230 / La mère de l’ado. En 10 points

C’est fou comme les mères d’ado(s) ont ce je-ne-sais-quoi en commun… Les parents d’ado(s) forment, c’est certain, une sorte de confrérie sourde, un ensemble qui ne se retrouve plus désormais auprès des bacs à sable, mais qui se reconnaît très facilement : lors d’une soirée par exemple, on se regarde, on jette un œil discret au machin d’un mètre 80 qui se tient à l’écart, tronche en biais et portable à la main et… on se comprend. Mieux, on compatit !

L’an dernier, à la même époque, j’avais rédigé un petit billet sur l’ado et ses quelques caractéristiques bien reloues. Comme je suis globalement pour le principe d’égalité, voici cette fois nos petites spécificités. Celles qui font qu’on compte les jours en se disant que punaise, on en rira dans dix ans… Ou même un peu avant pour les plus chanceuses !

Pour les besoins de la narration, je suis repartie en zone de turbulences. Ça ne mérite toujours pas le Prix Albert Londres, mais ça vous évitera peut-être deux-trois séances chez le marabout du coin. (Parce que le trois fois sans frais chez le psy, on a déjà donné.)

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Véritable athlète, la mère de l’ado se prépare chaque jour à affronter les épreuves combinées du décathlon : aucune discipline ne ressemble à une autre mais elle maîtrise les courses, les sauts et les lancers. Ses performances sont très rarement récompensées (à peine remarquées) pourtant sur l’échelle de la fatigue, elle a atteint le maximum de points…

Le karma, cet enfoiré ! La mère de l’ado a l’habitude des soirées Fast food and furious… Entre les portes qui claquent et les airs désabusés, elle sait que chaque jour qui passe sans avoir menacé sa descendance de retourner sa chambre est un jour gagné ! (Celles qui savent, savent…).

PNC aux portes. Absolument pas parano, celle qui héberge son ado vit avec le téléphone vissé au bout du bras, qu’elle vérifie nerveusement (toutes les 23 secondes, en moyenne) en attendant une réponse. 21h18, elle a déjà envoyé 34 messages, « Ça va, tu es bien arrivé(e) ? Pas d’alcool, hein, promis ? Margaux est bien avec toi ? Simon aussi ? Tu promets ? Tu m’appelles si tu veux que je vienne te chercher ? Hein ? Dis ? Tu as bien reçu mon message tout à l’heure ? T’as pas répondu mais ça va, t’es sûre ? Je t’aime. » Intérieur nuit / extérieur jour, la mère de l’ado, veille.

Réflexe pavlovien, dès que le nom du lycée s’affiche sur le téléphone, elle se mord la lèvre, enchaîne les exercices de respiration abdominale et décroche, prête au pire… En moins de 10 secondes, elle imagine la liste et se prépare à entendre que son teenager :

  • est viré
  • a été surpris en train de fumer dans les toilettes
  • vient d’être emmené d’urgence à l’hôpital

Elle se demande alors pourquoi elle n’a jamais envisagé que ce simple coup de fil puisse lui annoncer que son jouvenceau allait recevoir la médaille du mérite. Allez comprendre…

Entre oripeaux de la jeune mère et peau, quelques années plus tard, un chouia usée, être mère d’un(e) ado c’est se débattre, se heurter et chercher inévitablement à comprendre le fruit de ses entrailles. Pour autant, si l’adolescence est une période de changements radicaux, à le voir nous observer de la tête aux pieds, le regard vaguement désespéré et l’entendre nous dire « T’as pas grossi un peu m’man ? », il nous arrive d’envisager sérieusement de l’enfermer dans sa chambre. Ce qui lui donnerait l’occasion de réfléchir à nouveau au sens des mots « respect » et « tolérance » mais aussi, pourquoi pas, de constater qu’un rangement complet de ce qui lui sert de chambre est devenu, il faut bien l’avouer, nécessaire.

La taille du nombril de l’ado étant inversement proportionnelle à celle de son cerveau, il exprime son besoin urgent, absolument vital d’un Iphone X et des pompes dernier-cri environ quinze fois par jour… Sa mère, elle, se satisfait de quelques clics sur Sarenza et Sephora. (Se reporter au point ci-dessus : oui, elle a un peu grossi, non, elle n’est pas susceptible…)

Pour maintenir des échanges familiaux riches et harmonieux quand on abrite un ado, mieux vaut suivre des cours de yoga le lundi midi. On sacrifie certes sa pause déj’ mais on en sent les bénéfices dès le soir. Pour autant, nager 2 km tous les mercredis et envisager la marche nordique le dimanche n’est pas totalement inutile. Pour la bonne cause…

Trois mots ont tambouriné sans relâche à la porte de nos nuits sans sommeil : « divorce » – « infanticide » – « Temesta ». Mais des mois de pratique intensive de la méditation de pleine conscience nous auront permis d’éviter haut la main d’avoir recours désormais à de telles pensées sombres. Peine perdue, joie retrouvée !

Pour preuve, c’est désormais :

  • Fais comme tu veux ma chérie…  (en pensant très fort, « Moi, je l’ai eu mon Bac, et du premier coup !).
  • Il me semble que ça n’est pas tout à fait exact mais je peux me tromper…  (On a dit, pas d’opposition frontale !)

Less is more. Tandis que l’ado prolonge nonchalamment sa nuit, maman se réserve désormais un doux créneau le samedi, généralement de 10h à 15h. La terre peut s’arrêter de tourner, l’eau de ruisseler et le CAC 40 dégringoler aussi vite, maman n’est là pour personne… Sans rien programmer, elle adapte chaque semaine ce moment merveilleux et en profite pour faire du shopping avec ses copines, aller chez le coiffeur, bouquiner tranquillos au fond de son lit, jardiner seule, ou rouler fenêtre ouverte et cheveux au vent en écoutant ses tubes préférés. Décharge mentale en mode « on ». Très, très efficace.

Ça veut dire beaucoup. On a survécu aux contractions, au régime sans sel et sans sucre pendant la grossesse, aux douleurs de l’accouchement, aux vergetures, aux crevasses, au baby-blues, aux nuits de merde, au terrible-two, aux poux, au harcèlement à l’école et aux disputes entre frères alors autant vous dire que ces quelques mois (ok, ça se compte en années…) ne vont pas (plus) (presque plus…) entamer notre joie de vivre et nos projets de famille unie. Parce qu’avoir un(e) ado, c’est un matin se surprendre à regarder son aîné, le trouver rudement beau et être fière de celui qu’il devient. C’est le laisser déployer ses ailes et découvrir, sans nous, ses envies et ses besoins, c’est trouver le recul nécessaire pour qu’il vive en grand, en tendre et en sincère, et qu’il construise sereinement l’adulte qu’il sera demain, c’est privilégier l’alignement des planètes pour lui éviter le pire, c’est croire au merveilleux, le voir et se dire que finalement, on a plutôt bien réussi.

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Edit :

Pour ma plus grande joie, ce billet a été partagé sur Le Huffington Post et sur Elle.fr

228 / L’importance de la gentillesse, en toute circonstance

Très absente ici car un tantinet débordée (5 enfants, trois boulots, la vie quoi…), je reviens pour partager une idée chère à mon petit cœur.

Professionnellement, j’ai inévitablement affaire à des gens adorables, charmants, pas très gentils ou carrément méprisants. Ces tempéraments existent partout et ignorent les classes sociales et les compétences intellectuelles ; la méchanceté ne fait pas grand cas des neurones. Bizarrement.

En tant que freelance, j’ai le privilège de décider de ne pas renouveler un partenariat avec quelqu’un qui aurait tiré sur la corde. C’est rarissime, mais ça m’arrive. L’an dernier notamment, j’ai bossé plusieurs mois au sein d’une grande équipe 2.0 formidable. Mais parmi les membres, il y avait une drôle de nénette. Une personne visiblement brillante intellectuellement mais totalement méprisante. Alors méprisable. J’ai mis les formes poliment à deux reprises avec elle et fini par expliquer que je ne souhaitais plus travailler avec elle. Je pensais me « griller » copieusement auprès de la direction mais j’ai préféré rompre avec cette ambiance de travail totalement contre-productive. Et puis je me suis aperçue que ladite nénette n’était pas très aimée de l’ensemble de l’équipe… Elle a donc naturellement disparu de tous les radars.

Au quotidien, je suis de ceux qui disent aux gens qu’ils aiment… qu’ils les aiment. Je ne sais pas si c’est tendance, vieux-jeu, démodé ou débile, moi je répète à mes enfants et à mon homme trente fois par jour que je les aime. Je le dis à mes amis et à ma mère. Je sais qu’ils le savent, mais ça me rassure de leur dire. (Alors bon, comme on n’est pas non plus chez Oui-Oui, il ne se passe pas une journée sans que mes enfants m’entendent vociférer comme un putois, menacer de partir seule sur Mars, mais ils savent que je les aime…)

Au boulot, quand une collaboration se passe bien (ce qui arrive très souvent), je ne manque pas non plus de le dire. Parce que c’est important. Pas pour l’égo. Pas pour les chevilles. Pour le cœur et l’âme. La gentillesse et la bienveillance, c’est toujours la bonne solution. On n’a pas besoin d’être méprisant, désagréable ou méchant. Je le dis à mes enfants tous les jours. On n’est pas d’accord sur tout, loin de là, mais on peut discuter, échanger et confronter nos opinions poliment. C’est parfois un sacré challenge tant ils grandissent. Nos mondes et nos valeurs s’opposent très souvent mais c’est sain tant qu’on se respecte. Ah, le voilà le petit mot mystère, ce bien précieux, ce petit trésor. Le respect… L’ado, cet être ultra sensible et auto-centré sur son nombril ne mesure pas toujours l’intérêt de nos échanges et supporte difficilement la contradiction mais je sais au fond que c’est ce qui forme et forgera son ouverture au monde, qu’il partagera demain sans nous, sans filtre.

Il y a quelques mois, on m’a confié une belle mission professionnelle. J’ai dû m’entourer d’une équipe que j’ai eu le privilège de constituer. Considérant que je connaissais et appréciais leurs valeurs professionnelles, je n’ai retenu que des gentils. Des qui ne grincent pas, des qui ne pinaillent pas pour tout et rien, des qui sont heureux de bosser. Je dors peu mais chaque jour je me réjouis de retrouver (virtuellement) cette joyeuse équipe ! Moralité, ils m’envoient régulièrement des mails du style « Je crois que j’ai fini, est-ce que je peux aider sur autre chose ? Que penses-tu si je proposais ci ou ça… ». On n’est pas amis, on travaille ensemble : on a chacun nos soucis, nos angoisses et nos priorités, mais au boulot, on reste aimable.

Hier, on m’a demandé « Comment tu fais ? On dirait que tout va toujours pour toi ? » J’ai bien failli m’étouffer car non, bien sûr, tout ne va pas toujours, je doute souvent, je dors peu et mal, j’ai des migraines infernales mais j’essaie d’épargner mes proches. Je ne fais pas semblant, je fais comme vous, je contourne, je prends sur moi, j’affiche un sourire et quand la cocotte déborde, je retourne ma chaise et je prends 5 mn pour faire les exercices de respiration recommandés par la sophrologue, je branche mes écouteurs, j’y mets ma playlist « bonne humeur » et je me répète ce mantra « Oublions ce qu’on a perdu, allons voir ce qu’on peut trouver… ».

227 / Parents d’ado : ni David, ni Goliath

Depuis deux-trois années, nous avons la chance inouïe d’héberger sous notre toit, non pas un, mais deux ados. (La vérité, on se régale !) Dans les faits, on fait un peu plus que les héberger. Comme on essaie d’être des parents potables, on offre, dans le désordre, le gîte et le couvert, les bisous et le linge propre, le soutien scolaire et les grasses mat’, et aussi un peu d’argent de poche. Faudrait pas qu’ils manquent de quoi que ce soit ! Moyennant quoi, bien sûr, eux nous délectent de leurs chambres en 3D, et nous offrent, suivant l’humeur, quelques tronches en biais autant que leurs éclats de rire, entrecoupés par les réponses aux snaps des potes. C’est qu’on a déjà des priorités à cet âge.

Bref, depuis plusieurs mois donc, on explore. On compte sur la parfaite orientation de la Lune et des astres pour nous aider mais on navigue pas mal… L’ado, cet être ultra-sensible, flotte aussi. Il cherche, semble-t-il, celui qu’il va choisir d’être et envisage la possibilité des multiples. Bref, il rame autant que nous.

Quand ils étaient petits, bébés, mignons, que tout ou presque était facile, je me plaisais à leur dire toi, tu décides pour tes doudous. Ton père et moi on s’occupe du reste. Autrement dit, et assez rapidement (disons à mesure que la tribu s’est agrandie, donc assez vite), ma patience a flanché. Concrètement, on a coupé court aux discussions sans fin. J’entends par là, untel aime la soupe, pas bidule. La mignonne mange les carottes râpées mais pas cuites, tandis que sa frangine raffole des poêlées de légumes. Dilemme ? NON. Hors de question de préparer sept menus différents, alors on a assez vite dégainé la phrase magique si tu as faim, tu manges… Non qu’on ait su éviter tous les drames, mais disons que nous avons réussi à établir un certain ordre des priorités. Pour autant, je le dis clairement : ici, c’est son et lumière. Rien d’instagrammable, pas de quoi fanfaronner auprès des copines, on fait toutes ce qu’on peut.

Mais l’ado a grandi, et comme dit la pub, il y a un cerveau sous le bonnet. L’enjeu a changé et les jolies barrières mises avec soin toutes ces années ont explosé les unes après les autres. On passe allègrement de la tendresse réciproque et complice à la crise de nerfs et au claquage de portes. Alors pour éviter l’irréparable, je m’interroge et j’essaie de me remettre en question pour lever les verrous. La règle n° 1, je le sais, serait d’éloigner la comparaison entre eux et nous. Je le sais notez bien… mais punaise que c’est dur d’éviter de regarder dans le rétroviseur et de ne pas leur dire tu sais que moi, à ton âge, je préparais à manger, ma chambre était rangée au carré, je faisais du baby-sitting tous les week-ends et je bossais comme une brutasse en cours ! Eh oui, il est devenu très très fragile l’équilibre. À force de chercher l’alpha et l’omega, on en perdrait même son latin… Alors j’essaie de passer à la règle n° 2, celle-là qui consiste à les laisser déployer leurs ailes sans faire péter mes galons de parent-qui-sait-déjà-tout. Je garde évidemment un regard toujours aimant mais vigilant pour leur permettre de vivre en grand, pour eux, la vie qu’ils se construisent. Je ne veux pas (et je peux pas, soyons honnêtes) être celle qui contraint toujours, qui surveille, qui oblige et même dirige. À eux de trouver la bonne distance avec les astres, la vraie vie et leurs envies. La trajectoire n’est pas tracée, elle est même souvent évanescente mais il va bien falloir accepter de laisser allumé le feu roulant de la vie pour qu’ils vivent leurs 1001 rêves et leurs 1001 vies.

Et à moi de trouver le bon recul, et d’envisager un trois fois sans frais pour un cœur de rechange. J’ai donc repris les entraînements à la piscine. Je nage pour laisser passer la vague…

« Le seul, le vrai, l’unique voyage, c’est de changer de regard. » Marcel Proust

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224 / Les devoirs de l’ado

Je n’ai jamais eu aucun scrupule à dire aux petits, puis aux grands, et maintenant aux ados, que je ne ferais jamais TOUT à leur place… Leur chambre leur appartient mais c’est une des pièces de la maison, moyennant quoi, même si je n’exige pas qu’elles soient nickel H24, un petit ménage/rangement hebdomadaire, ça me semble une saine habitude. Non ? Si. Hors de question de ramasser leur linge par terre et de ranger leur bureau.

L’idée, c’est le partage. Chacun fait ce qu’il fait le mieux pour aider la tribu. Ici, par exemple, ce sont les ados qui tondent notre petit carré de verdure, les petits vident souvent le lave-vaisselle, les grands étendent les lessives, prennent le relais dans la cuisine quand je n’y suis pas, aident ponctuellement aux devoirs des petits…

Mais. Oui, il y a un mais… il y a toujours un moment où ça dérape. Où rien ne va, où j’ai l’impression que les acquis n’en sont pas. Bref, en un mot comme en mille, un fucking moment où ça part en sucette. Et là, au mieux je râle, au pire je dévisse…

Alors je rabâche les devoirs de l’ado :

1. Tu cherches, tu trouves…
Ras-le-bol d’entendre le sempiternel je trouve plus mon cahier de maths, mamaaaaaan, t’aurais pas vu ma trousse ? Elle n’est forcément pas loin, malheureusement pas à sa place mais impossible qu’elle se trouve dans ma chambre ni dans celle des petites. Autrement dit, quand ils débarquent, avec leur mine de pauv’ être, en me demandant de l’aide, alors que bon, objectivement, dans ce cas précis je ne suis D’AUCUNE utilité, je répète > CHERCHE. ET TROUVE. Pas compliqué, si ? Parce que, comme par miracle, la trousse réapparaît TOUJOURS.

2. D’abord, tu fais ce que tu dois, et ensuite seulement, ce que tu veux…
Dans les faits, ça veut dire qu’en rentrant de l’école, tu poses ton sac et tu pends ton blouson. Ensuite tu prends le temps de goûter. Évidemment, tu laisses place nette (évidemment…) et tu enchaînes gentiment par tes devoirs. À partir du collège, je ne veux plus entendre j’ai pas de devoirs… Même si les profs n’ont rien donné, il FAUT relire les cours du jour et éventuellement, s’avancer. Le graal.

Quand tout ça est fait, tu files à la douche. Comme on est sept et que le ballon d’eau chaude n’est pas extensible, la douche reste… une douche. 10 mn max. Bien sûr, le linge sale se dépose immédiatement dans le panier prévu à cet effet et le peignoir se pend dans la foulée. La base.
À vous 5, vous consacrerez 3 mn max au couvert, vous vous organisez comme vous voulez, vous faites des tours, des fiches, des séries, je m’en fiche mais… c’est VOUS qui mettez le couvert.

Car après ? Quartier libre mes trésors, jusqu’au dîner. On apprécie à sa juste valeur la phrase magique « Qu’est-ce que je peux faire maman pour t’aider ? » mais on l’entend rarement. Pour autant, chaque fois que l’ado, en plus de débarrasser son assiette, prend celles des ses frères et sœurs (ou mieux, la mienne !), je regarde mon homme en suspectant une requête imminente. Pourtant, il faut bien l’avouer, l’ado oublie parfois son nombril et dans un acte de générosité assez ahurissant, parvient à aider son prochain sans forcément réclamer une paire de baskets à one million dollars.

3. Tu gères tes activités (matériel et temps de transport)
Avec mon homme, nous sommes absolument convaincus de l’intérêt du sport. Pour eux comme pour nous. Nos 5 enfants ont donc leur dose presque quotidienne. Et autant il me paraît normal de vérifier le sac de danse de ma mignonne de 6 ans, autant je trouve légitime d’exiger de l’ado qu’il prépare son sac À L’AVANCE, n’oublie pas sa carte de bus et range le-dit sac dès son retour. Les vêtements vont d’ailleurs directement dans la panier à linge sale (l’ado embaume pas mal, sachez-le…), sans passer par la case je moisis quatre jours dans le sac. Avouez que ça aurait de la gueule si je n’avais pas besoin de rabâcher ce petit triptyque chaque semaine… Alors je tiens bon, je ne plie pas, je ne le fais pas à leur place, mais je râle. Autant dire que ce n’est pas tous les soirs la mélodie du bonheur. Comme dirait Florence Foresti, « ce sont mes deux piliers d’éducation > crier, courir… »

C’est pourtant ça aussi, notre rôle > ne pas perdre de vue nos petits principes, essayer de leur transmettre nos valeurs, répéter que le partage est la seule solution. Écouter leurs requêtes et leurs besoins aussi, et tenter de les convaincre que la famille est le refuge de leur enfance, que l’école est une chance et surtout, surtout, qu’on ne joue pas au ballon dans le salon !

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223 / La rentrée… organisée !

Vaste projet !
Nous sommes rentrés hier soir après trois fabuleuses semaines de vacances. Ou plutôt trois semaines de vacances fabuleuses. C’est mieux comme ça.

Je vous épargne le détail de ces vacances, mon petit doigt me dit que vous vous en fichez comme de votre premier cornet de glaces… Mais sachez (donc, en fait, je vous raconte) (un peu…) que nous avons passé une semaine sous le soleil de la Baule, puis 3 jours chez des amis en Provence, suivis de 3 autres jours dans l’Aveyron, et terminé ce petit tour de France par une semaine à Morzine, en Haute-savoie. Je crois qu’on a roulé pas loin de 3 000 bornes ! On s’est d’ailleurs aperçus que notre mini-bus devenait vraiment trop mini (la faute à l’ado qui ne cesse de grandir…). Mais nous avons vaincu ! D’autant plus brillamment que les ados étaient privés de leur joujou favori (≠AdoSansPortable). Yeah !

Cette année j’avais en effet décidé de ne pas passer pour la mégère énervée (doux pléonasme) qui hurle sur ses ados pour qu’ils lâchent l’engin. Action => réaction. Mon homme et moi on s’est donc dit que le plus simple (et aussi le plus drôle, faut bien l’avouer) était de ne pas les autoriser à prendre leur portable. Pendant trois semaines. J’aurais dû les prendre en photo (les ados, pas les portables…) à l’annonce de cette grande décision. Mais plus j’y pense, plus je me rends compte finalement qu’ils ne m’ont pas crue, au début. Genre elle dit ça mais elle va se détendre, elle ne va pas oser. Eh si !

Et d’ailleurs, évidemment, ils s’en sont fort bien passés. Je vous ferai d’ailleurs (si j’ai le temps) (≠rêve) un petit billet sur l’ado avec portable vs l’ado sans portable. La 2e version étant, vous l’imaginez bien, nettement plus réjouissante !

Bref, nous sommes donc rentrés hier soir et suivant le fameux adage « ce qui est fait n’est plus à faire », je me suis surpassée. (Sinon, oui, mes chevilles vont bien…) Primo, parce que je démarre dès demain très tôt par trois jours à la Capitale. Ce sera trois journées-marathons, desquelles je rentrerai trop tard (et surtout trop naze) pour enquiller quoi que ce soit. Mais peut-être, surtout, parce que je suis fraîche et rose après ces vacances bien reposantes. À moins que ce ne soit ma petite résolution de la fin de l’année : histoire de ne pas sombrer trop vite dans le tourbillon de septembre…

Visez donc un peu :
– tout le linge est lavé-repassé et rangé (celles qui savent savent… 😂)
– les goûters et yaourts jusqu’à mercredi ok
– mes cours pour ces 3 jours sont revus/rangés/prêts
– mes billets de train réservés en ligne
– les fournitures scolaires (commandées avant notre départ) arriveront demain matin
– les cartes de bus des enfants sont réceptionnées
– les certificats médicaux pour les activités sportives sont prêts (faits en juillet)

Les enfants ont donc une dernière semaine de douceur devant eux avant la rentrée. J’ai quand même demandé aux deux ados de désherber le potager qui n’a pas survécu en notre absence. J’ai aussi signifié mon espoir de me mettre les pieds sous la table lundi, mardi et mercredi soirs car je rentrerai très tard. J’aimerais bien, donc, ne pas gérer l’intendance… Wait and see.

Et puis après ? Après, on va tacher de rester zen, quitte à en faire un peu moins, et diminuer la pression… En ce qui me concerne, le maître-mot ce sera l’organisation. Celle-là même qui, quand elle fait défaut, me fait glisser lentement mais sûrement sous l’eau… Je ne sais pas si je vais réussir, j’ai beaucoup de beaux projets cette année, si j’en réalise la moitié ce sera déjà super, et je sais que pour ça, il va falloir être en forme, dormir mieux et plus, s’accorder du temps, s’autoriser des erreurs, profiter de la tribu et rester raisonnable quant à nos objectifs à tous. On en reparlera mais d’ici-là, je vous souhaite à toutes une très belle rentrée. J’espère que vous avez pu vous reposer, profiter des vôtres, vous prélasser et surtout, rêver…

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218/Comment parler sexe avec son ado…

Il est un peu loin le temps (béni…) où vous faisiez gazou-gazou avec votre bébé sur les genoux. Où vos pensiez que rien ne pourrait jamais vous séparer, qu’entre votre bébé-tout-mignon et vous, ce serait l’osmose parfaite pour toujours…
Votre bébé-tout-mignon le restera peut-être éternellement, il n’empêche qu’il va falloir, un jour, le partager… Vers 13-14 ans, quand il aura les hormones au plafond et avant qu’il ne quitte le nid, vous allez devoir aborder avec lui/elle, ensemble donc, un chapitre que certains pensaient peut-être ne jamais devoir évoquer. (=> ils étaient naïfs, pas vous).

Votre ado grandit, et il/elle va sans doute avoir une vie amoureuse. Honnêtement, souhaitons-le. Pour autant, même si, comme ses concitoyens prépubères, il/elle a le smartphone greffé au bout du bras, et donc, accès à TOUT, ce serait bien d’en parler, d’aborder ce sujet ensemble, histoire de fixer quelques règles et éventuellement, briser quelques tabous. C’est aussi ça, notre rôle de parent, les prévenir, les accompagner et les protéger.

C’est à mon sens primordial d’en parler avec eux. J’y vois deux raisons majeures :
– C’est reconnaître qu’ils ne sont plus des enfants (mais pas encore des adultes).
– Ils ont besoin d’entendre certaines vérités, que leurs copains ne connaissant pas forcément…

Pas facile hein ? Vous hyper-ventilez, vous préféreriez retarder le moment ? Vous ne pensez tout de même pas pouvoir y échapper ? Participer à l’éducation sexuelle de nos enfants, même si ça peut être embarrassant, c’est aussi les laisser poser des questions, leur faire comprendre qu’on reste à leur écoute et évidemment, adapter les réponses à leur âge.

J’écoutais l’autre jour à ce propos une émission sur France Inter, et j’y ai appris en tombant de ma chaise que la moitié des 15-17 ans ont déjà surfé sur un site pornographique… J’ai immédiatement pensé « pas les miens », et puis je me suis mise à douter. Après tout, pourquoi pas eux ? Qu’est-ce qui les aurait mis « à l’abri » ? À quel moment aurions-nous été « plus malins » ? Et puis j’ai eu un semblant de réponse. Mais pour être honnête, j’en ai immédiatement parlé à mon homme et le soir-même, nous avons ré-entamé la discussion avec nos deux ados. Oui, nous avons le privilège délicieux d’avoir non pas un, mais deux ados. (=> le régal !).
Il y a quelques jours donc, nous les avons réunis et je leur ai demandé (en précisant que je ne me fâcherais pas…) s’ils avaient déjà vu des films pornos.

  • Oh non maman, t’inquiète…
  • Et avez-vous des copains (je ne veux pas connaître leur nom) qui ont surfé sur ces sites ?
  • Ouais, plusieurs…
  • Vous ont-ils proposé de les regarder avec vous ?
  • Non, mais même s’ils l’avaient fait, j’aurais refusé.
  • Alors écoutez-nous bien. Votre père et moi, on a eu 15 ans aussi, on a, comme vous, été amoureux. C’est normal. L’époque n’était résolument pas la même mais on a connu, vous vous en doutez, des histoires d’amour, des histoires sans amour et aussi des chagrins.

Parler de sexualité avec nos ados ne veut pas dire parler de NOTRE sexualité. Il ne s’agit pas de nous, mais d’eux. Nos deux aînés étant des garçons (13 et 15 ans), voici, en substance, ce que nous leur avons dit :

  • Règle n° 1

L’amour et la sexualité relèvent du domaine de l’intime. Autrement dit, hors de question d’étaler sur les réseaux sociaux vos relations avec Paule, Pierrette ou Jacqueline. Ni avec Paul, Pierre et Jacques… Ce n’est pas secret, c’est privé. On peut se confier à des amis, dire tout le bien qu’on pense de Lola, mais ON NE PEUT PAS publier sur Facebook/Instagram/Snapchat « je me suis fait Lola hier, c’est rien qu’une chaudasse ». Il est évidemment EXCLU de publier tout ou partie de votre anatomie intime, ainsi que celle de l’être aimé…

  • Règle n° 2

Si une fille vous plaît, mais qu’elle vous dit, t’es un bon copain, mais je ne suis pas amoureuse => ça veut dire NON. Et si elle vous dit, je suis amoureuse de toi, mais je me sens pas encore prête => ça veut dire NON aussi. Hors de question de forcer qui que ce soit à avoir des relations intimes avec vous. Le désir doit être partagé.

  • Règle n° 3

Le jour où vous et votre copine vous sentirez prêts, et bien que ce ne soit pas hyper glamour, CAPOTE obligatoire. Même si la fille vous dit, tu es mon premier amoureux, je prends la pilule, je n’aime que toi, j’ai fait des examens le mois dernier. On ne doute pas forcément d’elle, mais on en meurt de ces conneries…
(Ce sera aussi peut-être l’occasion de développer le sujet contraception, contraception d’urgence, utilisation d’un préservatif et de fournir des réponses claires : la pilule ne protège pas des MST, le préservatif ne peut pas se ré-utiliser. Ce qui nous semble évident ne l’est pas forcément pour eux.)

  • Règle n° 4

L’amour, c’est un drôle de sentiment qui peut donner le vertige. Au mieux, ça donne des ailes. Au pire, ça peut briser des vies. Certaines personnes ont des pratiques qui peuvent paraître choquantes, humiliantes… Si les deux personnes sont ABSOLUMENT consentantes, on s’en fiche. Par contre, ON NE FORCE PERSONNE à faire ci ou ça. JAMAIS.

  • Règle n° 5

On respecte les personnes qu’on a aimées. La base. On a vécu une chouette histoire et puis un jour on se rend compte que finalement ça ne colle plus ? On se le dit poliment, on met fin à une relation qui ne nous épanouit plus. Pas besoin d’être humiliant, irrespecteux ou méchant.

  • Règle n° 6

Rien n’est plus éloigné de l’amour que la notion même de performance. Untel collectionne les filles ? Il se vante d’avoir une nouvelle petite copine et de la faire grimper au 7e ciel ? Grand bien leur fasse. On ne sait jamais vraiment ce qui se passe entre deux personnes. Trouver sa moitié d’orange, ça relève de l’exploit. Rencontrer une belle personne et avoir le privilège de partager l’essentiel et le superflu, le beau et le moins lumineux, se sentir aimé et compris, ça n’est pas donné à tout le monde. Ça se protège.

  • Règle n° 7

On peut parler. Si Lola vous plaque comme un malpropre, si elle vous en fait baver, que vous avez envie de tout envoyer valser ou pire si vous avez des idées noires, IL FAUT EN PARLER. À vos potes, à la psy du lycée, à la mère de Bidule qui est drôlement sympa, à une cousine éloignée, au médecin de famille ou même à vos parents. On ne s’isole pas quand on souffre. Primo, c’est contre-productif, deuxio, parler de sa peine la fera un peu disparaître…

  • Règle n° 8

Chercher l’harmonie. On n’évitera donc de s’embarquer dans une relation toxique, encombrée par la jalousie, la méchanceté ou le manque de respect.

  • Règle n° 9

Elle va durer un jour, un trimestre ou une année. Peut-être même toute une vie. Vous vous souviendrez en tout cas sans doute très longtemps du prénom de votre première histoire d’amour. Chouchoutez-la. Faites en sorte qu’elle demeure un très beau souvenir.

  • Règle n° 10

Respirez, ça va bien se passer…

216 / L’ado. En 10 points.

Vous êtes à peine sortie des couches et des « maman, tu m’as pas fait le bisouuuuu », et vous avez brillamment survécu au fucking terrible two. Vous avez donc bien fait de profiter d’un petit répit plutôt merveilleux. Ce temps béni ou l’enfant découvre l’école, y apprend à enfiler son manteau et à faire ses lacets. Sans vous. Oh joie !  Certes, le soir vous attaquez le 2e round de votre journée mais à 20h si votre moitié vous aide (si, si, ça existe…) bon allez, à 21 heures max vous êtes pé-nar-de. Naze, mais tranquillou. À vous les séries sur Netflix  devant un plateau-repas, les soirées en amoureux à la cool.

Et puis, sans vraiment crier gare, l’ado pointe le bout de son nez. Assez insidieusement. Certes vous percevez malgré tout quelques signes, quand vers 10-11 ans, il/elle commence à lever les yeux au ciel alors que vous osez demander si sa journée s’est bien passée ou pire… s’il/elle envisage de ranger sa piaule avant l’hiver prochain.

Pas drôle.

Alors oui, vous avez bien quelques bons copains qui ont « des grands ». Ils vous ont d’ailleurs lancé plusieurs perches… profite tant qu’ils sont si petits, le nôtre fait la gueule un jour sur deux… Mais non, chez vous tout se passera bien, vous le sentez. Faut dire que vous avez participé à plusieurs ateliers menés par Isabelle Filliozat, alors la parentalité positive ça vous parle. D’ailleurs, honnêtement, ça n’était pas si compliqué, surtout depuis que vous avez dévoré « Chacun son caractère, comprendre le tempérament de son enfant »…

Mais… (oui, il y a un mais) un beau jour, vous êtes bien forcée de vous rendre à l’évidence. L’ado qui partage votre espace vital est devenu super chiant. Appelons un chat, a cat. Vous envisagez donc sérieusement les incantations mystiques, l’appel à un ami et même le vote du public…

Pour traverser cette zone de turbulences, il me semble bon d’avoir à l’esprit quelques caractéristiques de l’ado. Pour vous, je suis donc partie étudier en zone de conflit(s). Ça ne mérite pas le prix Albert Londres mais ça pourrait bien vous aider malgré tout…

• L’ado va prendre une quinzaine de centimètres en 18 mois. Il est donc fatigué. Faut le comprendre. Raison pour laquelle il est en permanence avachi. Sur votre canapé, sa chaise, son lit voire même votre lit s’il est plus près. L’ado est crevé, tout le temps. Bon, pas pour mater une vidéo sur YouTube parce que « ça, c’est pas fatigant »… Vous suivez ?

• L’ado version 2017 ne s’embarrasse jamais du mode d’emploi. Lui, il mate une vidéo d’explication sur YouTube. Rapide. Efficace.

• L’ado pense que dans le lave-vaisselle, il y a plein de petites mains prêtes à réceptionner son assiette, son verre et même ses couverts. C’est pourquoi il n’ouvre qu’au minimum la porte du-dit lave-vaisselle. Ça épuise…

• L’ado gère… T’inquiète. C’est juste que dans son monde, les heures font 80 mn. Il n’est donc mathématiquement pas « vraiment » en retard, là. D’ailleurs il gère…

• L’ado a faim. Très faim. Vous avez acheté de bons légumes bio sur le marché hier matin, vous préparez donc un merveilleux tian de courgettes, tomates et citron vert avec amour quand vous l’entendez s’interroger « C’est ça qu’on mange ce midi ? ” (l’ado n’a pas encore découvert les phrases complexes avec sujet-verbe-complément ET formule de politesse, mais ça viendra…)

• L’ado ressemble à son papa. Malade, il est proche du trépas, comptant les jours, affalé sur votre canapé. Il appelle 37 fois par minute pour réclamer un verre d’eau/ des kleenex/un massage… car il n’a « plus de force, vraiment, te moque pas, c’est terriiiiible ».

• L’ado n’a jamais froid l’hiver. Il a réclamé un manteau de marque à one million dollars mais finalement, il ne le met pas. Enfin, pas maintenant. Ne perdez pas espoir, il risque de le sortir en mai… avec le bonnet qui va avec. C’est trop dar.

• L’ado (qui n’a jamais froid) ne met pas de chaussettes l’hiver… Non, il/elle préfère des socquettes… D’ailleurs il/elle remonte malicieusement ses bas de jeans histoire d’avoir les chevilles à l’air. C’est swagg. OMG !

• L’ado n’a pas sommeil le soir. Vous si… Vous avez bien pensé à lui conseiller un bon bouquin, mais il refuse votre courtoise et néanmoins inefficace proposition. J’vois pas c’que ça va faire… Pis j’aime pas lire… (Suis-je bête ? Lire c’est pour les faibles.)

• L’ado possède un smart-phone dernier-cri, pourtant il ne téléphone pas. Non, il envoie des messages à son fraté sur Snapchat. Il s’exprime par monosyllabes… Bah ouais, c’est oklm.

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits existants ne serait PAS pure coïncidence…  Cette petite liste n’est bien sûr pas exhaustive, aussi je me suis dit que j’allais vous mettre à contribution. Racontez-moi donc les perles de vos ados, qu’on rigole un peu ! Et n’oublions pas, nous aussi, au siècle dernier, nous étions ados…