224 / Les devoirs de l’ado

Je n’ai jamais eu aucun scrupule à dire aux petits, puis aux grands, et maintenant aux ados, que je ne ferais jamais TOUT à leur place… Leur chambre leur appartient mais c’est une des pièces de la maison, moyennant quoi, même si je n’exige pas qu’elles soient nickel H24, un petit ménage/rangement hebdomadaire, ça me semble une saine habitude. Non ? Si. Hors de question de ramasser leur linge par terre et de ranger leur bureau.

L’idée, c’est le partage. Chacun fait ce qu’il fait le mieux pour aider la tribu. Ici, par exemple, ce sont les ados qui tondent notre petit carré de verdure, les petits vident souvent le lave-vaisselle, les grands étendent les lessives, prennent le relais dans la cuisine quand je n’y suis pas, aident ponctuellement aux devoirs des petits…

Mais. Oui, il y a un mais… il y a toujours un moment où ça dérape. Où rien ne va, où j’ai l’impression que les acquis n’en sont pas. Bref, en un mot comme en mille, un fucking moment où ça part en sucette. Et là, au mieux je râle, au pire je dévisse…

Alors je rabâche les devoirs de l’ado :

1. Tu cherches, tu trouves…
Ras-le-bol d’entendre le sempiternel je trouve plus mon cahier de maths, mamaaaaaan, t’aurais pas vu ma trousse ? Elle n’est forcément pas loin, malheureusement pas à sa place mais impossible qu’elle se trouve dans ma chambre ni dans celle des petites. Autrement dit, quand ils débarquent, avec leur mine de pauv’ être, en me demandant de l’aide, alors que bon, objectivement, dans ce cas précis je ne suis D’AUCUNE utilité, je répète > CHERCHE. ET TROUVE. Pas compliqué, si ? Parce que, comme par miracle, la trousse réapparaît TOUJOURS.

2. D’abord, tu fais ce que tu dois, et ensuite seulement, ce que tu veux…
Dans les faits, ça veut dire qu’en rentrant de l’école, tu poses ton sac et tu pends ton blouson. Ensuite tu prends le temps de goûter. Évidemment, tu laisses place nette (évidemment…) et tu enchaînes gentiment par tes devoirs. À partir du collège, je ne veux plus entendre j’ai pas de devoirs… Même si les profs n’ont rien donné, il FAUT relire les cours du jour et éventuellement, s’avancer. Le graal.

Quand tout ça est fait, tu files à la douche. Comme on est sept et que le ballon d’eau chaude n’est pas extensible, la douche reste… une douche. 10 mn max. Bien sûr, le linge sale se dépose immédiatement dans le panier prévu à cet effet et le peignoir se pend dans la foulée. La base.
À vous 5, vous consacrerez 3 mn max au couvert, vous vous organisez comme vous voulez, vous faites des tours, des fiches, des séries, je m’en fiche mais… c’est VOUS qui mettez le couvert.

Car après ? Quartier libre mes trésors, jusqu’au dîner. On apprécie à sa juste valeur la phrase magique « Qu’est-ce que je peux faire maman pour t’aider ? » mais on l’entend rarement. Pour autant, chaque fois que l’ado, en plus de débarrasser son assiette, prend celles des ses frères et sœurs (ou mieux, la mienne !), je regarde mon homme en suspectant une requête imminente. Pourtant, il faut bien l’avouer, l’ado oublie parfois son nombril et dans un acte de générosité assez ahurissant, parvient à aider son prochain sans forcément réclamer une paire de baskets à one million dollars.

3. Tu gères tes activités (matériel et temps de transport)
Avec mon homme, nous sommes absolument convaincus de l’intérêt du sport. Pour eux comme pour nous. Nos 5 enfants ont donc leur dose presque quotidienne. Et autant il me paraît normal de vérifier le sac de danse de ma mignonne de 6 ans, autant je trouve légitime d’exiger de l’ado qu’il prépare son sac À L’AVANCE, n’oublie pas sa carte de bus et range le-dit sac dès son retour. Les vêtements vont d’ailleurs directement dans la panier à linge sale (l’ado embaume pas mal, sachez-le…), sans passer par la case je moisis quatre jours dans le sac. Avouez que ça aurait de la gueule si je n’avais pas besoin de rabâcher ce petit triptyque chaque semaine… Alors je tiens bon, je ne plie pas, je ne le fais pas à leur place, mais je râle. Autant dire que ce n’est pas tous les soirs la mélodie du bonheur. Comme dirait Florence Foresti, « ce sont mes deux piliers d’éducation > crier, courir… »

C’est pourtant ça aussi, notre rôle > ne pas perdre de vue nos petits principes, essayer de leur transmettre nos valeurs, répéter que le partage est la seule solution. Écouter leurs requêtes et leurs besoins aussi, et tenter de les convaincre que la famille est le refuge de leur enfance, que l’école est une chance et surtout, surtout, qu’on ne joue pas au ballon dans le salon !

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223 / La rentrée… organisée !

Vaste projet !
Nous sommes rentrés hier soir après trois fabuleuses semaines de vacances. Ou plutôt trois semaines de vacances fabuleuses. C’est mieux comme ça.

Je vous épargne le détail de ces vacances, mon petit doigt me dit que vous vous en fichez comme de votre premier cornet de glaces… Mais sachez (donc, en fait, je vous raconte) (un peu…) que nous avons passé une semaine sous le soleil de la Baule, puis 3 jours chez des amis en Provence, suivis de 3 autres jours dans l’Aveyron, et terminé ce petit tour de France par une semaine à Morzine, en Haute-savoie. Je crois qu’on a roulé pas loin de 3 000 bornes ! On s’est d’ailleurs aperçus que notre mini-bus devenait vraiment trop mini (la faute à l’ado qui ne cesse de grandir…). Mais nous avons vaincu ! D’autant plus brillamment que les ados étaient privés de leur joujou favori (≠AdoSansPortable). Yeah !

Cette année j’avais en effet décidé de ne pas passer pour la mégère énervée (doux pléonasme) qui hurle sur ses ados pour qu’ils lâchent l’engin. Action => réaction. Mon homme et moi on s’est donc dit que le plus simple (et aussi le plus drôle, faut bien l’avouer) était de ne pas les autoriser à prendre leur portable. Pendant trois semaines. J’aurais dû les prendre en photo (les ados, pas les portables…) à l’annonce de cette grande décision. Mais plus j’y pense, plus je me rends compte finalement qu’ils ne m’ont pas crue, au début. Genre elle dit ça mais elle va se détendre, elle ne va pas oser. Eh si !

Et d’ailleurs, évidemment, ils s’en sont fort bien passés. Je vous ferai d’ailleurs (si j’ai le temps) (≠rêve) un petit billet sur l’ado avec portable vs l’ado sans portable. La 2e version étant, vous l’imaginez bien, nettement plus réjouissante !

Bref, nous sommes donc rentrés hier soir et suivant le fameux adage « ce qui est fait n’est plus à faire », je me suis surpassée. (Sinon, oui, mes chevilles vont bien…) Primo, parce que je démarre dès demain très tôt par trois jours à la Capitale. Ce sera trois journées-marathons, desquelles je rentrerai trop tard (et surtout trop naze) pour enquiller quoi que ce soit. Mais peut-être, surtout, parce que je suis fraîche et rose après ces vacances bien reposantes. À moins que ce ne soit ma petite résolution de la fin de l’année : histoire de ne pas sombrer trop vite dans le tourbillon de septembre…

Visez donc un peu :
– tout le linge est lavé-repassé et rangé (celles qui savent savent… 😂)
– les goûters et yaourts jusqu’à mercredi ok
– mes cours pour ces 3 jours sont revus/rangés/prêts
– mes billets de train réservés en ligne
– les fournitures scolaires (commandées avant notre départ) arriveront demain matin
– les cartes de bus des enfants sont réceptionnées
– les certificats médicaux pour les activités sportives sont prêts (faits en juillet)

Les enfants ont donc une dernière semaine de douceur devant eux avant la rentrée. J’ai quand même demandé aux deux ados de désherber le potager qui n’a pas survécu en notre absence. J’ai aussi signifié mon espoir de me mettre les pieds sous la table lundi, mardi et mercredi soirs car je rentrerai très tard. J’aimerais bien, donc, ne pas gérer l’intendance… Wait and see.

Et puis après ? Après, on va tacher de rester zen, quitte à en faire un peu moins, et diminuer la pression… En ce qui me concerne, le maître-mot ce sera l’organisation. Celle-là même qui, quand elle fait défaut, me fait glisser lentement mais sûrement sous l’eau… Je ne sais pas si je vais réussir, j’ai beaucoup de beaux projets cette année, si j’en réalise la moitié ce sera déjà super, et je sais que pour ça, il va falloir être en forme, dormir mieux et plus, s’accorder du temps, s’autoriser des erreurs, profiter de la tribu et rester raisonnable quant à nos objectifs à tous. On en reparlera mais d’ici-là, je vous souhaite à toutes une très belle rentrée. J’espère que vous avez pu vous reposer, profiter des vôtres, vous prélasser et surtout, rêver…

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222 / Ta lumière

Les perles ont glissé brutalement sur mes joues. Les yeux humides pour laisser filer la douleur, la peur, le va-et-vient dans les couloirs de l’hôpital, comme un flash.

J’avais pourtant repris mes habitudes, le boulot, râler sur un short qui zone par terre, quémander pour la 23e fois un coup de main, relancer l’assurance, filer en ville remplir le frigo, rien n’avait changé. Sauf cette image de ton sourire que j’aime tant. De tes beaux yeux qui brillaient déjà quelques heures à peine après ton opération.

Tu m’as dit je vais me battre. J’ai pensé tu n’as pas le choix. On sera tous là, ton homme, tes enfants et nous tes amis aussi. Tous ceux qui t’ont vue dans ta robe rouge l’été dernier. Vous deux et votre bonheur en bandoulière.

Je t’ai offert des livres pour que le temps s’envole plus doucement, pour que tes yeux se ferment chaque soir avec moins d’angoisses. Je publie le quotidien de ma douce tribu ici et ailleurs parce que ça te fait bien rire et puis le Dieu de la beauté du sourire s’étant penché sur ton berceau, je n’y résiste pas.

Ton homme veille. Comme tu le ferais pour lui. Il n’entend peut-être qu’un mot sur deux mais il t’accompagne partout, il ne lâche rien. Ensemble, ta main dans la sienne et son cœur si près du tien, vous avancez, un jour après l’autre.

Alors à toi ma douce, j’offre pour toujours mon amitié et ma colère, mes gâteaux au chocolat et mes tians avec de la crème, mon énergie et ma rage. Et je n’ai qu’une requête, guéris vite et bien pour qu’ensemble on continue à refaire le monde pendant de longues soirées. Et pour qu’à ma petite dernière, ta filleule, je puisse redire que l’amitié porte et réconforte, qu’elle tisse et partage, qu’elle libère autant qu’elle prospère. Chaque jour un peu plus.

219 / Ma charge mentale

Comme vous toutes probablement, j’ai lu pas mal d’articles la semaine dernière à propos de la charge mentale, ce syndrome des femmes épuisées. Ce ras-le-bol, ce break-down que connaissent toutes les femmes (pas seulement les mères d’ailleurs) qui réussissent à faire tenir trois journées dans une, à jongler entre vie pro et vie perso, tout en essayant de rester coquette, avec les ongles joliment vernis et le sourire de façade qui va toujours bien.

À l’image du billet fort intéressant de Quatre enfants, j’ai voulu lister ma charge mentale de la semaine passée, histoire de poser ici tout ce que beaucoup (d’hommes, soyons clairs) n’imaginent même pas. Parce que tous les hommes que je connais bossent. Ils ont des enfants mais rentrent tard. Oh zut, pas le temps pour eux malheureusement de gérer les devoirs, les douches et les repas. Juste celui de se glisser les pieds sous la table et d’aller embrasser leur(s) merveille(s)…

Le mien travaille avec moi, j’ai la chance inouïe de l’avoir à mes côtés. Il sait donc, puisqu’il voit. Il fait les courses (alléluia) mais, je gère les allers-retours à l’école, les devoirs, les mots aux instits, les anniversaires chez les copains, les anniversaires à la maison, les inscriptions sport/musique…, les repas, les bagarres dignes d’un conflit palestinien, les gueulantes, les couchers, les histoires et les très très rares cauchemars…

La semaine passée donc, j’ai dû :

  • penser à l’anniversaire de ma blonde (cadeaux, gâteaux, repas de fête)
  • relancer l’entreprise qui va accueillir n° 1 pour son stage en juin
  • répondre au prof de la section-rugby pour l’inscription de n° 2 l’an prochain
  • penser à la répétition de ma blonde pour son spectacle de fin d’année
  • acheter des fiches Bristol pour n° 1
  • acheter le livre demandé par la maîtresse de n° 3
  • prendre RV chez le dermato pour n° 2
  • échanger 12 000 mails avec ma comptable pour le (fucking) bilan
  • annuler un déj avec une copine (rapport à mon bilan qui n’avançait pas…)
  • prendre rendez-vous avec notre merveilleuse coiffeuse à domicile pour les enfants et mon homme (j’ai quant à moi, résolu le problème, je vais le coiffeur tous les 5 ans, je gagne un temps fou !)
  • filer à la papèterie en urgence pour acheter une feuille A2 pour l’exposé de n° 3
  • aider n° 3 à faire son exposé donc…

S’il n’est pas spécialement question ici de se plaindre, ni de détailler le travail de fourmis que nous accomplissons toutes, il s’agit quand même de mettre un petit mot, en passant, sur cette fatigue qui ne disparaît pas, cet abattement que j’ai personnellement chaque soir vers 20h30, ce drôle de sentiment d’épuisement. Alors bien sûr, quand la nuit est bonne (et la musique aussi, coucou Jean-Jacques), on repart toutes de bon matin, fraîches et roses, prêtes à… recommencer. Et quand, à force d’épuisement, on ose un tu pourrais peut-être me filer un coup de main, genre étendre la lessive et gérer les disputes, et qu’on essuie le fameux « fallait le dire », on en rirait presque si ça n’était pas si douloureux.

La clé ? Éduquer nos fils. Oui, parce qu’on ne va pas se mentir, cette charge mentale nous est exclusivement réservée. Raison pour laquelle, nos fils tondent, vident le lave-vaisselle, repassent TOUT le linge quand ils sont en vacances, savent préparer quelques repas basiques (steak, pâtes, salade…) et me relaient de temps en temps pour l’histoire du soir. Chaque semaine je leur dis et répète qu’ils DOIVENT m’aider, faire leur lit, ranger leur chambre et aider les petits à en faire autant. Mon père ne savait pas où le sel était rangé, mon mari sait étendre une lessive. Je fais tout pour que mes fils puissent être de merveilleux compagnons, des adultes instruits et généreux… et je sais la chance que j’ai chaque fois que je les entends me dire, laisse maman, je m’en occupe…

 

218/Comment parler sexe avec son ado…

Il est un peu loin le temps (béni…) où vous faisiez gazou-gazou avec votre bébé sur les genoux. Où vos pensiez que rien ne pourrait jamais vous séparer, qu’entre votre bébé-tout-mignon et vous, ce serait l’osmose parfaite pour toujours…
Votre bébé-tout-mignon le restera peut-être éternellement, il n’empêche qu’il va falloir, un jour, le partager… Vers 13-14 ans, quand il aura les hormones au plafond et avant qu’il ne quitte le nid, vous allez devoir aborder avec lui/elle, ensemble donc, un chapitre que certains pensaient peut-être ne jamais devoir évoquer. (=> ils étaient naïfs, pas vous).

Votre ado grandit, et il/elle va sans doute avoir une vie amoureuse. Honnêtement, souhaitons-le. Pour autant, même si, comme ses concitoyens prépubères, il/elle a le smartphone greffé au bout du bras, et donc, accès à TOUT, ce serait bien d’en parler, d’aborder ce sujet ensemble, histoire de fixer quelques règles et éventuellement, briser quelques tabous. C’est aussi ça, notre rôle de parent, les prévenir, les accompagner et les protéger.

C’est à mon sens primordial d’en parler avec eux. J’y vois deux raisons majeures :
– C’est reconnaître qu’ils ne sont plus des enfants (mais pas encore des adultes).
– Ils ont besoin d’entendre certaines vérités, que leurs copains ne connaissant pas forcément…

Pas facile hein ? Vous hyper-ventilez, vous préféreriez retarder le moment ? Vous ne pensez tout de même pas pouvoir y échapper ? Participer à l’éducation sexuelle de nos enfants, même si ça peut être embarrassant, c’est aussi les laisser poser des questions, leur faire comprendre qu’on reste à leur écoute et évidemment, adapter les réponses à leur âge.

J’écoutais l’autre jour à ce propos une émission sur France Inter, et j’y ai appris en tombant de ma chaise que la moitié des 15-17 ans ont déjà surfé sur un site pornographique… J’ai immédiatement pensé « pas les miens », et puis je me suis mise à douter. Après tout, pourquoi pas eux ? Qu’est-ce qui les aurait mis « à l’abri » ? À quel moment aurions-nous été « plus malins » ? Et puis j’ai eu un semblant de réponse. Mais pour être honnête, j’en ai immédiatement parlé à mon homme et le soir-même, nous avons ré-entamé la discussion avec nos deux ados. Oui, nous avons le privilège délicieux d’avoir non pas un, mais deux ados. (=> le régal !).
Il y a quelques jours donc, nous les avons réunis et je leur ai demandé (en précisant que je ne me fâcherais pas…) s’ils avaient déjà vu des films pornos.

  • Oh non maman, t’inquiète…
  • Et avez-vous des copains (je ne veux pas connaître leur nom) qui ont surfé sur ces sites ?
  • Ouais, plusieurs…
  • Vous ont-ils proposé de les regarder avec vous ?
  • Non, mais même s’ils l’avaient fait, j’aurais refusé.
  • Alors écoutez-nous bien. Votre père et moi, on a eu 15 ans aussi, on a, comme vous, été amoureux. C’est normal. L’époque n’était résolument pas la même mais on a connu, vous vous en doutez, des histoires d’amour, des histoires sans amour et aussi des chagrins.

Parler de sexualité avec nos ados ne veut pas dire parler de NOTRE sexualité. Il ne s’agit pas de nous, mais d’eux. Nos deux aînés étant des garçons (13 et 15 ans), voici, en substance, ce que nous leur avons dit :

  • Règle n° 1

L’amour et la sexualité relèvent du domaine de l’intime. Autrement dit, hors de question d’étaler sur les réseaux sociaux vos relations avec Paule, Pierrette ou Jacqueline. Ni avec Paul, Pierre et Jacques… Ce n’est pas secret, c’est privé. On peut se confier à des amis, dire tout le bien qu’on pense de Lola, mais ON NE PEUT PAS publier sur Facebook/Instagram/Snapchat « je me suis fait Lola hier, c’est rien qu’une chaudasse ». Il est évidemment EXCLU de publier tout ou partie de votre anatomie intime, ainsi que celle de l’être aimé…

  • Règle n° 2

Si une fille vous plaît, mais qu’elle vous dit, t’es un bon copain, mais je ne suis pas amoureuse => ça veut dire NON. Et si elle vous dit, je suis amoureuse de toi, mais je me sens pas encore prête => ça veut dire NON aussi. Hors de question de forcer qui que ce soit à avoir des relations intimes avec vous. Le désir doit être partagé.

  • Règle n° 3

Le jour où vous et votre copine vous sentirez prêts, et bien que ce ne soit pas hyper glamour, CAPOTE obligatoire. Même si la fille vous dit, tu es mon premier amoureux, je prends la pilule, je n’aime que toi, j’ai fait des examens le mois dernier. On ne doute pas forcément d’elle, mais on en meurt de ces conneries…
(Ce sera aussi peut-être l’occasion de développer le sujet contraception, contraception d’urgence, utilisation d’un préservatif et de fournir des réponses claires : la pilule ne protège pas des MST, le préservatif ne peut pas se ré-utiliser. Ce qui nous semble évident ne l’est pas forcément pour eux.)

  • Règle n° 4

L’amour, c’est un drôle de sentiment qui peut donner le vertige. Au mieux, ça donne des ailes. Au pire, ça peut briser des vies. Certaines personnes ont des pratiques qui peuvent paraître choquantes, humiliantes… Si les deux personnes sont ABSOLUMENT consentantes, on s’en fiche. Par contre, ON NE FORCE PERSONNE à faire ci ou ça. JAMAIS.

  • Règle n° 5

On respecte les personnes qu’on a aimées. La base. On a vécu une chouette histoire et puis un jour on se rend compte que finalement ça ne colle plus ? On se le dit poliment, on met fin à une relation qui ne nous épanouit plus. Pas besoin d’être humiliant, irrespecteux ou méchant.

  • Règle n° 6

Rien n’est plus éloigné de l’amour que la notion même de performance. Untel collectionne les filles ? Il se vante d’avoir une nouvelle petite copine et de la faire grimper au 7e ciel ? Grand bien leur fasse. On ne sait jamais vraiment ce qui se passe entre deux personnes. Trouver sa moitié d’orange, ça relève de l’exploit. Rencontrer une belle personne et avoir le privilège de partager l’essentiel et le superflu, le beau et le moins lumineux, se sentir aimé et compris, ça n’est pas donné à tout le monde. Ça se protège.

  • Règle n° 7

On peut parler. Si Lola vous plaque comme un malpropre, si elle vous en fait baver, que vous avez envie de tout envoyer valser ou pire si vous avez des idées noires, IL FAUT EN PARLER. À vos potes, à la psy du lycée, à la mère de Bidule qui est drôlement sympa, à une cousine éloignée, au médecin de famille ou même à vos parents. On ne s’isole pas quand on souffre. Primo, c’est contre-productif, deuxio, parler de sa peine la fera un peu disparaître…

  • Règle n° 8

Chercher l’harmonie. On n’évitera donc de s’embarquer dans une relation toxique, encombrée par la jalousie, la méchanceté ou le manque de respect.

  • Règle n° 9

Elle va durer un jour, un trimestre ou une année. Peut-être même toute une vie. Vous vous souviendrez en tout cas sans doute très longtemps du prénom de votre première histoire d’amour. Chouchoutez-la. Faites en sorte qu’elle demeure un très beau souvenir.

  • Règle n° 10

Respirez, ça va bien se passer…

212/15 piges

Nous devions partir en voyage. En Martinique pour y retrouver des amis très chers (aucun rapport avec le prix du billet…). Voilà, c’était prévu, acté, noté dans les agendas depuis un mois. Aucune raison d’annuler cette parenthèse de douceur.
Deux jours avant le départ (pas rassurée, à l’idée de me cogner 10 heures d’avion…), mal au bide, maux de tête… Je me dis t’inquiète Ginette, c’est rien du tout, ça va passer, stresse pas. J’appelle mon toubib, je lui parle de tout ça, nan je déconne (qui dérange son gynéco pour lui dire qu’elle a mal au bide ? Pas moi. Enfin, en temps normal, pas moi.) Mais les temps n’étaient pas normaux, 8 années de traitements, de faibles hauts et de bas bien bas (=> oui, il y a différents niveaux de « bas »…), de rêves de ventre rond, ça occupe bien l’esprit. Bref, en douce de l’homme, j’appelle mon gynéco donc pour lui dire alors voilà, j’ai juste 10 jours de retard, je suis sûre que ça a encore foiré, et d’ailleurs je m’en fiche, là, je n’y crois plus tellement alors les signaux de dame nature je vais les ignorer, mais bon, j’ai fait un test, il est positif, ça doit être une erreur. On doit partir en voyage. Dans 2 jours. J’annule tout ? (<= finalement, peut-être qu’après tout ce temps, j’allais décider de ne pas ignorer les signaux de dame nature…). Il m’a dit, non, n’annulez rien, faites votre voyage mais revenez me voir en rentrant. OK.

Ce matin, j’ai appelé mon gynéco (<= enfin, sa secrétaire) et je lui ai dit, s’il vous plait mademoiselle, pourriez-vous transmettre un message au docteur Miracle ? Voilà, dites-lui que j’ai appelé, et que je pense bien à lui parce qu’il y a quinze ans tout pile, je suis devenue mère grâce à lui. Mon fils a quinze ans aujourd’hui, il est beau (<= en toute objectivité évidemment), il est grand, il est fort, il est doux, il est chiant (<= mère juive mais pas totalement dingo), il est le paradoxe incarné, il est l’aîné de cette tribu, il est bien dans ses baskets en ce moment, il me fait rire (et douter), mais grâce à lui, depuis quinze belles années, et jusqu’à mon dernier souffle, je savoure ma chance d’être sa mère. Dites-lui tout ça d’accord ? Elle m’a dit aucun problème, je vais lui transmettre votre message tout de suite, je suis certaine qu’il sera content, au fait comment s’appelle votre fils ? Il porte le nom d’un ange. Elle a laissé un blanc et m’a répondu, alors si je peux me permettre, souhaitez-lui un très bel anniversaire aussi de ma part. J’ai dit merci, oui, bien sûr. Et puis j’ai séché ma larme. Elle avait ce matin le goût du bonheur.

211 / L’enfant préféré(e)

Ouh la ! Voici le tabou number one de la vie parentale : j’ai nommé le chouchou des parents ! Oui, je me lance dans ce sujet car en ce qui concerne, il ne l’est pas (tabou, vous suivez ?).

Avec une joyeuse tribu de cinq zouaves, on pourrait se dire, pourquoi pas, et ce ne serait pas totalement délirant, que j’en préfère un, ou une. Je ne vais pas davantage faire durer le suspense. Je n’ai pas de préférence pour un de mes enfants. Je les déteste tous ! (Mais non, n’appelez pas la DASS, je plaisante… )

Par contre, j’ai des affinités particulières avec eux, différemment. Et je m’en vais vous en faire la liste :

  • n° 5 (5 ans, la petite dernière) est mon clone. Total. Même trogne, même humour, elle me ressemble à un point assez dingo (le bazar en moins !). Ce miroir n’a pas je pense d’influence sur mon ego, mais je la comprends très vite. Pour autant, je ne la trouve pas « plus » sympa parce qu’elle est comme moi… Elle est quand même très très facile à vivre, tous ceux qui la connaissent sont d’accord sur ce sujet : cette môme, c’est un rayon de soleil.
  • n° 4 (7 ans) est plus sombre, un poil plus intello-prise-de-tête… Ultra sensible (pardon hein, mais chiante donc !). Son petit côté artiste en herbe me fascine totalement. Ma petite blonde, c’est la grâce incarnée. Elle fait de la danse classique, de l’alto (je vous en reparlerai…) et surtout, elle dessine. Autant vous dire que ce gêne-là, je ne sais pas où elle est allée le chercher ! Toujours très appliquée, délicate. Patiente => je m’énerve plus souvent avec elle : ma devise étant le mieux est l’ennemi du bien, sa tendance perfectionniste me vrille facilement les nerfs. Mais je me soigne.
  • n° 3 (9 ans) est to.ta.le.ment perché. Barré. Très très haut. De fait, il a toujours deux trains de retard, enregistre une info avec 3 jours de retard, ce qui crée souvent de bonnes tranches de rire. Par exemple, il y a 18 mois, nous avons changé de mini-bus. En avril. On n’a pas publié l’info dans les journaux, mais bon, je les emmène tous les jours à l’école. On est parti en vacances avec (2 fois 1200 bornes…). En septembre, un soir, il me demande :

                      – On a changé de voiture ?
– ???
– Bah oui, elle est nouvelle cette voiture, non ?
– Non.

Voilà-voilà. Je passe à confesse, moi je suis le degré zéro de la bulle. Je ne plane pas, je suis très terre-à-terre alors oui, celui-là, il me surprend sans cesse. Je ne suis pas DU TOUT faite comme lui, mais je l’adore. Il nous fait tellement rire. Et puis il sourit tout le temps, tout en tendresse. Calme. Je l’ai souvent dit, c’est grâce à lui que nous en avons eu deux autres. Il est tellement facile…

  • n° 2 (12 ans), c’est le clone de son père, l’humour en moins… Hyper efficace, là où on l’attend. Très fin, il sait quand il doit arrêter de déconner jouer avec mes nerfs… Je n’ai pas besoin de lui faire une explication de texte => ok maman, j’ai compris, t’inquiète. Plutôt serviable. Lui et moi, pourtant très différents, on se comprend 5/5. Et puis, il fait les meilleurs pan-cakes de Chartres ! (En toute modestie, bien sûr.) 
  • Quand je regarde n° 1 (14 ans), j’ai l’impression de me revoir ado. Il a ses potes, sa musique, son sport. Un certain équilibre que l’on surveille malgré tout. Il me ressemble pas mal physiquement mais avec lui que j’ai longtemps stagné au niveau -10 de la patience. Dieu qu’il met mes nerfs à rude épreuve ! Il est d’une lenteur… Mais je suis très très fière de sa force tranquille. Ce bel ado, je l’ai pourtant mis au monde hier, ou presque…

Nos 5 enfants sont très différents, entre eux, et de nous, leurs parents. Pas besoin de vous dire que je les adore tous. Que j’apprends avec chacun d’eux, qu’ils ont fait de moi la mère râleuse que je suis et que notre unique objectif est de les rendre forts pour appréhender seul(e)s ce monde qui leur tend les bras. Et aussi de leur apprendre à faire leur lit chaque matin, mais là, il reste encore pas mal de taf !

Mais vous ? Est-ce que vous avez plus d’affinités avec un de vos enfants ?

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