219 / Ma charge mentale

Comme vous toutes probablement, j’ai lu pas mal d’articles la semaine dernière à propos de la charge mentale, ce syndrome des femmes épuisées. Ce ras-le-bol, ce break-down que connaissent toutes les femmes (pas seulement les mères d’ailleurs) qui réussissent à faire tenir trois journées dans une, à jongler entre vie pro et vie perso, tout en essayant de rester coquette, avec les ongles joliment vernis et le sourire de façade qui va toujours bien.

À l’image du billet fort intéressant de Quatre enfants, j’ai voulu lister ma charge mentale de la semaine passée, histoire de poser ici tout ce que beaucoup (d’hommes, soyons clairs) n’imaginent même pas. Parce que tous les hommes que je connais bossent. Ils ont des enfants mais rentrent tard. Oh zut, pas le temps pour eux malheureusement de gérer les devoirs, les douches et les repas. Juste celui de se glisser les pieds sous la table et d’aller embrasser leur(s) merveille(s)…

Le mien travaille avec moi, j’ai la chance inouïe de l’avoir à mes côtés. Il sait donc, puisqu’il voit. Il fait les courses (alléluia) mais, je gère les allers-retours à l’école, les devoirs, les mots aux instits, les anniversaires chez les copains, les anniversaires à la maison, les inscriptions sport/musique…, les repas, les bagarres dignes d’un conflit palestinien, les gueulantes, les couchers, les histoires et les très très rares cauchemars…

La semaine passée donc, j’ai dû :

  • penser à l’anniversaire de ma blonde (cadeaux, gâteaux, repas de fête)
  • relancer l’entreprise qui va accueillir n° 1 pour son stage en juin
  • répondre au prof de la section-rugby pour l’inscription de n° 2 l’an prochain
  • penser à la répétition de ma blonde pour son spectacle de fin d’année
  • acheter des fiches Bristol pour n° 1
  • acheter le livre demandé par la maîtresse de n° 3
  • prendre RV chez le dermato pour n° 2
  • échanger 12 000 mails avec ma comptable pour le (fucking) bilan
  • annuler un déj avec une copine (rapport à mon bilan qui n’avançait pas…)
  • prendre rendez-vous avec notre merveilleuse coiffeuse à domicile pour les enfants et mon homme (j’ai quant à moi, résolu le problème, je vais le coiffeur tous les 5 ans, je gagne un temps fou !)
  • filer à la papèterie en urgence pour acheter une feuille A2 pour l’exposé de n° 3
  • aider n° 3 à faire son exposé donc…

S’il n’est pas spécialement question ici de se plaindre, ni de détailler le travail de fourmis que nous accomplissons toutes, il s’agit quand même de mettre un petit mot, en passant, sur cette fatigue qui ne disparaît pas, cet abattement que j’ai personnellement chaque soir vers 20h30, ce drôle de sentiment d’épuisement. Alors bien sûr, quand la nuit est bonne (et la musique aussi, coucou Jean-Jacques), on repart toutes de bon matin, fraîches et roses, prêtes à… recommencer. Et quand, à force d’épuisement, on ose un tu pourrais peut-être me filer un coup de main, genre étendre la lessive et gérer les disputes, et qu’on essuie le fameux « fallait le dire », on en rirait presque si ça n’était pas si douloureux.

La clé ? Éduquer nos fils. Oui, parce qu’on ne va pas se mentir, cette charge mentale nous est exclusivement réservée. Raison pour laquelle, nos fils tondent, vident le lave-vaisselle, repassent TOUT le linge quand ils sont en vacances, savent préparer quelques repas basiques (steak, pâtes, salade…) et me relaient de temps en temps pour l’histoire du soir. Chaque semaine je leur dis et répète qu’ils DOIVENT m’aider, faire leur lit, ranger leur chambre et aider les petits à en faire autant. Mon père ne savait pas où le sel était rangé, mon mari sait étendre une lessive. Je fais tout pour que mes fils puissent être de merveilleux compagnons, des adultes instruits et généreux… et je sais la chance que j’ai chaque fois que je les entends me dire, laisse maman, je m’en occupe…

 

206 / 5 conseils pour réussir sa rentrée au collège

Voilà-voilà, on y est… J-3 !

Votre tout-petit né hier (!) a quitté son école primaire toute mimi en juin dernier.
Dans 3 jours, il va franchir le mur du son… et deviendra collégien.

N° 1 et n° 3 ayant passé cette étape, je me suis dit que quelques petits conseils
pourraient vous être bien utiles… Lire la suite

205 / L’enfance vue par Libé

Je ne vais pas vous mentir, je pourrais vous faire un chouette rébus du style :

  • mon premier est noyé
  • mon second ne fait pas surface
  • mon troisième bosse beaucoup

>> je suis, je suis… dé-bor-dée !

Bravo !

Voilà. C’est le revers de la médaille, j’ai beaucoup de boulot et mon banquier est content, mais moi je râme (<– rapport à la blague, « noyée », « je rame », vous suivez ou bien ?)

Bon, bref, je dois finir mon article sur l’école, le système et nos enfants mais je viens de lire ce très, très bel article publié sur le site en ligne de Libé, et comme il fait écho à tout ce que je pense, je prends 4 minutes pour vous inciter à la lire.

« Aujourd’hui, on voudrait des enfants raisonnables et purs. Cela donne des adultes immatures et désolés. Un adulte en relation avec son enfance est un être sensible, ouvert, conséquent, peu sujet à la dépression générale.»

En août, je serai officiellement en vacances, je prendrai alors le temps, entre deux glaces et 4 baignades (<— ce sera top, je compte les jours) de venir ici rattraper le temps. Promis. Juré. (Ok, pas craché…).

  Nous nous trompons de guerre. La cause de l’enfance devrait être la nôtre. Son impure perfection est noble, c’est celle de la liberté, pas «contrôlée» mais protégée. Ses blessures mêmes nous rendent nostalgiques. Là se sont inventés nos premières peurs, nos premiers chemins en forêts sombres, et les promesses, pas toujours tenues.

D’ici-là, prenez soin de vous. Gaffe au soleil qui brûle mais siestes et farniente en mode open bar…

Bises à toutes !

 

204 / L’école, le système et nos enfants…

Vous avez été assez nombreux à réagir en voyant mon bureau rangé le reportage sur BFM TV dans lequel j’apparaissais le mois dernier, alors plutôt que de vous répondre séparément en MP, je vais essayer d’être le plus claire possible ici (<= ok, j’ai un mois de retard…). Si, toutefois, j’oublie quelques points, ou que vous avez des questions, n’hésitez pas à poster des commentaires au bas de cet article, histoire que le plus grand nombre en profite.

Well… Tout a commencé quand, à peine sortie des bancs de la Fac, heureuse, la satisfaction d’un chouette parcours en poche et la curiosité toujours intacte, chevillée au corps, je m’apprêtais à devenir ethnologue… J’avais la vingtaine rêveuse.

Parcours classique dans une petite école de province. Des instits passionnés, passionnants. Mais surtout, bienveillants. J’y reviendrai…

Fin de CM2, je ne parlais pas un mot d’anglais, je ne savais pas davantage qui a peint la Joconde, mais je savais parfaitement lire, écrire et compter. Parfaitement ? Oui, du CM1 au CM2, mes instits nous donnaient comme « uniques » devoirs, chaque soir, un verbe à conjuguer (aux 4 temps simples ainsi qu’aux quatre temps composés) + 4 opérations (une addition, une soustraction, une multiplication et une division). Chaque soir, donc. J’y passais une heure.

Quand ma mère rentrait le soir, elle passait la tête dans notre chambre, nous demandait si nous avions fait nos devoirs. On avait intérêt à répondre par l’affirmative, et il valait mieux que ce soit vrai…

Au collège ? La suite, sur un rythme plus intense forcément. Découverte de l’anglais en 6e (Where is Brian ? Brian is in the Kitchen !) On n’avait pas de replay en VO, pas d’applis fabuleuses pour réviser, on avait nos cours, rien que nos cours. J’ai poursuivi l’anglais jusqu’à la Fac d’ailleurs. Je ne suis pas totally bilingual mais je peux parler d’à peu près n’importe quoi à n’importe qui, pourvu que ce n’importe qui ne parle pas trop vite. Avec mes copines, on bossait assez dur au collège. Je me souviens des rédactions et des fiches de lecture à rendre très régulièrement. Des livres à lire donc. On ne bronchait pas parce qu’une fois de plus, les profs étaient vraiment au top. Et quand bien même j’ai envie de vous dire, il ne nous serait pas venu à l’idée d’aller dire à nos parents le prof donne trop de devoirs, il n’est pas sympa, il met 3 semaines à rendre nos copies corrigées… On n’avait pas à discuter. On allait en cours, on travaillait…

Pour autant, de mémoire, il y avait chaque année, un, peut-être deux élèves en difficulté. Collège pour tous mi amor, mais pas lycée pour tous… alors quelques-uns ont arrêté l’école en fin de 3e, s’orientant vers ce qu’on appelait déjà la voie professionnelle.

Au collège donc, les profs ont « ouvert » nos cerveaux, nous apprenant à étudier, disséquer des textes, des documents, découvrir des auteurs, et à t.r.a.v.a.i.l.l.e.r en autonomie… Oui, parce que ça s’apprend. Faire et refaire, suivre l’exemple et apprendre aussi à travailler en binôme. Déjà. J’ai adoré cette période. Honnêtement, les cases étaient confortables, pas très étroites alors je rentrais dedans sans problème.

Là, mes biquets, je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent malheureusement pas connaître > j’ai 45 ans. On avait tous un sac US sur l’épaule et c’est d’ailleurs  la seule marque dont je me souvienne… Pas de baskets Nike ni de blousons Abercrombie. Zéro maquillage avant le lycée. Nada. Pas de portes qui claquent à la maison, on avait la rébellion silencieuse…

Je faisais déjà beaucoup de danse et le sport a toujours été pour nous une magnifique soupape. De l’oxygène nécessaire.

Au lycée, c’était beaucoup moins fun, on était très nombreux. J’étais dans un « gros » lycée, mais je me souviens malgré tout de l’attention de nos profs. Pas tous, pas tout le temps, mais globalement, en cas de besoin, on savait trouver une oreille attentive. Faut dire aussi qu’on entendait les mouches voler en classe.

Pas de :

  • Eh m’dame, vous avez une nouvelle robe ou quoi ?

Ni de :

  • Bah ouais, j’ai pas fait mes exos parce que j’avais piscine…

Aujourd’hui, je suis la mère d’une portée de cinq, mon aîné ayant 14 ans, cela fait onze ans maintenant que je vois le système scolaire de l’autre côté du miroir, du côté obscur de la force…

Et que je déchante. Sérieusement.

Pour situer clairement mes problèmes préoccupations, l’aîné est en 3e, n° 2 en 5e, n° 3 en CE2, n° 4 au CP et n° 5 en moyenne section.

La Maternelle, temps béni où seuls les problèmes récurrents de poux apportent un peu d’ombre au tableau presque parfait. L’organisation parentale étant minimale, le niveau de contrainte est plutôt très agréable, donc gérable > pas de devoirs, pas de sac de sport à préparer. Ouf !

De l’absentéisme des profs, mes enfants n’en ont jamais souffert. Ni en maternelle, ni en primaire et encore moins au collège. Je peux dire sans mentir que mon fils aîné a dû aller au maximum 2 fois une heure en perm pour absence de prof en quatre ans. Dans son collège, les profs ont pourtant des gastros et des rhumes, des enfants malades et des burn-out, mais ils sont remplacés aussitôt. Je ne sais pas comment le proviseur et son équipe s’organisent pour gérer tout ça, mais chapeau-bas, ils y arrivent. (Quand ça va, c’est bien de le dire aussi, non ? Parce que tout ne va pas. J’y reviendrai…)

Depuis qu’il est à l’école, n° 1 a ce qu’on va appeler poliment des problèmes d’organisation… Ça frôle souvent le foutage de gueule mais force est de constater qu’il en souffre. Je parle sous le contrôle de Maître Dolto, je pense qu’il ne le fait pas exprès… Il me vrille les nerfs, provoque pas mal de mes insomnies, mais, il s’améliore. Il n’a perdu que deux fois sa trousse cette année, n’a oublié que quatre fois ses affaires de sport, et 8 fois sa carte de cantine…

En grande section, sa maîtresse nous a convoqués tous les mois :

  • Je voulais vous voir parce que n° 1 écrit très mal…
  • Et…
  • Faudrait l’emmener chez un graphologue, ou lui faire faire un bilan chez un orthophoniste, ou peut-être un psy. Enfin vous voyez quoi…
  • Pardon je ne vois pas. Est-ce qu’il a des problèmes de compréhension selon vous ? Est-ce que ce n’est pas à vous de corriger son geste ? Enfin vous voyez quoi…

Tous les mois, j’ai eu droit à :

  • Regardez, je vous montre les dessins de la petite Pauline, ils sont beaux, appliqués, c’est chouette non ? Et regardez ceux de votre fils, franchement…
  • Franchement, mon fils est nul en dessin. OK. Personnellement, pardon hein, mais je me fiche totalement…

Elle a fini par me dire :

  • J’ai compris en fait, il est l’aîné de la fratrie, c’est un garçon (belle observation), il est gaucher, né en fin d’année, bon bah voilà, tout s’explique.

Voilà, voilà.

En CP, il a eu la chance d’avoir une instit formidable. Une qui a su comprendre qu’il lui fallait un peu plus de temps que les autres, qu’il était plus lent, moins concentré sans doute mais qui ne l’a jamais traité comme quelqu’un de mois fort, de moins courageux, de moins travailleur… Différent sans doute, mais ne le sont-ils pas tous ?

Quel enseignant peut dire aujourd’hui, dans ma classe de 30, j’en ai 20 qui roulent super vite ?

Que fait-on quand on a un enfant comme mon fils qui sait faire du vélo sans roulette à 3 ans, qui sait nager sans brassards au même âge, qui grimpe aux arbres et qui dévore les livres mais qui s’ennuie 6 longues heures par jour à l’école ?

Qu’est-ce qu’on leur propose ? Et à nous, parents, qu’est-ce qu’on propose ? Depuis 10 ans j’entends :

  • Faut qu’il se réveille, faudrait qu’il travaille davantage, qu’il participe…

Mais il ne le fera pas. Participer ? Il a trop peur de dire une bêtise, que ses copains se moquent de lui…

L’an dernier, un de ses profs m’a dit :

  • Il est mou quand même, ce serait bien peut-être qu’il fasse un peu de sport, non ?
  • Mon fils s’entraîne 6 jours sur 7 à la piscine, il nage 6 km par jour… Je pense qu’il fait assez de sport, non ?
  • Ah… mais je ne savais pas.
  • Mais c’est normal que vous ne le sachiez pas. En fait. Vous n’êtes pas censé connaître les activités de tous vos élèves et je vous blâme absolument pas. J’apprécierais juste qu’on arrête de coller des étiquettes sur le front des mômes au prétexte qu’ils ont l’air comme ci, et pas comme ça…

Pour que les choses soient parfaitement claires, ce ne sont pas les profs que je critique. Il y a toujours eu des profs extras, d’autres totalement nuls, de même qu’il existe des boulangers au top et d’autres qui feraient bien de rendre le tablier…

Non, ce n’est eux le problème, c’est malheureusement bien pire, ce qui ne va plus du tout, à mon sens, c’est le système. Vaste problème me direz-vous. Oui, très très vaste même.

Ce qui cloche, c’est qu’on a perdu toute notion de bienveillance, que les programmes ne sont pas du tout adaptés. (Et là, je sais vraiment de quoi je parle, je les mets en pages à longueur de journée depuis 20 ans…)

« On » continue à faire les programmes et les manuels comme il y a 20 ans… Or il y a un gouffre entre ma génération et celles de nos enfants. Un gouffre abyssal… Non pas qu’ils soient moins intelligents, ni moins travailleurs.

Différents.

D’ailleurs, je pense sincèrement que nos mômes sont la dernière génération à aller en cours presque sans broncher malgré l’ennui qui les accable, 6 longues heures par jour. Je suis convaincue que si rien ne change, si « on » ne s’adapte pas à eux, les prochains n’iront plus. Ils refuseront d’aller avaler des cours à ce point sans motivation.

La solution ? Je ne l’ai pas. Par contre, j’ai des yeux, et plus encore, des oreilles. Que celui dont le fils ou la fille, tous âges confondus, rentre épanoui le soir, content, avec le sentiment d’avoir passé une chouette journée me fasse signe et chérisse sa chance.

J’en ai 5. Tous les soirs je leur demande :

  • Ça va ma douce/mon trésor ? Tu as passé une bonne journée ?
  • C’était trop long, je me suis ennuyé(e)…

Je ne crois pas faire exception. Les miens ne sont pas super fortiches, certains sont plus travailleurs que d’autres, mais TOUS s’ennuient. Et pourtant, je vois bien que les profs (certains plus que d’autres, on ne va pas se mentir…) ont vraiment du cœur à l’ouvrage, sont motivés, passionnés. Alors quoi ?

Je vois des initiatives un peu partout, des clases inversées, les Mooc, les cours en ligne, du soutien sur Skype… Quand est-ce qu’on va arrêter de nous les visser 6 longues heures sur des chaises ? À quel moment on va leur permettre de s’exprimer, se lever, faire plus de sport, du yoga ?

Pourquoi faut-il aller en Norvège ou en Islande pour voir des élèves souriants et épanouis en classe ? Ah mais oui mais ils ont beaucoup moins d’heures de cours hebdomadaires… Et de fait, moins de vacances ! Et nous ? Quand va-t-on enfin privilégier les rythmes (et la santé) de nos enfants ? Qui aura le courage de donner un énorme coup de pied dans la fourmilière et envoyer valser tous ces paradigmes qui ne fonctionnent plus ? Qui (bordel !)  ? Qui va ENFIN réformer notre école ?

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Arghhh zut, mille excuses, je dois vous laisser pour aujourd’hui… Une urgence à régler. Je vais aller calmer mes petits nerfs déjà bien pelotonnés et je reviendrai terminer cet article… disons demain.

Mais en attendant, si vous avez des questions, suggestions, commentaires…, n’hésitez pas !

201 / Des nouvelles très rapides

Un petit mot en passant pour vous dire que je ne suis pas encore noyée, mais que j’ai clairement la tête sous l’eau…

Je sais, ça n’a pas l’air comme ça, pourtant c’est une très bonne nouvelle > le travail, c’est la santé !

J’en profite aussi pour vous dire que j’ai écrit un petit article publié sur le Plus du Nouvel Obs. Ça faisait un moment que j’y pensais, alors je suis heureuse qu’il ait été publié, et déjà lu plus de 12 000 fois !

Si ça vous intéresse, c’est par ici > ça s’appelle le Paradoxe du parent enthousiaste, et cette liste n’est pas exhaustive… Le temps ne file pas, il cavale, non ?

D’ailleurs, si vous êtes inspiré(e), vous pouvez prolonger la liste en commentaires ici, j’en serai ravie.

J’espère que vous allez toutes bien.

Je reviendrai avant Noël (!) vous donner des nouvelles dignes de ce nom, mais là, je file…

 

192 / Pour vos papilles, une recette de fondant au chocolat qui déchire !

Je suis à la bourre, c’est l’anniversaire de ma petite dernière et allez savoir pourquoi, il y a 20 minutes j’ai publié ça sur FB. Et bien sûr, comme je me vante de pouvoir faire un gâteau qui déchire en un temps record, vous me réclamez la recette. Normal. J’aurais fait pareil. Alors comme je suis mignonne, la voici !

Pour 6 personnes :

  • Préparation : 5 minutes (super, non ?)
  • Cuisson : 20 minutes

Ingrédients :

  • 200 g de chocolat pâtissier
  • 3 œufs entiers
  • 120 g de beurre
  • 120 g de sucre
  • 1 sachet sucre vanillé (si comme moi vous utilisez du sucre de canne, vous pouvez supprimer cet ingrédient)
  • 60 g de farine
  1. Préchauffer votre four à 180 °C (th. 6).
  2. Faire fondre le chocolat pâtissier (soit au bain marie, soit au micro-ondes 1 minute à puissance douce) et le beurre (dans un récipient à part).
  3. Battre les œufs en omelette et ajouter le sucre ( + le sucre vanillé), le chocolat, le beurre puis la farine tamisée.
  4. Verser le tout dans un plat préalablement beurré et mettre au four.
  5. Au bout de 15 minutes de cuisson, éteindre le four et laisser le fondant encore 5 minutes au four avant de le sortir.
  6. Servir froid.

Vous pouvez aussi présenter ces gâteaux coupés en cubes (comme des brownies), accompagnés de crème anglaise, de glace à la vanille ou de chantilly…

Petit détail qui a son importance > comme il n’y a ni blancs à monter (ne me remerciez pas, c’est normal…), ni levure, ce gâteau ne « gonflera » pas, donc, il n’est pas très gros. Il faut donc utiliser un petit moule. Le mien mesure 19 cm de diamètre. Un moule à cake rectangulaire fera aussi parfaitement l’affaire.

Régalez-vous !

Je vous laisse, j’ai des cadeaux à emballer. 20h15, je suis LARGE ! (Je précise, pour les mauvaises langues, que par ici, les enfants sont en vacances…Ouf !)

fondant-au-chocolat

Miam !

182 / Charlie, Paul Éluard, la liberté et nos enfants

Je ne sais pas dessiner. Je ne suis pas poète et en la matière, de toute façon, je n’ai pas trouvé mieux. Ce texte-là a 70 ans…

J’en profite aussi pour relayer une info que j’ai lue sur la page de mon amie Emma, qui signale que le magazine « Le Petit Quotidien«  rend hommage aux victime de l’attentat et nous aide à en parler à nos enfants en téléchargeant gratuitement leur édition spéciale > voici le lien ICI.

Liberté, Paul Éluard

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier

Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Éluard

Prenez soin de vous.

je-suis-Charlie