215 / Les exigences des profs et les réponses des parents

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, je voulais vous raconter une petite anecdote rigolote assez révélatrice…

Notre fils aîné, 15 ans, est au lycée depuis septembre, en 2de. Autant ses années de collège n’ont pas vraiment été un long fleuve tranquille, autant depuis la rentrée il semble vraiment bien. Je crois que le changement d’établissement (nouveaux copains et nouveaux profs) y est pour beaucoup. Ah, on me dit dans l’oreillette qu’il a mûri… Pas faux.

La semaine dernière, nous sommes allés avec mon homme à la réunion parents-profs. La fameuse réunion au cours de laquelle tu as un large créneau de 6 mn (véridique) par prof, et ne peux rencontrer que cinq profs maximum. Tout s’est très bien passé, les profs étaient agréables et disponibles… mais très en retard. Pas grave, j’avais missionné n° 2 (celui qui m’a vrillé les nerfs hier) > tu gères les douches, tu vérifies que les devoirs des petits (et les tiens…) sont faits et vous mettez le couvert. Pendant que vous y êtes, vous passerez également un coup d’aspirateur dans le salon et en rentrant on récitera ensemble un Je vous salue Marie. Nan, je déconne…

Nous avions RV à partir de 18h45. À presque 20h, alors que nous attendions dans le couloir avant de rencontrer le prof de Français, j’en ai profité pour papoter tranquillement avec les autres parents, accompagnés de leurs enfants (le nôtre a des priorités > il avait entraînement de foot !). Arrive la question qui fâche. Je leur demande :
– Alors dites-moi, vous l’avez bientôt terminé le Rouge et le Noir ?

Un ado me répond :
– Ah bah non ! Punaise, c’est long… Pis j’aime pas lire…

Explication > à la rentrée, le prof de Français a demandé aux élèves de lire Le Rouge et le Noir. En précisant qu’ils auront jusqu’à mars pour lire les 670 pages écrites en corps 4 (ok, 7) de Stendhal. Plus de six mois, on est quand même obligé de reconnaître que le prof est ultra sympa là, non ? Vous aviez six mois pour lire un bouquin au lycée, vous ? En discutant avec une maman donc, elle me dit « Oui je vais en parler avec le prof parce que bon, la lecture, faut que ça reste un plaisir. Mon fils a du mal avec ce bouquin, je ne peux pas le forcer quand même… »

Mais si bon sang ! Bien sûr que si ! Depuis quand « il faut que ça reste un plaisir ? » Qui a dit que les devoirs, ça devait rester sympa ? Déjà que nos ados sont majoritairement peu enclins à tra.va.iller, alors si nous, les parents, les adultes, on n’insiste pas un peu… On ne va pas se mentir, pourquoi faire ses exos de maths ou de SVT ça doit rester cool ? Et faire trois tours de stade en EPS, aussi ? Non. Les cours, c’est de temps en temps au moins j’espère, intéressant, voire passionnant, ça doit dépendre des matières et même surtout, des profs. Mais c’est sans doute aussi malheureusement, barbant, difficile, et même fatigant. So what ? Ils n’y vont plus ? On annule et on part faire l’école sur un bateau en navigant autour du monde ? Parce qu’on ne va quand même pas les contraindre à leur âge nos biquets ! Je suis la première à déplorer les faiblesses du système, le manque d’écoute et l’ignorance des solutions qui marchent. Mais si en Seconde, les enfants ET les parents discutent le choix d’un bouquin imposé par un prof de Français, qu’est-ce qu’ils vont faire adultes ? Quand un patron ou un client va leur demander de lire une synthèse pour faire un rapport, ils vont dire, bah là non, 240 pages… c’est beaucoup quand même, et pis j’aime pas lire ?!

C’est moi qui débloque ? Au collège, j’ai lu Germinal. Je n’ai pas aimé ce livre, mais je peux en parler. Je n’ai pas adoré Les Misérables non plus, et d’ailleurs mon prof et mes parents se fichaient complètement de mon avis sur Hugo. Ay lycée, ma prof de Français était dingo de Flaubert et de Proust. Alors je les ai lus. Et je suis ravie de l’avoir fait. J’ai aussi appris à tracer des cercles et à calculer des volumes, à faire des divisions et des équations. J’ai dû grimper en haut d’une corde et faire des matchs de hand. Tant mieux pour moi, j’ai toujours adoré le sport mais certaines de mes copines redoutaient ces séances-là. Pour autant, elles venaient. Nos parents ne disaient pas « reste donc à la maison mon trésor, le sport, faut que ça reste un plaisir quand même… ».

Quand les profs donnent trop de devoirs, panique à bord, les ados sont débordés et risquent le surmenage. Quand ils n’en donnent pas assez, on va en faire une génération de fainéants…

Alors je me demande > et si on laissait les profs faire leur boulot ? Et si on prenait le risque de leur faire un tout petit peu confiance ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

 

P. S. : Cette photo n’a a priori aucun rapport. Ou peut-être que si, en regardant bien…
Passez tous un très bon week-end !

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© Colour your life

209 / Des jeux éducatifs vraiment intelligents #squla

 

Au cas où ça vous aurait échappé, l’école, les devoirs, les études… et le bien-être de nos petits à l’école justement, m’intéresse. Me concerne, me motive, me fait douter souvent mais me passionne toujours.

Je suis de celles qui surveillent les devoirs des enfants de très près, qui vont aux réunions avec les profs, qui questionnent sans cesse. Je les aide quand ils ont besoin (<= et dans la limite de mes possibilités, autant dire qu’en sciences-physiques ils ont intérêt à bien piger en cours), on essaie de les accompagner et de les préparer à devenir autonomes, sympas, bien dans leur tête autant que dans leurs baskets. Rien de très original me direz-vous, et pourtant, le chemin n’est pas toujours bordé de jolies pâquerettes ! Pâquerette étant une jolie métaphore pour adoucir qu’en vrai on en bave souvent. Grave. Qu’avec une tribu de 5, la petite en grande-section et l’aîné au lycée, on ne s’ennuie pas.

On a beau prévoir dans nos agendas déjà bien chargés des moments de détente, du sport, les copains, un peu de lecture et des soirées au cinéma, le créneau 18h-20h est en général très animé… On a fait appel à un gentil prof de maths toute l’année dernière pour notre fils aîné. C’était ça ou mes nerfs flanchaient. Déléguer quand on peut, c’est souvent salvateur. Pour tout le monde. Depuis qu’il est au collège, j’ai regardé un peu partout sur le net les cours en ligne, le soutien, les applis intéressantes… > le travail à la maison en version 2.0. Il existe en effet pas mal de profs qui tiennent des blogs sur lesquels ils mettent des cours, des vidéos et des exercices hyper bien fichus. Pour réviser le Brevet notamment, mon fils s’est aidé souvent de ces sites.

Depuis que je suis formatrice en orthographe, j’ai des élèves de tous les niveaux. Certains dont les parents me contactent en mai parce que la dictée du Brevet approche… d’autres qui ont de vrais problèmes de dysorthographie, des adultes qui ont décroché, qui savent à peine lire. Le travail que je fais avec eux me passionne. J’ai le privilège de voir la joie dans leurs yeux quand j’arrive à transformer une vilaine règle de grammaire en jeu. Je suis convaincue qu’on n’est pas obligé de rendre les apprentissages rébarbatifs et douloureux, qu’une classe vivante n’est pas forcément synonyme de désordre… Que pour apprendre on a aussi besoin d’être concerné, et inversement, je dis à mes « élèves » (et à mes enfants…) qu’on peut prendre du plaisir à travailler.

Je ne fais pas souvent de la pub ici et je parle très peu de mon travail, mais je voulais partager avec vous une aventure réellement enthousiasmante ! Depuis cet été j’ai la chance de travailler aussi pour Squla (<= mon deuxième nom en ce moment c’est slashers, mais je m’égare…). Squla, c’est une plateforme de jeux éducatifs pour les enfants, de la maternelle au CM2, dont le contenu est entièrement basé sur le programme scolaire. Squla est né aux Pays-Bas il y a 8 ans quand un père de famille, inquiet pour l’avenir de ses enfants et conscient du pouvoir tentaculaire d’internet, des tablettes et des réseaux sociaux, a décidé de créer des jeux en ligne. Quitte à passer deux heures en moyenne par jour sur internet, autant que ces deux heures soient « utiles ». Son idée ? Permettre aux enfants, après l’école, de s’amuser tout en apprenant. Le mot-clé : le jeu. LA belle idée ! Alors moi, depuis juin, je rédige et/ou je relis des quiz pour Squla. Et je me régale.devices-fr-2

Squla c’est donc un outil pédagogique :

  • avec un contenu basé sur le programme scolaire proposé et/validé par les éditions Nathan
  • entièrement sécurisé (sans publicité, sans lien externe, et sans chat)
  • toujours ludique : l’enfant joue en apprenant, autant qu’il apprend en jouant…

En pratique, Squla permet aux enfants d’avancer à leur rythme : occuper efficacement le temps des enfants terminant les exercices habituels en avance, permettre à d’autres de travailler davantage certaines matières si besoin, préparer une évaluation en s’amusant et développer le plaisir d’apprendre. Par ailleurs, pour permettre un suivi de qualité, les parents ont accès à un espace personnalisé, et reçoivent des compte-rendus contenant les progrès effectués, les matières étudiées et le temps passé sur Squla.

Concrètement, l’enfant choisit sa classe pour avoir accès à un contenu à son niveau, puis il choisit une matière (français, maths, questionner le monde, anglais, enseignement moral et civique). À partir de là, il joue ! Les jeux sont présentés sous la forme de missions, très illustrées, ludiques, et courtes ! Si bien qu’il peut si vous l’autorisez, choisir de jouer 20 minutes (sur l’ordinateur familial, une tablette ou un smartphone), s’arrêter et reprendre le lendemain là où il en était. Mais, si votre enfant a besoin de revoir une notion de l’an passé, ou s’il est curieux et souhaite s’essayer aux missions d’un niveau supérieur, c’est bien sûr possible.

Ce principe rejoint une idée à laquelle je crois depuis longtemps : prenons un enfant de 9 ans, au parcours scolaire classique, en CM1. Il peut tout à fait être fortiche en maths, moyen en français et « normal » en histoire. Autrement-dit, il peut avoir le niveau d’un CM2 en maths et celui d’un CE2 en français. Ça n’en fait pas pour autant un enfant précoce, ni en retard. C’est juste qu’en France, sous prétexte qu’il sera né en 2007, il sera dans une classe avec 30 autres enfants, nés comme lui en 2007. So what ? Pourquoi ? Pourquoi tous les enfants nés en 2007 devraient-ils avoir le même niveau dans toutes les matières ? Quand on permettra aux enseignants de faire des groupes de niveaux et non plus d’âge, j’ai l’impression qu’on fera un énorme saut en avant, non ?

Bon plan ! Il y a en ce moment une offre spéciale pour la rentrée : 5,95 € par mois au lieu de 7,95 €.

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Si vous avez des questions, j’y répondrai comme toujours avec plaisir.

Pour en savoir plus > https://squla.fr

208 / La rentrée des parents

Ça n’aura échappé à personne (hormis quelques papas peut-être…), nos enfants ont repris le chemin de l’école en début de mois. De fait, les parents que nous sommes ont dû également faire leur rentrée.

Je sais bien, si vous étiez partis en juillet, vous aviez sans doute repris depuis belle lurette quand la cloche a sonné. Mais ici, nous sommes partis autour du 12 août. L’été fut chouette, mais long. Bien trop chaud pour moi, mais je m’égare… Autant vous dire qu’en rentrant le 28 août, on a profité allègrement des 2-3 jours avant la reprise officielle des enfants pour retarder un peu le réveil. Certes, nous avons retrouvé le bureau mais les journées étaient cool. (<= Joie, bonheur. De courte durée.)

Les petits ont fait leur pré-rentrée le mercredi 31 août. Ils ont vu leur classe, posé leurs affaires, croisé quelques copains/copines. Nous avons pris le temps de discuter avec les différentes maîtresses.

– Ma petite dernière (5 ans) est cette année dans une classe de double niveau, grande section-CP, mais dans le groupe des GS. Elle est contente. Sa maîtresse est un ange. Elle s’est quand même perdue 2 midis de suite dans la récré ( !). Pas « perdue » pour de vrai, disons il y a une petite séparation pour la récré des maternelles, et maintenant qu’elle est dans une classe où il y a en majorité des CP, elle va dans la cour des « grands ». Cour à laquelle elle n’était pas habituée. Alors les premiers midis, elle n’a pas dû suivre les copines qui partaient à la cantine et s’est retrouvée un peu paumée… Heureusement, sa grande sœur est venue à son secours. Vive les fratries.

– Ladite grande sœur est donc maintenant en CE1. Sa maîtresse est également un ange. Ma mignonne rentre de l’école vers 17h. Fait ses devoirs à 17h02… Je lui dis tous les soirs de prendre un peu le temps de souffler. De jouer. Mais non.

  • Je préfère le faire maintenant maman. Ça me rassure…

 – N° 3 est en CM1. Toujours aussi perché… Il faut d’ailleurs que je vous en raconte une bien bonne à son sujet : nous étions donc en vacances en Espagne, près de Barcelone. Je suis la seule à parler espagnol. Mon grand fait de l’espagnol depuis 2 ans mais bon. Ado tout ça… Bref. Donc, où que nous allions, quoi que nous fassions, « je » parlais. Un soir, au resto, après que la gentille serveuse nous ait amené notre plat, mon fils me demande :

  • Maman, comment on dit « merci » ici.
  • Gracias.
  • Oui, mais on peut dire thank you aussi.
  • La dame comprendra sans doute. Mais thank you c’est de l’anglais.
  • Tu veux dire que les Espagnols ne parlent pas anglais ?

Voilà-voilà. Mon fils. Il paraît que j’étais pareille gamine. Perchée en permanence… Donc, il est en CM1. Donc dans 2 ans il ira au collège. Punaise. Respire ma fille. Zen.

N° 2 est en 4e. À la cool. Zéro stress.

  • T’inquiète maman, je gère…

Il a très mal aux épaules depuis le printemps. Si vous me suivez , vous savez que nos 3 garçons nagent. Beaucoup. A priori un peu trop. Lui en tout cas n’était sans doute pas assez musclé pour encaisser cette charge d’entraînements. Nous avons vu un super kiné qui préconise des séances avec lui. Wait and see. En attendant, il est inscrit à la section rugby au collège.

– N° 1 a 14 ans, il est donc entré au lycée. La bonne petite claque de la rentrée. Oui alors bien sûr, c’était prévu hein (<= pas la claque, la rentrée au lycée). Mais je ne sais pas pourquoi, ça m’a fait un sacré drôle d’effet.

Il faut vous dire que l’année dernière à la même heure, il mesurait 1,54 m. Pas très grand (<= mais très beau, objectivement bien sûr…). Déjà chiant, notez bien. L’année de 3e ne s’est pas faite dans la ouate, il y a eu des cris, des punitions, des moments durs. Il est devenu très très mou. Marchant à 2 à l’heure. Toujours fatigué. Mon lave-linge rétrécissait drôlement ses pantalons. Alors en avril mon petit cerveau s’est reconnecté. Je lui ai dit, viens donc voir que je te mesure. Verdict ? 1,70. Waouh : 16 cm dans l’année. OK. Tout s’explique. Enfin « tout », non, mais beaucoup de choses. L’adolescence était donc entrée dans nos vies. Je le toise encore, à peine (<=3 tout petits cm nous séparent, je tiens bon quelques semaines je pense…)

Pour aller au lycée, il nous a demandé un scooter. J’ai dit bien sûr mon trésor. Je passe à la banque et je signe le chèque. Choisis donc celui que tu préfères. Nan je déconne. J’ai dit tu parles sérieusement ? On habite à 10 mn du lycée. Tu iras à vélo. Fin de la conversation. L’adolescent est donc totalement au-to-no-me. Et toujours aussi chiant. (<= au passage…). Mais autonome. On est en plein progrès. Et moi j’entre le niveau 3 de la patience…

Nous avons brillamment survécu à la semaine de 3 réunions par jour. Les fournitures scolaires avaient été commandées puis reçues avant de partir (via Scoléo, une merveille). J’ai fait des grands sourires à notre docteur qui a eu la patience de recevoir les enfants pour les certificats médicaux. J’ai fait la queue 2 heures pour réinscrire n° 1 à la piscine. Ma bichette reprend la danse la semaine prochaine. Cette année, elle a un tutu (acheté mercredi par Bibi). Sa petite sœur attendra d’être au CP pour envisager une activité. Mon homme a repris la course à pied sans douleur, donc dans la joie. J’attends mardi prochain pour reprendre mes cours de danse.

Bref, on dirait que septembre n’est pas si terrible cette année.

Nos enfants grandissent. Prennent de l’assurance et c’est chouette. Ils ont leur vie parallèle avec les copains, les copines et leurs activités. On ne casse pas le fil. Il s’étire, il devient plus grand pour laisser le temps à chacun d’eux, de nous, d’y trouver l’équilibre.

 

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207 / L’école, le système et nos enfants #2

S’accrocher pour ne pas décrocher…

Je sais… ce post-là je l’ai commencé en juin et j’avais promis de venir le terminer bien plus tôt mais entre-temps, j’ai eu vraiment beaucoup de boulot, alors me revoilà seulement.

Plates excuses.

Donc, je vous ai laissé avec une partie de mon CV et une vaste question : Qui va ENFIN réformer notre école ? Comme je souhaite vraiment que vous compreniez mes angoisses, je vais aborder deux minutes le fameux classement PISA.

Pi quoi ? PISA > Programme for international student assessment. (<= je suis blogueuse bilingue, ne l’oubliez pas…) En français dans le texte, le classement Pisa évalue tous les trois ans les acquis des élèves de 15 ans dans le monde.

En maths, la France chute cette année au 25e rang mondial. 25e rang !
Pour être parfaitement honnête, je vous signale au passage que les États-Unis tombent du 17e au 36e rang, mais l’Allemagne est au 16e rang ; la Suisse au 9e rang et la Finlande au 12e rang.

En compréhension de l’écrit, la France est au 21e rang… alors que la Finlande est au 6e rang, la Pologne au 10e et le Canada au 8e rang. (<= Moi qui rêve depuis 25 ans de partir au Canada… voici un argument supplémentaire, et pas le moindre, à ajouter à ma besace…)

Et je rappelle donc que nous sommes malgré tout la 5e puissance économique mondiale… Ouf ! L’honneur est sauf.

Mais plus inquiétant encore, cette étude nous révèle également que la France s’illustre aussi par l’important niveau d’anxiété de ses élèves et une discipline qui est parmi les moins respectées. Ils sont stressés, mais indisciplinés. Phobies scolaires, décrochages, harcèlement… je m’arrête là tant la liste des mots fait peur.

Peut mieux faire donc. Il faut pour certains s’accrocher pour ne pas décrocher…

Le baromètre de la plupart des parents étant fixé sur le bulletin de notes, je vois difficilement comment il pourrait en être autrement (<= je parle du stress, pas de l’indiscipline…). En disant cela, je m’inclus dans « les parents » bien sûr. Car en effet, je pense qu’on a presque tous le même discours : « Travaille, ramène-nous des bonnes notes, tiens-toi correctement. »…

Ça t’a plu ? Tu as passé une bonne journée ? C’était intéressant ? ne sont visiblement que des questions subsidiaires…

Alors une fois de plus, je m’interroge. Qu’est-ce qu’on veut ?

OK, en tant que parents, on ne souhaite que leur bonheur. Convaincus que nous sommes qu’il est indéniablement lié à un bon diplôme, lui-même synonyme d’une bonne paie à la fin du mois. La boucle n’est pourtant pas tout à fait bouclée. À quel moment on parle de plaisir ? de curiosité ? de partage. OK (<= bis), nous ne sommes plus chez les Bisounours, mais quand même, on parle d’enfants.

De nos enfants.

Parallèlement à mon travail de graphiste dans l’édition, je suis depuis quelques années maintenant formatrice en orthographe. J’interviens auprès d’ados ou d’adultes dyslexiques mais pas seulement. La plupart sont « simplement » dysorthographiques. J’enseigne la méthode Anne-Marie Gaignard.

Mon fils aîné a 14 ans, il vient d’entrer au lycée. Il a toujours très bien écrit. « Très bien » au sens de « sans fautes »… Les règles d’orthographe et de grammaire, telles qu’on les lui a apprises, ça lui parle. Il les comprend, il les applique.

N° 2 (en 4e) est capable de ramener un 18/20 en dictée mais s’il me laisse un mot vite fait sur un post-it, sans se relire, peut tout à faire « oublier » les « s » ou toutes les règles de conjugaison…

N° 3 (en CM1) est encore un peu jeune mais j’ai la très bonne impression qu’il a bien assimilé les règles de base.

Et puis de plus en plus, mes copines me disent :

– Rhaa mon fils/ma fille (point de sexisme en la matière…), c’est une catastrophe, il fait des fautes horribles en français…

Jusqu’à l’année dernière où une copine est allée en janvier à la réunion parents-profs au collège de sa fille (alors en 3e) pour discuter avec la prof de français. Lui annonçant qu’elle était désolée que sa fille fasse autant de fautes d’orthographe, la prof lui a répondu :

– Oui, c’est vrai, elle en fait beaucoup, mais elle est tellement mignonne. Et puis vous savez, ils en font tous…

– ??

– Oui, ce n’est pas grave. Ne la stressez pas avec ça. Ça va aller.

OK. Donc, pas de stress inutile, j’entends bien. Mais > si la prof de français tient ce discours, comment on reste crédibles nous ? Comment on justifie nos discours à base de :

– L’écriture, l’orthographe, c’est important… 

Pour mes formations, j’interviens auprès d’enfants ou d’ados, mais aussi dans les entreprises. Je rencontre donc des adultes brillants, épatants, avec parfois de très gros postes… mais qui font 10 fautes par ligne. Qui ne savent pas conjuguer, ni accorder. Pour qui « COD, adjectif qualificatif, participe passé » ne veulent tout simplement rien dire. Et… comme il n’y a plus de secrétaires, un beau jour, cette orthographe hasardeuse devient un frein à leur progression professionnelle. Parce que c’est ça mon refrain. Aux mômes qui me disent :

– Je m’en fiche de l’orthographe. Moi, je veux devenir pompier, pâtisser, ou ingénieur. J’ai la bosse des maths alors ça ira toujours.

Je réponds :

– Bravo, génial. Super. C’est formidable d’avoir une vocation. Moi ce que je veux, c’est que tes problèmes d’orthographe ne deviennent jamais un frein à tes rêves.

Les fautes d’orthographe, ce n’est pas une fatalité. Il y a des solutions, plusieurs. La méthode que j’enseigne est géniale, il y en a d’autres, il y a plein de solutions…

Parce que si les enfants/ados en général sont très très zen avec ça, les adultes sont moins tranquilles. Les ados, ce sont les parents qui me les envoient.

– Allo, mon enfant a besoin d’aide. Je n’en peux plus des crises tous les soirs. On a tout essayé, il ne progresse pas…

Les enfants, on les répare très vite. 14h de formation, 20 heures maximum. Ils repartent le sourire aux lèvres, fiers d’eux. TOUS.

Par contre, TOUS les adultes me disent :

– J’en peux plus. J’ai tellement honte…

Pour eux, c’est parfois beaucoup plus compliqué. Ils ont un déficit de confiance terrible. La plupart font relire leurs mails à leur conjoint ou déploient des astuces de sioux pour éviter d’écrire…

Alors je leur dis tout le temps :

– Chacun ses compétences, on a tous des intelligences multiples. Regardez, moi par exemple, je suis bonne en orthographe, mais j’ai deux mains gauches. Ne me donnez surtout pas une raquette de tennis, je suis nulle… On s’ennuie très très vite avec moi au tennis.

Sauf que, le tennis, je m’en passe très bien. Personne ne m’obligera jamais à y jouer.

Mon job ? Dédramatiser. Et convaincre mes « élèves » que la langue française est certes très complexe, mais la plupart des règles sont assez logiques. Tout s’explique. Encore faut-il comprendre lesdites règles. Avec la méthode d’Anne-Marie Gaignard, on transforme les auxiliaires en rois parce que c’est plus simple si on met une image sur un mot. Le roi « être » est sympa : il s’accorde (presque) toujours. Le roi « avoir » nettement moins, alors on l’appelle le traître. Et on l’explique. Auxiliare, épithète, COI, ça ne veut rien dire. Roi, prince, fée, ça fait rêver et moi je trouve que ça fait du bien de rêver.

Très vite, je vois dans les yeux de mes élèves un énorme soulagement :

– Ah mais d’accoooooord ! J’avais rien compris du tout. Mais là, c’est simple en fait.

En fait, oui, c’est simple. Et là, leur horizon s’éclaircit, s’apaise.

Évidemment, c’est simple parce qu’ils sont seuls avec moi. Je n’en ai pas 35. Alors je suis leur rythme. Je les écoute. Je réponds à toutes leurs questions. On prend le temps. Ça marche. Rien de magique. Juste de l’attention. Les bons mots. Et de la bienveillance…

Je n’ai pas écrit cet article pour me faire de la pub, je travaille beaucoup. J’ai 3 jobs, 5 enfants, un mari adoré, je ne m’ennuie pas. Mais suite au reportage sur BFM TV, vous avez été nombreuses à me poser des questions alors j’espère y voir répondu. Cependant, si vous voulez des informations plus précises, si vous avez des questions, laissez-moi un commentaire en-dessous et j’y répondrai. Avec joie.

206 / 5 conseils pour réussir sa rentrée au collège

Voilà-voilà, on y est… J-3 !

Votre tout-petit né hier (!) a quitté son école primaire toute mimi en juin dernier.
Dans 3 jours, il va franchir le mur du son… et deviendra collégien.

N° 1 et n° 3 ayant passé cette étape, je me suis dit que quelques petits conseils
pourraient vous être bien utiles… Lire la suite

204 / L’école, le système et nos enfants…

Vous avez été assez nombreux à réagir en voyant mon bureau rangé le reportage sur BFM TV dans lequel j’apparaissais le mois dernier, alors plutôt que de vous répondre séparément en MP, je vais essayer d’être le plus claire possible ici (<= ok, j’ai un mois de retard…). Si, toutefois, j’oublie quelques points, ou que vous avez des questions, n’hésitez pas à poster des commentaires au bas de cet article, histoire que le plus grand nombre en profite.

Well… Tout a commencé quand, à peine sortie des bancs de la Fac, heureuse, la satisfaction d’un chouette parcours en poche et la curiosité toujours intacte, chevillée au corps, je m’apprêtais à devenir ethnologue… J’avais la vingtaine rêveuse.

Parcours classique dans une petite école de province. Des instits passionnés, passionnants. Mais surtout, bienveillants. J’y reviendrai…

Fin de CM2, je ne parlais pas un mot d’anglais, je ne savais pas davantage qui a peint la Joconde, mais je savais parfaitement lire, écrire et compter. Parfaitement ? Oui, du CM1 au CM2, mes instits nous donnaient comme « uniques » devoirs, chaque soir, un verbe à conjuguer (aux 4 temps simples ainsi qu’aux quatre temps composés) + 4 opérations (une addition, une soustraction, une multiplication et une division). Chaque soir, donc. J’y passais une heure.

Quand ma mère rentrait le soir, elle passait la tête dans notre chambre, nous demandait si nous avions fait nos devoirs. On avait intérêt à répondre par l’affirmative, et il valait mieux que ce soit vrai…

Au collège ? La suite, sur un rythme plus intense forcément. Découverte de l’anglais en 6e (Where is Brian ? Brian is in the Kitchen !) On n’avait pas de replay en VO, pas d’applis fabuleuses pour réviser, on avait nos cours, rien que nos cours. J’ai poursuivi l’anglais jusqu’à la Fac d’ailleurs. Je ne suis pas totally bilingual mais je peux parler d’à peu près n’importe quoi à n’importe qui, pourvu que ce n’importe qui ne parle pas trop vite. Avec mes copines, on bossait assez dur au collège. Je me souviens des rédactions et des fiches de lecture à rendre très régulièrement. Des livres à lire donc. On ne bronchait pas parce qu’une fois de plus, les profs étaient vraiment au top. Et quand bien même j’ai envie de vous dire, il ne nous serait pas venu à l’idée d’aller dire à nos parents le prof donne trop de devoirs, il n’est pas sympa, il met 3 semaines à rendre nos copies corrigées… On n’avait pas à discuter. On allait en cours, on travaillait…

Pour autant, de mémoire, il y avait chaque année, un, peut-être deux élèves en difficulté. Collège pour tous mi amor, mais pas lycée pour tous… alors quelques-uns ont arrêté l’école en fin de 3e, s’orientant vers ce qu’on appelait déjà la voie professionnelle.

Au collège donc, les profs ont « ouvert » nos cerveaux, nous apprenant à étudier, disséquer des textes, des documents, découvrir des auteurs, et à t.r.a.v.a.i.l.l.e.r en autonomie… Oui, parce que ça s’apprend. Faire et refaire, suivre l’exemple et apprendre aussi à travailler en binôme. Déjà. J’ai adoré cette période. Honnêtement, les cases étaient confortables, pas très étroites alors je rentrais dedans sans problème.

Là, mes biquets, je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent malheureusement pas connaître > j’ai 45 ans. On avait tous un sac US sur l’épaule et c’est d’ailleurs  la seule marque dont je me souvienne… Pas de baskets Nike ni de blousons Abercrombie. Zéro maquillage avant le lycée. Nada. Pas de portes qui claquent à la maison, on avait la rébellion silencieuse…

Je faisais déjà beaucoup de danse et le sport a toujours été pour nous une magnifique soupape. De l’oxygène nécessaire.

Au lycée, c’était beaucoup moins fun, on était très nombreux. J’étais dans un « gros » lycée, mais je me souviens malgré tout de l’attention de nos profs. Pas tous, pas tout le temps, mais globalement, en cas de besoin, on savait trouver une oreille attentive. Faut dire aussi qu’on entendait les mouches voler en classe.

Pas de :

  • Eh m’dame, vous avez une nouvelle robe ou quoi ?

Ni de :

  • Bah ouais, j’ai pas fait mes exos parce que j’avais piscine…

Aujourd’hui, je suis la mère d’une portée de cinq, mon aîné ayant 14 ans, cela fait onze ans maintenant que je vois le système scolaire de l’autre côté du miroir, du côté obscur de la force…

Et que je déchante. Sérieusement.

Pour situer clairement mes problèmes préoccupations, l’aîné est en 3e, n° 2 en 5e, n° 3 en CE2, n° 4 au CP et n° 5 en moyenne section.

La Maternelle, temps béni où seuls les problèmes récurrents de poux apportent un peu d’ombre au tableau presque parfait. L’organisation parentale étant minimale, le niveau de contrainte est plutôt très agréable, donc gérable > pas de devoirs, pas de sac de sport à préparer. Ouf !

De l’absentéisme des profs, mes enfants n’en ont jamais souffert. Ni en maternelle, ni en primaire et encore moins au collège. Je peux dire sans mentir que mon fils aîné a dû aller au maximum 2 fois une heure en perm pour absence de prof en quatre ans. Dans son collège, les profs ont pourtant des gastros et des rhumes, des enfants malades et des burn-out, mais ils sont remplacés aussitôt. Je ne sais pas comment le proviseur et son équipe s’organisent pour gérer tout ça, mais chapeau-bas, ils y arrivent. (Quand ça va, c’est bien de le dire aussi, non ? Parce que tout ne va pas. J’y reviendrai…)

Depuis qu’il est à l’école, n° 1 a ce qu’on va appeler poliment des problèmes d’organisation… Ça frôle souvent le foutage de gueule mais force est de constater qu’il en souffre. Je parle sous le contrôle de Maître Dolto, je pense qu’il ne le fait pas exprès… Il me vrille les nerfs, provoque pas mal de mes insomnies, mais, il s’améliore. Il n’a perdu que deux fois sa trousse cette année, n’a oublié que quatre fois ses affaires de sport, et 8 fois sa carte de cantine…

En grande section, sa maîtresse nous a convoqués tous les mois :

  • Je voulais vous voir parce que n° 1 écrit très mal…
  • Et…
  • Faudrait l’emmener chez un graphologue, ou lui faire faire un bilan chez un orthophoniste, ou peut-être un psy. Enfin vous voyez quoi…
  • Pardon je ne vois pas. Est-ce qu’il a des problèmes de compréhension selon vous ? Est-ce que ce n’est pas à vous de corriger son geste ? Enfin vous voyez quoi…

Tous les mois, j’ai eu droit à :

  • Regardez, je vous montre les dessins de la petite Pauline, ils sont beaux, appliqués, c’est chouette non ? Et regardez ceux de votre fils, franchement…
  • Franchement, mon fils est nul en dessin. OK. Personnellement, pardon hein, mais je me fiche totalement…

Elle a fini par me dire :

  • J’ai compris en fait, il est l’aîné de la fratrie, c’est un garçon (belle observation), il est gaucher, né en fin d’année, bon bah voilà, tout s’explique.

Voilà, voilà.

En CP, il a eu la chance d’avoir une instit formidable. Une qui a su comprendre qu’il lui fallait un peu plus de temps que les autres, qu’il était plus lent, moins concentré sans doute mais qui ne l’a jamais traité comme quelqu’un de mois fort, de moins courageux, de moins travailleur… Différent sans doute, mais ne le sont-ils pas tous ?

Quel enseignant peut dire aujourd’hui, dans ma classe de 30, j’en ai 20 qui roulent super vite ?

Que fait-on quand on a un enfant comme mon fils qui sait faire du vélo sans roulette à 3 ans, qui sait nager sans brassards au même âge, qui grimpe aux arbres et qui dévore les livres mais qui s’ennuie 6 longues heures par jour à l’école ?

Qu’est-ce qu’on leur propose ? Et à nous, parents, qu’est-ce qu’on propose ? Depuis 10 ans j’entends :

  • Faut qu’il se réveille, faudrait qu’il travaille davantage, qu’il participe…

Mais il ne le fera pas. Participer ? Il a trop peur de dire une bêtise, que ses copains se moquent de lui…

L’an dernier, un de ses profs m’a dit :

  • Il est mou quand même, ce serait bien peut-être qu’il fasse un peu de sport, non ?
  • Mon fils s’entraîne 6 jours sur 7 à la piscine, il nage 6 km par jour… Je pense qu’il fait assez de sport, non ?
  • Ah… mais je ne savais pas.
  • Mais c’est normal que vous ne le sachiez pas. En fait. Vous n’êtes pas censé connaître les activités de tous vos élèves et je vous blâme absolument pas. J’apprécierais juste qu’on arrête de coller des étiquettes sur le front des mômes au prétexte qu’ils ont l’air comme ci, et pas comme ça…

Pour que les choses soient parfaitement claires, ce ne sont pas les profs que je critique. Il y a toujours eu des profs extras, d’autres totalement nuls, de même qu’il existe des boulangers au top et d’autres qui feraient bien de rendre le tablier…

Non, ce n’est eux le problème, c’est malheureusement bien pire, ce qui ne va plus du tout, à mon sens, c’est le système. Vaste problème me direz-vous. Oui, très très vaste même.

Ce qui cloche, c’est qu’on a perdu toute notion de bienveillance, que les programmes ne sont pas du tout adaptés. (Et là, je sais vraiment de quoi je parle, je les mets en pages à longueur de journée depuis 20 ans…)

« On » continue à faire les programmes et les manuels comme il y a 20 ans… Or il y a un gouffre entre ma génération et celles de nos enfants. Un gouffre abyssal… Non pas qu’ils soient moins intelligents, ni moins travailleurs.

Différents.

D’ailleurs, je pense sincèrement que nos mômes sont la dernière génération à aller en cours presque sans broncher malgré l’ennui qui les accable, 6 longues heures par jour. Je suis convaincue que si rien ne change, si « on » ne s’adapte pas à eux, les prochains n’iront plus. Ils refuseront d’aller avaler des cours à ce point sans motivation.

La solution ? Je ne l’ai pas. Par contre, j’ai des yeux, et plus encore, des oreilles. Que celui dont le fils ou la fille, tous âges confondus, rentre épanoui le soir, content, avec le sentiment d’avoir passé une chouette journée me fasse signe et chérisse sa chance.

J’en ai 5. Tous les soirs je leur demande :

  • Ça va ma douce/mon trésor ? Tu as passé une bonne journée ?
  • C’était trop long, je me suis ennuyé(e)…

Je ne crois pas faire exception. Les miens ne sont pas super fortiches, certains sont plus travailleurs que d’autres, mais TOUS s’ennuient. Et pourtant, je vois bien que les profs (certains plus que d’autres, on ne va pas se mentir…) ont vraiment du cœur à l’ouvrage, sont motivés, passionnés. Alors quoi ?

Je vois des initiatives un peu partout, des clases inversées, les Mooc, les cours en ligne, du soutien sur Skype… Quand est-ce qu’on va arrêter de nous les visser 6 longues heures sur des chaises ? À quel moment on va leur permettre de s’exprimer, se lever, faire plus de sport, du yoga ?

Pourquoi faut-il aller en Norvège ou en Islande pour voir des élèves souriants et épanouis en classe ? Ah mais oui mais ils ont beaucoup moins d’heures de cours hebdomadaires… Et de fait, moins de vacances ! Et nous ? Quand va-t-on enfin privilégier les rythmes (et la santé) de nos enfants ? Qui aura le courage de donner un énorme coup de pied dans la fourmilière et envoyer valser tous ces paradigmes qui ne fonctionnent plus ? Qui (bordel !)  ? Qui va ENFIN réformer notre école ?

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Arghhh zut, mille excuses, je dois vous laisser pour aujourd’hui… Une urgence à régler. Je vais aller calmer mes petits nerfs déjà bien pelotonnés et je reviendrai terminer cet article… disons demain.

Mais en attendant, si vous avez des questions, suggestions, commentaires…, n’hésitez pas !

146 / Tuto conjugaison > CM2/6e… 5e !

Reprenons, j’ai donc 5 adoraaaables enfants.
D’abord trois garçons, puis deux filles. C’est que dans la famille, on apprécie l’ordre… Ne rigole pas toi là-bas.

– L’aîné, presque 12 ans est en 5e. Sept ans donc que je qu’il se farcit des devoirs tous les soirs. Et comme je suis maso, depuis sept ans, donc, je m’assieds à côté de lui chaque soir et je l’aide, le corrige, l’oriente… bref. Ça dure minimum 1 heure, parfois deux.
Oui, à partir du collège, je vais vous faire un peu peur mais faut pas rêver, la liste des devoirs est trèèèès longue.
L’an dernier, en réunion parents-profs, la prof d’anglais nous a dit :

– Je ne suis pas très exigeante, je demande 20 minutes de travail quotidien.

Oui, sauf qu’à raison de sept heures de cours par jour, ça donnerait du 7 fois 20 minutes par soir… Minimum. Donc, 2h20 de boulot. Dans les faits, ils n’ont pas TOUTES les matières chaque jour, et il y a heureusement le sport (quatre heures en 6e, trois heures en 5e) qui ne nécessite pas de travail à la maison. Ouf. (Au passage, je ne sais pas quel couillon a décrété qu’en 5les élèves avaient moins besoin de faire du sport… Fermeture de la parenthèse.)

– Notre cadet est en CM2. Son instit donne le vendredi le travail pour toute la semaine à venir. Et elle n’y revient pas. Si les mômes veulent/peuvent s’organiser et s’avancer un peu, par exemple le week-end et le mercredi, c’est super. Sinon, ils travaillent chaque soir. Le mien arrive (un peu) à s’organiser. Parce que je l’y oblige. Parce que je sais ce qui l’attend l’an prochain.

L’arrivée au collège, pour notre aîné, ça a juste été le tsunami. Ne nous voilons pas la face. D’abord et surtout parce que chez nous, en primaire, il y a DEUX classes dans l’école. Cinquante mômes dans la cour de récré. Au collège, ils sont 800. Vala. On change de classe à chaque matière, on est autonome (hmm…), on travaille beaucoup ET seuls et on écrit beaucoup. Amies parents de petiots, vous voilà prévenues. Pardon de vous mettre le moral dans les baskets. Le samedi, ici, c’est natation le matin et musique l’après-midi. Donc, pour les devoirs, ils en font un peu le vendredi soir et le reste le dimanche matin. On essaie de ne pas trop déborder l’après-midi… mais ça arrive quand même.

Ce matin, exceptionnellement, il n’y avait pas d’entraînement de natation car compét demain matin. Rendez-vous 7:20 à la piscine. (Pourquoi tant de haine ???). Je leur ai donc demandé de faire leurs devoirs ce matin. Parce que lundi (11 novembre, férié !!!), ils ont un cross… Vive le sport ! Ce matin, c’est donc le sourire aux lèvres et le moral au beau fixe que j’ai vérifié leur boulot tout en expliquant à mes filles que je n’avais pas 4 bras. Suis pas certaine qu’elles aient compris. Passons.

Mon fiston (le numéro 2) avait un exercice de conjugaison assez simple. Et une auto-dictée à préparer. Auto-dictée pour les jeunes mamans, ça veut dire que l’instit donne le texte à l’avance. Qu’ils doivent le préparer et quelques jours après, elle leur fait la dictée en classe. C’est LA bonne occasion de choper une excellente note. Ben mon fiston il m’a fait 9 fautes ce matin. Genre, je n’accorde pas les adjectifs, ni les verbes tant qu’à faire. Et puis pour faire plaisir à maman, je fais des fautes de vocabulaire…

J’ai vu un peu beaucoup rouge et j’ai pris LA résolution de l’année. À partir d’aujourd’hui (ah, quand je la sors celle-là, ils tremblent !), donc, à partir d’aujourd’hui, tu vas me conjuguer CHAQUE SOIR, un verbe à tous les temps. J’ai lancé un regard à mon aîné qui gloussait et je lui ai dit : ne rigole pas, c’est valable pour toi aussi.

Je me suis assise à mon bureau et dix minutes plus tard j’ai brandi fièrement la feuille suivante :

CONJUGAISON de5a7-bis

Au risque de passer pour une vieille conne, quand j’étais en CM1 (au siècle dernier donc), chaque soir l’instit nous donnait « presque » la même feuille. Sauf qu’à l’époque, on conjuguait le conditionnel, le plus-que-parfait et le futur antérieur. Si bien qu’en arrivant en 6e, on connaissait parfaitement nos conjugaisons. (Alors oui, on n’utilise pas tous les jours le passé simple… Je suis d’accord.) Je viendrai te dire si je vais réussir à appliquer cette méthode au quotidien et surtout, si elle porte les fruits attendus.

Peut-être que dans moins de deux semaines je rendrai mon tablier de mère-qui-apprécierait-que-ses-mômes-conjuguent-correctement…

Si tu as des « trucs » qui marchent, sois sympa, partage…