants…

Nous y voilà. En septembre donc ils ont repris les chemins de l’école, et nous on a assisté à toutes les réunions avec les instits/profs en primaire, au collège et au lycée… On a entendu les recommandations, les nouveaux programmes, les problèmes de discipline, de concentration, d’autorité… Et on se promet que cette année on n’attendra pas mars pour trouver des solutions…

Je suis formatrice en orthographe depuis plusieurs années. J’enseigne la méthode Anne-Marie Gaignard à des enfants, à des ados et à des adultes. Sauf si vous vivez sur Mars, vous n’avez pas pu échapper aux reportages dans les médias (télé/radios/journaux) concernant la rentrée scolaire. Parmi les banalités du genre, j’y ai trouvé plusieurs articles très intéressants (et certains carrément alarmants) sur le niveau de nos enfants. Le faible niveau en français fait enfin du bruit. Car les fautes d’orthographe sont partout > dans les cahiers de nos enfants, dans les rapports de stage de nos ados, mais aussi dans les mails de nos collaborateurs (« Oh, dans un mail, c’est pas si grave… »), dans les publicités affichées 4 par 3 (« C’est qu’une pub, t’énerve pas… »), et aussi évidemment dans les journaux et dans les livres.

Alors quoi ? Qu’est-ce qu’on fait ? Rien ? Si, on se bouge et on réapprend les bases. C’est possible. Mais c’est du travail. L’orthographe, ce n’est pas comme le vélo, il faut pratiquer, s’entraîner, apprendre. Bref, il faut tra.vail.ler. Pas de baguette magique mais en quelques heures, on peut être autonome, apprendre à se relire et reprendre enfin confiance en soi.

L’idée, c’est de prendre l’enfant (ou l’ado) là où il en est et le tirer vers le haut. Certains confondent « simplement » les terminaisons en –er et en –é et s’emmêlent les stylos avec les homophones on/ont, à/a, ou/où… Mais d’autres personnes ont de grosses lacunes, dues pour la plupart à des ratages dans l’apprentissage de la lecture. Dans tous les cas, on apprend à s’écouter écrire, et à s’écouter lire.

Depuis plusieurs mois, j’enseigne la méthode d’Anne-Marie Gaignard sur ZenEduc, un site de coaching exclusivement en ligne. Pourquoi ? Parce que c’est simple. Parce qu’après une journée au lycée, l’ado n’a plus de temps à perdre dans les transports. Alors on prend rendez-vous et on se connecte à l’heure qu’il a choisie. Qu’il vive à Toulouse, à Bruxelles ou en Haute-Savoie, peu importe. On se connecte et on travaille, au calme. Mais on s’amuse aussi… Oui, parce qu’on peut s’amuser avec l’orthographe. En la détricotant, en jouant avec, on arrive à comprendre sa logique. Simple, rapide, efficace, en moins de 20 heures on sort du calvaire des accords de participes passés et on reprend plaisir à écrire… et aussi à lire !

D’ailleurs, si votre enfant a des blocages en mathématiques, il peut également trouver un coach qui appliquera les méthodes de Michel Vigier, ingénieur et prof de mathématiques. Le blocage en mathématiques , lui non plus, n’est pas une fatalité. Les outils d’acquisition des fondamentaux existent et ont été validés par les expériences terrains successives menées entre 2004 et 2016 par les équipes de Michel Vigier. En s’appuyant sur les découvertes récentes en neurosciences et en pédagogie, Michel Vigier a développé une méthodologie ludique et efficace basée sur l’utilisation du boulier didactique (numération) et des tableaux (addition/soustraction, multiplication/division, pourcentage et proportionnalité).

Mais sur ZenEduc, il y a deux pôles. L’espace Educ (français, mthématiques, mémorisation…) et l’espace Zen. Parce que le métier de parent ne s’enseigne dans aucun livre, parce qu’on a tous les mêmes angoisses à base de : « Comment faire pour qu’il m’obéisse ? », « Rien ne l’intéresse, il me désespère… », « Comment éduquer sans punir ni crier ? », « J’ai un enfant précoce, comment l’aider en développant son potentiel »…
Alors sur l’espace Zen on peut choisir son module et bien sûr, son coach. En fonction de vos attentes, de votre caractère et de celui de votre enfant, Sandrine Dirani, la fondatrice et directrice du Site vous orientera vers le coach approprié.

Et si, comme beaucoup de parents, vous vous trouvez face à un silence glaçant quand vous posez à vos enfants en 1re ou en Terminale les questions fatidiques : « Que veux-tu faire plus tard? », « Qu’est-ce qui t’intéresse? »,  « Vers quoi souhaites-tu t’orienter? », la formation STRONG est faite pour vous et votre enfant.

L’idée, c’est qu’on fait tous ce qu’on peut. Et parfois, on peut faire beaucoup en déléguant…

Pour en savoir plus, découvrez ZenEduc avec cette vidéo de présentation.

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224 / Les devoirs de l’ado

Je n’ai jamais eu aucun scrupule à dire aux petits, puis aux grands, et maintenant aux ados, que je ne ferais jamais TOUT à leur place… Leur chambre leur appartient mais c’est une des pièces de la maison, moyennant quoi, même si je n’exige pas qu’elles soient nickel H24, un petit ménage/rangement hebdomadaire, ça me semble une saine habitude. Non ? Si. Hors de question de ramasser leur linge par terre et de ranger leur bureau.

L’idée, c’est le partage. Chacun fait ce qu’il fait le mieux pour aider la tribu. Ici, par exemple, ce sont les ados qui tondent notre petit carré de verdure, les petits vident souvent le lave-vaisselle, les grands étendent les lessives, prennent le relais dans la cuisine quand je n’y suis pas, aident ponctuellement aux devoirs des petits…

Mais. Oui, il y a un mais… il y a toujours un moment où ça dérape. Où rien ne va, où j’ai l’impression que les acquis n’en sont pas. Bref, en un mot comme en mille, un fucking moment où ça part en sucette. Et là, au mieux je râle, au pire je dévisse…

Alors je rabâche les devoirs de l’ado :

1. Tu cherches, tu trouves…
Ras-le-bol d’entendre le sempiternel je trouve plus mon cahier de maths, mamaaaaaan, t’aurais pas vu ma trousse ? Elle n’est forcément pas loin, malheureusement pas à sa place mais impossible qu’elle se trouve dans ma chambre ni dans celle des petites. Autrement dit, quand ils débarquent, avec leur mine de pauv’ être, en me demandant de l’aide, alors que bon, objectivement, dans ce cas précis je ne suis D’AUCUNE utilité, je répète > CHERCHE. ET TROUVE. Pas compliqué, si ? Parce que, comme par miracle, la trousse réapparaît TOUJOURS.

2. D’abord, tu fais ce que tu dois, et ensuite seulement, ce que tu veux…
Dans les faits, ça veut dire qu’en rentrant de l’école, tu poses ton sac et tu pends ton blouson. Ensuite tu prends le temps de goûter. Évidemment, tu laisses place nette (évidemment…) et tu enchaînes gentiment par tes devoirs. À partir du collège, je ne veux plus entendre j’ai pas de devoirs… Même si les profs n’ont rien donné, il FAUT relire les cours du jour et éventuellement, s’avancer. Le graal.

Quand tout ça est fait, tu files à la douche. Comme on est sept et que le ballon d’eau chaude n’est pas extensible, la douche reste… une douche. 10 mn max. Bien sûr, le linge sale se dépose immédiatement dans le panier prévu à cet effet et le peignoir se pend dans la foulée. La base.
À vous 5, vous consacrerez 3 mn max au couvert, vous vous organisez comme vous voulez, vous faites des tours, des fiches, des séries, je m’en fiche mais… c’est VOUS qui mettez le couvert.

Car après ? Quartier libre mes trésors, jusqu’au dîner. On apprécie à sa juste valeur la phrase magique « Qu’est-ce que je peux faire maman pour t’aider ? » mais on l’entend rarement. Pour autant, chaque fois que l’ado, en plus de débarrasser son assiette, prend celles des ses frères et sœurs (ou mieux, la mienne !), je regarde mon homme en suspectant une requête imminente. Pourtant, il faut bien l’avouer, l’ado oublie parfois son nombril et dans un acte de générosité assez ahurissant, parvient à aider son prochain sans forcément réclamer une paire de baskets à one million dollars.

3. Tu gères tes activités (matériel et temps de transport)
Avec mon homme, nous sommes absolument convaincus de l’intérêt du sport. Pour eux comme pour nous. Nos 5 enfants ont donc leur dose presque quotidienne. Et autant il me paraît normal de vérifier le sac de danse de ma mignonne de 6 ans, autant je trouve légitime d’exiger de l’ado qu’il prépare son sac À L’AVANCE, n’oublie pas sa carte de bus et range le-dit sac dès son retour. Les vêtements vont d’ailleurs directement dans la panier à linge sale (l’ado embaume pas mal, sachez-le…), sans passer par la case je moisis quatre jours dans le sac. Avouez que ça aurait de la gueule si je n’avais pas besoin de rabâcher ce petit triptyque chaque semaine… Alors je tiens bon, je ne plie pas, je ne le fais pas à leur place, mais je râle. Autant dire que ce n’est pas tous les soirs la mélodie du bonheur. Comme dirait Florence Foresti, « ce sont mes deux piliers d’éducation > crier, courir… »

C’est pourtant ça aussi, notre rôle > ne pas perdre de vue nos petits principes, essayer de leur transmettre nos valeurs, répéter que le partage est la seule solution. Écouter leurs requêtes et leurs besoins aussi, et tenter de les convaincre que la famille est le refuge de leur enfance, que l’école est une chance et surtout, surtout, qu’on ne joue pas au ballon dans le salon !

reve

221 / Préparer le rentrée…

Histoire de ne pas boire le bouillon dès septembre… Ça vous parle ?

Oui, je sais, elle est à peine terminée cette année scolaire (plus qu’une semaine les petits, tenez bon… et les grands aussi, courage !), on n’a même pas préparé les valises, et déjà je vous parle de septembre ? Oui. D’ailleurs, je vous l’annonce en avant-première mondiale, ici, nous avons déjà nos certificats médicaux pour la rentrée ! (Parfois, je m’épate moi-même) (Sinon, mes chevilles vont bien, merci…)

Pour les deux du fond qui peinent à suivre, à la rentrée :

  • n° 1 fera sa rentrée en 1re
  • n° 2 en 3e
  • n° 3 en CM2
  • n° 4 en CE2
  • n° 5 en CP

hashtag courage !

Comme je suis toujours à l’affût de ces petits rien qui nous simplifient l’existence, j’ai découvert au printemps que Quo Vadis sortait un nouvel Agenda Malin, idéal pour les CE2, CM1 et CM2. Ça tombe bien me direz-vous. La tribu est concernée.
Moi, j’ai depuis longtemps abandonné l’agenda papier au profit de mon iPhone, mon génial couteau suisse. Mais mes enfants ont bien sûr un agenda papier. Ou plutôt, ils avaient un agenda, parce qu’aujourd’hui, il ressemble davantage à un obscur carnet, sans couverture, plié en 2, avec des pages en moins… En général, je les laisse choisir à la rentrée en essayant de les orienter judicieusement : « Oh regarde celui-ci comme il a l’air chouette, en plus tu pourras réviser tes tables de multiplication et tes conjugaisons. Géniaaaaal ! » 

Mais alors, qu’a-t-il donc de si précieux, cet Agenda Malin ?
Primo, il a été conçu avec une professeur des écoles. Une qui a des élèves toute la journée, qui sait leurs inquiétudes, leurs soucis d’organisation, leurs besoins et… les nôtres ! #Alléluia.

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Son look :

  • Exit le petit format 11x 17 perdu au fond du sac, celui-ci est au format A4, bien plus pratique. Celui des cahiers et des livres. Donc, quand l’instit distribue un document, un courrier ou un devoir, il se glisse facilement dans l’Agenda et ne le cherche plus (au milieu des billes et des papiers de bonbecs) (Oui, ça sent le vécu…)
  • On retrouve des mascottes au fil des pages : les Malins, des petits monstres colorés. Écolo, Globe-trotter, Positif, Sérieux, Rigolo, Zen. Ils me font beaucoup penser aux personnages du génial dessin animé sorti l’an dernier, Vice-Versa. Vous l’avez vu ?
  • Couverture plastifiée, évidemment.

La promesse :
Un outil pédagogique pour apprendre à s’or-ga-ni-ser. #Le Graal

  • La présentation sur 2 pages pour visualiser les devoirs de la semaine (quand les instits ont la bonne idée de les donner à l’avance).
  • Un super tableau double entrée : jours/matières. Comme ça, quand votre mignon rentre de l’école, plus besoin de hurler demander : Ton exo 12 page 25, c’est en Français ou en Maths bon sang ? Là, ce sera noté dans la ligne bleue (pour le Français), ou la rouge (pour les maths). Malin.

Les + :

  • Une thématique écolo avec notamment un lexique sur l’environnement qui me plaît beaucoup. Oui, parce que nos petits sont les adultes de demain…
    On y retrouve donc des astuces anti-gaspi pour notamment, diminuer sa consommation d’eau ou consommer moins d’énergie.
  • Une page avec le tableau de la langue des signes. J’adore !
  • Les tables de multiplication, les règles de conjugaison et des cartes (France et monde), bien sûr.
  • Des défis, jeux, quiz, astuces, bricolages autour du thème de la bienveillance vis-à-vis de soi, des autres et de la planète. #Great !

Chez nous, c’est donc mon n° 3, qui fera son CM2 à la rentrée qui aura la chance de s’en servir. S’il vous intéresse, vous pourrez vous le procurer ici ou dans toutes les bonnes papèteries. J’ai aussi la possibilité de vous en offrir trois exemplaires.

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Pour participer :

Je vous propose donc de jouer ici, sur le blog OU sur mon compte Instagram.

• Il faut, si ce n’est déjà fait, « aimer » la page Facebook du blog et me dire ici, sur le blog, l’âge de votre enfant.
• Une chance supplémentaire de gagner pour tout partage (quel que soit le nombre de partages). Merci de laisser le lien du partage dans un nouveau commentaire. Attention, les partages doivent être en mode PUBLIC pour que je puisse les voir et les valider.
• Si vous jouez sur Instagram, toutes les infos seront… sur la page du compte Instagram.

• Vous avez jusqu’au dimanche 9 juillet 2017 minuit pour participer. Les gagnants seront désignés par tirage au sort et annoncé en édit de ce billet.

Bon week-end à tous ! Ici, dernier round de juin > deux annivs et la kermesse. Ensuite, je rends mon tablier…

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EDIT

Merci à toutes vos participations ! Voici le nom des gagnantes :

Ce sont donc les enfants d’Angélique sur le blog, Jessica Verstraete sur FB et pitchounegrail sur instagram qui vont pouvoir noter leurs devoirs sur ce bel agenda dès la rentrée !

Envoyez-moi votre adresse à de5a7@orange.fr pour le recevoir directement.

Bon week-end à tout le monde !

 

 

215 / Les exigences des profs et les réponses des parents

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, je voulais vous raconter une petite anecdote rigolote assez révélatrice…

Notre fils aîné, 15 ans, est au lycée depuis septembre, en 2de. Autant ses années de collège n’ont pas vraiment été un long fleuve tranquille, autant depuis la rentrée il semble vraiment bien. Je crois que le changement d’établissement (nouveaux copains et nouveaux profs) y est pour beaucoup. Ah, on me dit dans l’oreillette qu’il a mûri… Pas faux.

La semaine dernière, nous sommes allés avec mon homme à la réunion parents-profs. La fameuse réunion au cours de laquelle tu as un large créneau de 6 mn (véridique) par prof, et ne peux rencontrer que cinq profs maximum. Tout s’est très bien passé, les profs étaient agréables et disponibles… mais très en retard. Pas grave, j’avais missionné n° 2 (celui qui m’a vrillé les nerfs hier) > tu gères les douches, tu vérifies que les devoirs des petits (et les tiens…) sont faits et vous mettez le couvert. Pendant que vous y êtes, vous passerez également un coup d’aspirateur dans le salon et en rentrant on récitera ensemble un Je vous salue Marie. Nan, je déconne…

Nous avions RV à partir de 18h45. À presque 20h, alors que nous attendions dans le couloir avant de rencontrer le prof de Français, j’en ai profité pour papoter tranquillement avec les autres parents, accompagnés de leurs enfants (le nôtre a des priorités > il avait entraînement de foot !). Arrive la question qui fâche. Je leur demande :
– Alors dites-moi, vous l’avez bientôt terminé le Rouge et le Noir ?

Un ado me répond :
– Ah bah non ! Punaise, c’est long… Pis j’aime pas lire…

Explication > à la rentrée, le prof de Français a demandé aux élèves de lire Le Rouge et le Noir. En précisant qu’ils auront jusqu’à mars pour lire les 670 pages écrites en corps 4 (ok, 7) de Stendhal. Plus de six mois, on est quand même obligé de reconnaître que le prof est ultra sympa là, non ? Vous aviez six mois pour lire un bouquin au lycée, vous ? En discutant avec une maman donc, elle me dit « Oui je vais en parler avec le prof parce que bon, la lecture, faut que ça reste un plaisir. Mon fils a du mal avec ce bouquin, je ne peux pas le forcer quand même… »

Mais si bon sang ! Bien sûr que si ! Depuis quand « il faut que ça reste un plaisir ? » Qui a dit que les devoirs, ça devait rester sympa ? Déjà que nos ados sont majoritairement peu enclins à tra.va.iller, alors si nous, les parents, les adultes, on n’insiste pas un peu… On ne va pas se mentir, pourquoi faire ses exos de maths ou de SVT ça doit rester cool ? Et faire trois tours de stade en EPS, aussi ? Non. Les cours, c’est de temps en temps au moins j’espère, intéressant, voire passionnant, ça doit dépendre des matières et même surtout, des profs. Mais c’est sans doute aussi malheureusement, barbant, difficile, et même fatigant. So what ? Ils n’y vont plus ? On annule et on part faire l’école sur un bateau en navigant autour du monde ? Parce qu’on ne va quand même pas les contraindre à leur âge nos biquets ! Je suis la première à déplorer les faiblesses du système, le manque d’écoute et l’ignorance des solutions qui marchent. Mais si en Seconde, les enfants ET les parents discutent le choix d’un bouquin imposé par un prof de Français, qu’est-ce qu’ils vont faire adultes ? Quand un patron ou un client va leur demander de lire une synthèse pour faire un rapport, ils vont dire, bah là non, 240 pages… c’est beaucoup quand même, et pis j’aime pas lire ?!

C’est moi qui débloque ? Au collège, j’ai lu Germinal. Je n’ai pas aimé ce livre, mais je peux en parler. Je n’ai pas adoré Les Misérables non plus, et d’ailleurs mon prof et mes parents se fichaient complètement de mon avis sur Hugo. Ay lycée, ma prof de Français était dingo de Flaubert et de Proust. Alors je les ai lus. Et je suis ravie de l’avoir fait. J’ai aussi appris à tracer des cercles et à calculer des volumes, à faire des divisions et des équations. J’ai dû grimper en haut d’une corde et faire des matchs de hand. Tant mieux pour moi, j’ai toujours adoré le sport mais certaines de mes copines redoutaient ces séances-là. Pour autant, elles venaient. Nos parents ne disaient pas « reste donc à la maison mon trésor, le sport, faut que ça reste un plaisir quand même… ».

Quand les profs donnent trop de devoirs, panique à bord, les ados sont débordés et risquent le surmenage. Quand ils n’en donnent pas assez, on va en faire une génération de fainéants…

Alors je me demande > et si on laissait les profs faire leur boulot ? Et si on prenait le risque de leur faire un tout petit peu confiance ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

 

P. S. : Cette photo n’a a priori aucun rapport. Ou peut-être que si, en regardant bien…
Passez tous un très bon week-end !

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© Colour your life

204 / L’école, le système et nos enfants…

Vous avez été assez nombreux à réagir en voyant mon bureau rangé le reportage sur BFM TV dans lequel j’apparaissais le mois dernier, alors plutôt que de vous répondre séparément en MP, je vais essayer d’être le plus claire possible ici (<= ok, j’ai un mois de retard…). Si, toutefois, j’oublie quelques points, ou que vous avez des questions, n’hésitez pas à poster des commentaires au bas de cet article, histoire que le plus grand nombre en profite.

Well… Tout a commencé quand, à peine sortie des bancs de la Fac, heureuse, la satisfaction d’un chouette parcours en poche et la curiosité toujours intacte, chevillée au corps, je m’apprêtais à devenir ethnologue… J’avais la vingtaine rêveuse.

Parcours classique dans une petite école de province. Des instits passionnés, passionnants. Mais surtout, bienveillants. J’y reviendrai…

Fin de CM2, je ne parlais pas un mot d’anglais, je ne savais pas davantage qui a peint la Joconde, mais je savais parfaitement lire, écrire et compter. Parfaitement ? Oui, du CM1 au CM2, mes instits nous donnaient comme « uniques » devoirs, chaque soir, un verbe à conjuguer (aux 4 temps simples ainsi qu’aux quatre temps composés) + 4 opérations (une addition, une soustraction, une multiplication et une division). Chaque soir, donc. J’y passais une heure.

Quand ma mère rentrait le soir, elle passait la tête dans notre chambre, nous demandait si nous avions fait nos devoirs. On avait intérêt à répondre par l’affirmative, et il valait mieux que ce soit vrai…

Au collège ? La suite, sur un rythme plus intense forcément. Découverte de l’anglais en 6e (Where is Brian ? Brian is in the Kitchen !) On n’avait pas de replay en VO, pas d’applis fabuleuses pour réviser, on avait nos cours, rien que nos cours. J’ai poursuivi l’anglais jusqu’à la Fac d’ailleurs. Je ne suis pas totally bilingual mais je peux parler d’à peu près n’importe quoi à n’importe qui, pourvu que ce n’importe qui ne parle pas trop vite. Avec mes copines, on bossait assez dur au collège. Je me souviens des rédactions et des fiches de lecture à rendre très régulièrement. Des livres à lire donc. On ne bronchait pas parce qu’une fois de plus, les profs étaient vraiment au top. Et quand bien même j’ai envie de vous dire, il ne nous serait pas venu à l’idée d’aller dire à nos parents le prof donne trop de devoirs, il n’est pas sympa, il met 3 semaines à rendre nos copies corrigées… On n’avait pas à discuter. On allait en cours, on travaillait…

Pour autant, de mémoire, il y avait chaque année, un, peut-être deux élèves en difficulté. Collège pour tous mi amor, mais pas lycée pour tous… alors quelques-uns ont arrêté l’école en fin de 3e, s’orientant vers ce qu’on appelait déjà la voie professionnelle.

Au collège donc, les profs ont « ouvert » nos cerveaux, nous apprenant à étudier, disséquer des textes, des documents, découvrir des auteurs, et à t.r.a.v.a.i.l.l.e.r en autonomie… Oui, parce que ça s’apprend. Faire et refaire, suivre l’exemple et apprendre aussi à travailler en binôme. Déjà. J’ai adoré cette période. Honnêtement, les cases étaient confortables, pas très étroites alors je rentrais dedans sans problème.

Là, mes biquets, je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent malheureusement pas connaître > j’ai 45 ans. On avait tous un sac US sur l’épaule et c’est d’ailleurs  la seule marque dont je me souvienne… Pas de baskets Nike ni de blousons Abercrombie. Zéro maquillage avant le lycée. Nada. Pas de portes qui claquent à la maison, on avait la rébellion silencieuse…

Je faisais déjà beaucoup de danse et le sport a toujours été pour nous une magnifique soupape. De l’oxygène nécessaire.

Au lycée, c’était beaucoup moins fun, on était très nombreux. J’étais dans un « gros » lycée, mais je me souviens malgré tout de l’attention de nos profs. Pas tous, pas tout le temps, mais globalement, en cas de besoin, on savait trouver une oreille attentive. Faut dire aussi qu’on entendait les mouches voler en classe.

Pas de :

  • Eh m’dame, vous avez une nouvelle robe ou quoi ?

Ni de :

  • Bah ouais, j’ai pas fait mes exos parce que j’avais piscine…

Aujourd’hui, je suis la mère d’une portée de cinq, mon aîné ayant 14 ans, cela fait onze ans maintenant que je vois le système scolaire de l’autre côté du miroir, du côté obscur de la force…

Et que je déchante. Sérieusement.

Pour situer clairement mes problèmes préoccupations, l’aîné est en 3e, n° 2 en 5e, n° 3 en CE2, n° 4 au CP et n° 5 en moyenne section.

La Maternelle, temps béni où seuls les problèmes récurrents de poux apportent un peu d’ombre au tableau presque parfait. L’organisation parentale étant minimale, le niveau de contrainte est plutôt très agréable, donc gérable > pas de devoirs, pas de sac de sport à préparer. Ouf !

De l’absentéisme des profs, mes enfants n’en ont jamais souffert. Ni en maternelle, ni en primaire et encore moins au collège. Je peux dire sans mentir que mon fils aîné a dû aller au maximum 2 fois une heure en perm pour absence de prof en quatre ans. Dans son collège, les profs ont pourtant des gastros et des rhumes, des enfants malades et des burn-out, mais ils sont remplacés aussitôt. Je ne sais pas comment le proviseur et son équipe s’organisent pour gérer tout ça, mais chapeau-bas, ils y arrivent. (Quand ça va, c’est bien de le dire aussi, non ? Parce que tout ne va pas. J’y reviendrai…)

Depuis qu’il est à l’école, n° 1 a ce qu’on va appeler poliment des problèmes d’organisation… Ça frôle souvent le foutage de gueule mais force est de constater qu’il en souffre. Je parle sous le contrôle de Maître Dolto, je pense qu’il ne le fait pas exprès… Il me vrille les nerfs, provoque pas mal de mes insomnies, mais, il s’améliore. Il n’a perdu que deux fois sa trousse cette année, n’a oublié que quatre fois ses affaires de sport, et 8 fois sa carte de cantine…

En grande section, sa maîtresse nous a convoqués tous les mois :

  • Je voulais vous voir parce que n° 1 écrit très mal…
  • Et…
  • Faudrait l’emmener chez un graphologue, ou lui faire faire un bilan chez un orthophoniste, ou peut-être un psy. Enfin vous voyez quoi…
  • Pardon je ne vois pas. Est-ce qu’il a des problèmes de compréhension selon vous ? Est-ce que ce n’est pas à vous de corriger son geste ? Enfin vous voyez quoi…

Tous les mois, j’ai eu droit à :

  • Regardez, je vous montre les dessins de la petite Pauline, ils sont beaux, appliqués, c’est chouette non ? Et regardez ceux de votre fils, franchement…
  • Franchement, mon fils est nul en dessin. OK. Personnellement, pardon hein, mais je me fiche totalement…

Elle a fini par me dire :

  • J’ai compris en fait, il est l’aîné de la fratrie, c’est un garçon (belle observation), il est gaucher, né en fin d’année, bon bah voilà, tout s’explique.

Voilà, voilà.

En CP, il a eu la chance d’avoir une instit formidable. Une qui a su comprendre qu’il lui fallait un peu plus de temps que les autres, qu’il était plus lent, moins concentré sans doute mais qui ne l’a jamais traité comme quelqu’un de mois fort, de moins courageux, de moins travailleur… Différent sans doute, mais ne le sont-ils pas tous ?

Quel enseignant peut dire aujourd’hui, dans ma classe de 30, j’en ai 20 qui roulent super vite ?

Que fait-on quand on a un enfant comme mon fils qui sait faire du vélo sans roulette à 3 ans, qui sait nager sans brassards au même âge, qui grimpe aux arbres et qui dévore les livres mais qui s’ennuie 6 longues heures par jour à l’école ?

Qu’est-ce qu’on leur propose ? Et à nous, parents, qu’est-ce qu’on propose ? Depuis 10 ans j’entends :

  • Faut qu’il se réveille, faudrait qu’il travaille davantage, qu’il participe…

Mais il ne le fera pas. Participer ? Il a trop peur de dire une bêtise, que ses copains se moquent de lui…

L’an dernier, un de ses profs m’a dit :

  • Il est mou quand même, ce serait bien peut-être qu’il fasse un peu de sport, non ?
  • Mon fils s’entraîne 6 jours sur 7 à la piscine, il nage 6 km par jour… Je pense qu’il fait assez de sport, non ?
  • Ah… mais je ne savais pas.
  • Mais c’est normal que vous ne le sachiez pas. En fait. Vous n’êtes pas censé connaître les activités de tous vos élèves et je vous blâme absolument pas. J’apprécierais juste qu’on arrête de coller des étiquettes sur le front des mômes au prétexte qu’ils ont l’air comme ci, et pas comme ça…

Pour que les choses soient parfaitement claires, ce ne sont pas les profs que je critique. Il y a toujours eu des profs extras, d’autres totalement nuls, de même qu’il existe des boulangers au top et d’autres qui feraient bien de rendre le tablier…

Non, ce n’est eux le problème, c’est malheureusement bien pire, ce qui ne va plus du tout, à mon sens, c’est le système. Vaste problème me direz-vous. Oui, très très vaste même.

Ce qui cloche, c’est qu’on a perdu toute notion de bienveillance, que les programmes ne sont pas du tout adaptés. (Et là, je sais vraiment de quoi je parle, je les mets en pages à longueur de journée depuis 20 ans…)

« On » continue à faire les programmes et les manuels comme il y a 20 ans… Or il y a un gouffre entre ma génération et celles de nos enfants. Un gouffre abyssal… Non pas qu’ils soient moins intelligents, ni moins travailleurs.

Différents.

D’ailleurs, je pense sincèrement que nos mômes sont la dernière génération à aller en cours presque sans broncher malgré l’ennui qui les accable, 6 longues heures par jour. Je suis convaincue que si rien ne change, si « on » ne s’adapte pas à eux, les prochains n’iront plus. Ils refuseront d’aller avaler des cours à ce point sans motivation.

La solution ? Je ne l’ai pas. Par contre, j’ai des yeux, et plus encore, des oreilles. Que celui dont le fils ou la fille, tous âges confondus, rentre épanoui le soir, content, avec le sentiment d’avoir passé une chouette journée me fasse signe et chérisse sa chance.

J’en ai 5. Tous les soirs je leur demande :

  • Ça va ma douce/mon trésor ? Tu as passé une bonne journée ?
  • C’était trop long, je me suis ennuyé(e)…

Je ne crois pas faire exception. Les miens ne sont pas super fortiches, certains sont plus travailleurs que d’autres, mais TOUS s’ennuient. Et pourtant, je vois bien que les profs (certains plus que d’autres, on ne va pas se mentir…) ont vraiment du cœur à l’ouvrage, sont motivés, passionnés. Alors quoi ?

Je vois des initiatives un peu partout, des clases inversées, les Mooc, les cours en ligne, du soutien sur Skype… Quand est-ce qu’on va arrêter de nous les visser 6 longues heures sur des chaises ? À quel moment on va leur permettre de s’exprimer, se lever, faire plus de sport, du yoga ?

Pourquoi faut-il aller en Norvège ou en Islande pour voir des élèves souriants et épanouis en classe ? Ah mais oui mais ils ont beaucoup moins d’heures de cours hebdomadaires… Et de fait, moins de vacances ! Et nous ? Quand va-t-on enfin privilégier les rythmes (et la santé) de nos enfants ? Qui aura le courage de donner un énorme coup de pied dans la fourmilière et envoyer valser tous ces paradigmes qui ne fonctionnent plus ? Qui (bordel !)  ? Qui va ENFIN réformer notre école ?

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Arghhh zut, mille excuses, je dois vous laisser pour aujourd’hui… Une urgence à régler. Je vais aller calmer mes petits nerfs déjà bien pelotonnés et je reviendrai terminer cet article… disons demain.

Mais en attendant, si vous avez des questions, suggestions, commentaires…, n’hésitez pas !