226 / Apprendre une leçon d’histoire au collège > un peu de méthodo

Ce week-end avec mes 2 mignonnes, on a ressorti les sandales à fleurs et les robes à paillettes (ou l’inverse je ne sais plus, ce soleil c’était l’ivresse totale)… Un 15 octobre, je vous le dis, Suzette, y a plus de saison ! J’ai même pris le temps de siroter un jus sur ma petite terrasse, en profitant de ces rayons sans nuage. Je me remettais à peine de l’uppercut provoqué par le film Detroit de Kathryn Bigelow (sur les émeutes raciales aux États-Unis l’été 67) (> Si vous ne m’avez pas vu, foncez.).

Et puis ma sœur m’a appelée. On a disserté longuement sur les différences de températures (on est de vraies intellos que voulez-vous) mais très vite elle m’a quand même dit, la petite a une interro en histoire mercredi, on y a passé plusieurs jours mais rien à faire, elle ne comprend pas ! Ça ne rentre pas. Tu peux pas l’aider ?
– Maintenant ?
– Bah oui, la semaine prochaine en fait il sera un peu tard… (#PasFaux)

Comment vous dire…

Quand j’étais en CM2, mon instituteur fermait les rideaux quand il se préparait à nous raconter l’Histoire… Il nous mettait dans l’ambiance, posait son mètre quatre-vingt-dix délicatement sur son bureau (si ça se trouve, il mesure 1,30 m, mais dans ma mémoire de gamine, il était grand, fort, et surtout, surtout, passionnant)…
Pas de livre ni de power point au mur mais je peux vous dire qu’on entendait les mouches voler tant ces récits nous abreuvaient. Quelques années plus tard, j’étais donc sur les bancs de la Fac, en Histoire. (Transmission tout ça…)
Si je raconte ça à ma petite nièce adorée, je doute que ça fasse avancer le schmilblick. J’aime toujours autant l’histoire, je suis le nez dedans depuis toujours grâce à mon boulot. J’ai donc, depuis, éprouvé quelques techniques pour que mes fils comprennent, apprennent et tant qu’à faire aiment (pas que pour la rime…) l’Histoire.

Dans ma grande bonté, je me suis dit que j’allais partager tout ça avec vous. Ce blog, c’est quand même aussi pour ça (> le partage). Vous suivez ? Pas de baguette magique ici non plus, juste quelques pistes qui pourront aider quelques-uns. Il y a probablement autant de façons d’apprendre une leçon que d’élèves, mais ces petits outils-là fonctionnent plutôt bien ici. Je vous épargne le topo sur le fait qu’il ne faut pas s’y prendre la veille pour le lendemain…

1/ Le contexte :
Primo, au collège, il faut apprendre les définitions et les mots de vocabulaire. Comment voulez-vous comprendre l’Occident féodal au XIIe siècle si vous ignorez le sens de « féodalité » et si les Capétiens ne vous évoquent rien ?

Pour schématiser, l’Histoire au collège, c’est une chronologie, des acteurs (personnages) et des lieux précis. Il faut être capable de situer les évènements pour les comprendre, dans le temps et dans l’espace.

2/ Il doit « connaître » les grandes lignes des personnages-clés : la vie de Charlemagne, son rôle… (Si c’est une leçon sur les Carolingiens. Parce que si la leçon porte sur l’urbanisation dans le monde, on s’en fiche un peu, en fait, du grand Charles…).

3/ Situer :
Grâce à mon meilleur ami Google, j’imprime une carte (ou je photocopie celle du livre). Je vire les noms propres (ou je les masque) et je lui demande de les replacer. (Action => réaction).

4/ Comprendre
Pour s’assurer que votre enfant a compris sa leçon et particulièrement si vous n’avez pas votre CAPES d’histoire, demandez-lui de vous « raconter » sa leçon. Comme vous n’y connaissez rien, posez-lui simplement des questions de bon sens. Il doit pouvoir y répondre… Mais pour l’aider à structurer sa pensée, orientez ses réponses :

  • Quel est le thème de sa leçon ? (la base…)
  • Quels sont les personnages-clés ?
  • Où cela se passe-t-il ? (parfois, ce sera une région : en Orient ; parfois, il faudra situer précisément > à Florence, si on parle de Michel-Ange par exemple)
  • Pourquoi ?
  • Comment ?

Je me souviens aussi qu’en 6e, le prof de mon fils demandait aux élèves d’imaginer 5 questions à poser sur le cours. Et d’y répondre. Au début, on était un peu sceptiques et puis finalement, c’est plutôt pas mal comme démarche :

  • Qu’est-ce qu’une seigneurie ?
  • Quelle est la place de l’église au Moyen-Âge ?
  • Qui est le seigneur ?
  • Comment exerce-t-il son autorité ?
  • Quels étaient les liens entre seigneurs et paysans ?

Autant de questions qu’on ne peut poser si on n’a pas relu attentivement son cours…

5/ L’aider à réciter (restituer ses connaissances)
Reprenez son cours (ou celui du manuel, ils sont très bien faits) et faites des phrases à trous : « C’est ??? qui pendant la bataille de ???? a permis aux ???? et aux ??? de ??? ».

6/ Pour réviser :
Je vous recommande à tous le site (ou l’appli) Kartable :

  • c’est gratuit…
  • il y a des cours et des quiz qui permettent de s’auto-évaluer
  • c’est apprendre différemment

Il y a plein d’autres sites et d’autres applis bien sûr. Mais pas besoin d’en utiliser 20 000. Le cours + le manuel, c’est normalement bien suffisant…

7/ Apprendre autrement :
Si rien ne rentre, il y a le cinéma  (Jeanne d’Arc, Germinal), les musées, les expos, les livres (les récits de chevaliers ne manquent pas, le roi Arthur, Robin des Bois…). Dans ce cas-là, bien sûr, c’est « romancé », il y a la mise en scène et la liberté du réalisateur ou de l’auteur mais ça peut vraiment aider à comprendre une époque.

Vous ne savez pas quoi faire pendant les vacances de la Toussaint ? Emmenez-les visiter le chantier médiéval du château de Guédelon, en Bourgogne. Bonheur garanti pour toute la famille ! Et si votre mignonne vous regarde l’un air désespéré et vous murmure «  J’aime pas l’histoire », redites-lui qu’elle est la mémoire de notre monde, qu’elle est vivante et qu’elle n’a pas de fin…

Et… bon courage !

PS > Si vous avez d’autres astuces, je suis preneuse.histoire.png

225 / Rester zen

Le mois de septembre est à peine terminé, à regarder les cernes de mes proches et les to-do lists s’allonger, il semblerait que le tourbillon de la rentrée ait déjà fait quelques dégâts. La faute au temps qui passe trop vite, aux journées de dingues que nous avons toutes, à devoir gérer le boulot, la famille, l’amoureux, les enfants…

Nous y voilà. En septembre donc ils ont repris les chemins de l’école, et nous on a assisté à toutes les réunions avec les instits/profs en primaire, au collège et au lycée… On a entendu les recommandations, les nouveaux programmes, les problèmes de discipline, de concentration, d’autorité… Et on se promet que cette année on n’attendra pas mars pour trouver des solutions…

Je suis formatrice en orthographe depuis plusieurs années. J’enseigne la méthode Anne-Marie Gaignard à des enfants, à des ados et à des adultes. Sauf si vous vivez sur Mars, vous n’avez pas pu échapper aux reportages dans les médias (télé/radios/journaux) concernant la rentrée scolaire. Parmi les banalités du genre, j’y ai trouvé plusieurs articles très intéressants (et certains carrément alarmants) sur le niveau de nos enfants. Le faible niveau en français fait enfin du bruit. Car les fautes d’orthographe sont partout > dans les cahiers de nos enfants, dans les rapports de stage de nos ados, mais aussi dans les mails de nos collaborateurs (« Oh, dans un mail, c’est pas si grave… »), dans les publicités affichées 4 par 3 (« C’est qu’une pub, t’énerve pas… »), et aussi évidemment dans les journaux et dans les livres.

Alors quoi ? Qu’est-ce qu’on fait ? Rien ? Si, on se bouge et on réapprend les bases. C’est possible. Mais c’est du travail. L’orthographe, ce n’est pas comme le vélo, il faut pratiquer, s’entraîner, apprendre. Bref, il faut tra.vail.ler. Pas de baguette magique mais en quelques heures, on peut être autonome, apprendre à se relire et reprendre enfin confiance en soi.

L’idée, c’est de prendre l’enfant (ou l’ado) là où il en est et le tirer vers le haut. Certains confondent « simplement » les terminaisons en –er et en –é et s’emmêlent les stylos avec les homophones on/ont, à/a, ou/où… Mais d’autres personnes ont de grosses lacunes, dues pour la plupart à des ratages dans l’apprentissage de la lecture. Dans tous les cas, on apprend à s’écouter écrire, et à s’écouter lire.

Depuis plusieurs mois, j’enseigne la méthode d’Anne-Marie Gaignard sur ZenEduc, un site de coaching exclusivement en ligne. Pourquoi ? Parce que c’est simple. Parce qu’après une journée au lycée, l’ado n’a plus de temps à perdre dans les transports. Alors on prend rendez-vous et on se connecte à l’heure qu’il a choisie. Qu’il vive à Toulouse, à Bruxelles ou en Haute-Savoie, peu importe. On se connecte et on travaille, au calme. Mais on s’amuse aussi… Oui, parce qu’on peut s’amuser avec l’orthographe. En la détricotant, en jouant avec, on arrive à comprendre sa logique. Simple, rapide, efficace, en moins de 20 heures on sort du calvaire des accords de participes passés et on reprend plaisir à écrire… et aussi à lire !

D’ailleurs, si votre enfant a des blocages en mathématiques, il peut également trouver un coach qui appliquera les méthodes de Michel Vigier, ingénieur et prof de mathématiques. Le blocage en mathématiques , lui non plus, n’est pas une fatalité. Les outils d’acquisition des fondamentaux existent et ont été validés par les expériences terrains successives menées entre 2004 et 2016 par les équipes de Michel Vigier. En s’appuyant sur les découvertes récentes en neurosciences et en pédagogie, Michel Vigier a développé une méthodologie ludique et efficace basée sur l’utilisation du boulier didactique (numération) et des tableaux (addition/soustraction, multiplication/division, pourcentage et proportionnalité).

Mais sur ZenEduc, il y a deux pôles. L’espace Educ (français, mthématiques, mémorisation…) et l’espace Zen. Parce que le métier de parent ne s’enseigne dans aucun livre, parce qu’on a tous les mêmes angoisses à base de : « Comment faire pour qu’il m’obéisse ? », « Rien ne l’intéresse, il me désespère… », « Comment éduquer sans punir ni crier ? », « J’ai un enfant précoce, comment l’aider en développant son potentiel »…
Alors sur l’espace Zen on peut choisir son module et bien sûr, son coach. En fonction de vos attentes, de votre caractère et de celui de votre enfant, Sandrine Dirani, la fondatrice et directrice du Site vous orientera vers le coach approprié.

Et si, comme beaucoup de parents, vous vous trouvez face à un silence glaçant quand vous posez à vos enfants en 1re ou en Terminale les questions fatidiques : « Que veux-tu faire plus tard? », « Qu’est-ce qui t’intéresse? »,  « Vers quoi souhaites-tu t’orienter? », la formation STRONG est faite pour vous et votre enfant.

L’idée, c’est qu’on fait tous ce qu’on peut. Et parfois, on peut faire beaucoup en déléguant…

Pour en savoir plus, découvrez ZenEduc avec cette vidéo de présentation.

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224 / Les devoirs de l’ado

Je n’ai jamais eu aucun scrupule à dire aux petits, puis aux grands, et maintenant aux ados, que je ne ferais jamais TOUT à leur place… Leur chambre leur appartient mais c’est une des pièces de la maison, moyennant quoi, même si je n’exige pas qu’elles soient nickel H24, un petit ménage/rangement hebdomadaire, ça me semble une saine habitude. Non ? Si. Hors de question de ramasser leur linge par terre et de ranger leur bureau.

L’idée, c’est le partage. Chacun fait ce qu’il fait le mieux pour aider la tribu. Ici, par exemple, ce sont les ados qui tondent notre petit carré de verdure, les petits vident souvent le lave-vaisselle, les grands étendent les lessives, prennent le relais dans la cuisine quand je n’y suis pas, aident ponctuellement aux devoirs des petits…

Mais. Oui, il y a un mais… il y a toujours un moment où ça dérape. Où rien ne va, où j’ai l’impression que les acquis n’en sont pas. Bref, en un mot comme en mille, un fucking moment où ça part en sucette. Et là, au mieux je râle, au pire je dévisse…

Alors je rabâche les devoirs de l’ado :

1. Tu cherches, tu trouves…
Ras-le-bol d’entendre le sempiternel je trouve plus mon cahier de maths, mamaaaaaan, t’aurais pas vu ma trousse ? Elle n’est forcément pas loin, malheureusement pas à sa place mais impossible qu’elle se trouve dans ma chambre ni dans celle des petites. Autrement dit, quand ils débarquent, avec leur mine de pauv’ être, en me demandant de l’aide, alors que bon, objectivement, dans ce cas précis je ne suis D’AUCUNE utilité, je répète > CHERCHE. ET TROUVE. Pas compliqué, si ? Parce que, comme par miracle, la trousse réapparaît TOUJOURS.

2. D’abord, tu fais ce que tu dois, et ensuite seulement, ce que tu veux…
Dans les faits, ça veut dire qu’en rentrant de l’école, tu poses ton sac et tu pends ton blouson. Ensuite tu prends le temps de goûter. Évidemment, tu laisses place nette (évidemment…) et tu enchaînes gentiment par tes devoirs. À partir du collège, je ne veux plus entendre j’ai pas de devoirs… Même si les profs n’ont rien donné, il FAUT relire les cours du jour et éventuellement, s’avancer. Le graal.

Quand tout ça est fait, tu files à la douche. Comme on est sept et que le ballon d’eau chaude n’est pas extensible, la douche reste… une douche. 10 mn max. Bien sûr, le linge sale se dépose immédiatement dans le panier prévu à cet effet et le peignoir se pend dans la foulée. La base.
À vous 5, vous consacrerez 3 mn max au couvert, vous vous organisez comme vous voulez, vous faites des tours, des fiches, des séries, je m’en fiche mais… c’est VOUS qui mettez le couvert.

Car après ? Quartier libre mes trésors, jusqu’au dîner. On apprécie à sa juste valeur la phrase magique « Qu’est-ce que je peux faire maman pour t’aider ? » mais on l’entend rarement. Pour autant, chaque fois que l’ado, en plus de débarrasser son assiette, prend celles des ses frères et sœurs (ou mieux, la mienne !), je regarde mon homme en suspectant une requête imminente. Pourtant, il faut bien l’avouer, l’ado oublie parfois son nombril et dans un acte de générosité assez ahurissant, parvient à aider son prochain sans forcément réclamer une paire de baskets à one million dollars.

3. Tu gères tes activités (matériel et temps de transport)
Avec mon homme, nous sommes absolument convaincus de l’intérêt du sport. Pour eux comme pour nous. Nos 5 enfants ont donc leur dose presque quotidienne. Et autant il me paraît normal de vérifier le sac de danse de ma mignonne de 6 ans, autant je trouve légitime d’exiger de l’ado qu’il prépare son sac À L’AVANCE, n’oublie pas sa carte de bus et range le-dit sac dès son retour. Les vêtements vont d’ailleurs directement dans la panier à linge sale (l’ado embaume pas mal, sachez-le…), sans passer par la case je moisis quatre jours dans le sac. Avouez que ça aurait de la gueule si je n’avais pas besoin de rabâcher ce petit triptyque chaque semaine… Alors je tiens bon, je ne plie pas, je ne le fais pas à leur place, mais je râle. Autant dire que ce n’est pas tous les soirs la mélodie du bonheur. Comme dirait Florence Foresti, « ce sont mes deux piliers d’éducation > crier, courir… »

C’est pourtant ça aussi, notre rôle > ne pas perdre de vue nos petits principes, essayer de leur transmettre nos valeurs, répéter que le partage est la seule solution. Écouter leurs requêtes et leurs besoins aussi, et tenter de les convaincre que la famille est le refuge de leur enfance, que l’école est une chance et surtout, surtout, qu’on ne joue pas au ballon dans le salon !

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223 / La rentrée… organisée !

Vaste projet !
Nous sommes rentrés hier soir après trois fabuleuses semaines de vacances. Ou plutôt trois semaines de vacances fabuleuses. C’est mieux comme ça.

Je vous épargne le détail de ces vacances, mon petit doigt me dit que vous vous en fichez comme de votre premier cornet de glaces… Mais sachez (donc, en fait, je vous raconte) (un peu…) que nous avons passé une semaine sous le soleil de la Baule, puis 3 jours chez des amis en Provence, suivis de 3 autres jours dans l’Aveyron, et terminé ce petit tour de France par une semaine à Morzine, en Haute-savoie. Je crois qu’on a roulé pas loin de 3 000 bornes ! On s’est d’ailleurs aperçus que notre mini-bus devenait vraiment trop mini (la faute à l’ado qui ne cesse de grandir…). Mais nous avons vaincu ! D’autant plus brillamment que les ados étaient privés de leur joujou favori (≠AdoSansPortable). Yeah !

Cette année j’avais en effet décidé de ne pas passer pour la mégère énervée (doux pléonasme) qui hurle sur ses ados pour qu’ils lâchent l’engin. Action => réaction. Mon homme et moi on s’est donc dit que le plus simple (et aussi le plus drôle, faut bien l’avouer) était de ne pas les autoriser à prendre leur portable. Pendant trois semaines. J’aurais dû les prendre en photo (les ados, pas les portables…) à l’annonce de cette grande décision. Mais plus j’y pense, plus je me rends compte finalement qu’ils ne m’ont pas crue, au début. Genre elle dit ça mais elle va se détendre, elle ne va pas oser. Eh si !

Et d’ailleurs, évidemment, ils s’en sont fort bien passés. Je vous ferai d’ailleurs (si j’ai le temps) (≠rêve) un petit billet sur l’ado avec portable vs l’ado sans portable. La 2e version étant, vous l’imaginez bien, nettement plus réjouissante !

Bref, nous sommes donc rentrés hier soir et suivant le fameux adage « ce qui est fait n’est plus à faire », je me suis surpassée. (Sinon, oui, mes chevilles vont bien…) Primo, parce que je démarre dès demain très tôt par trois jours à la Capitale. Ce sera trois journées-marathons, desquelles je rentrerai trop tard (et surtout trop naze) pour enquiller quoi que ce soit. Mais peut-être, surtout, parce que je suis fraîche et rose après ces vacances bien reposantes. À moins que ce ne soit ma petite résolution de la fin de l’année : histoire de ne pas sombrer trop vite dans le tourbillon de septembre…

Visez donc un peu :
– tout le linge est lavé-repassé et rangé (celles qui savent savent… 😂)
– les goûters et yaourts jusqu’à mercredi ok
– mes cours pour ces 3 jours sont revus/rangés/prêts
– mes billets de train réservés en ligne
– les fournitures scolaires (commandées avant notre départ) arriveront demain matin
– les cartes de bus des enfants sont réceptionnées
– les certificats médicaux pour les activités sportives sont prêts (faits en juillet)

Les enfants ont donc une dernière semaine de douceur devant eux avant la rentrée. J’ai quand même demandé aux deux ados de désherber le potager qui n’a pas survécu en notre absence. J’ai aussi signifié mon espoir de me mettre les pieds sous la table lundi, mardi et mercredi soirs car je rentrerai très tard. J’aimerais bien, donc, ne pas gérer l’intendance… Wait and see.

Et puis après ? Après, on va tacher de rester zen, quitte à en faire un peu moins, et diminuer la pression… En ce qui me concerne, le maître-mot ce sera l’organisation. Celle-là même qui, quand elle fait défaut, me fait glisser lentement mais sûrement sous l’eau… Je ne sais pas si je vais réussir, j’ai beaucoup de beaux projets cette année, si j’en réalise la moitié ce sera déjà super, et je sais que pour ça, il va falloir être en forme, dormir mieux et plus, s’accorder du temps, s’autoriser des erreurs, profiter de la tribu et rester raisonnable quant à nos objectifs à tous. On en reparlera mais d’ici-là, je vous souhaite à toutes une très belle rentrée. J’espère que vous avez pu vous reposer, profiter des vôtres, vous prélasser et surtout, rêver…

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219 / Ma charge mentale

Comme vous toutes probablement, j’ai lu pas mal d’articles la semaine dernière à propos de la charge mentale, ce syndrome des femmes épuisées. Ce ras-le-bol, ce break-down que connaissent toutes les femmes (pas seulement les mères d’ailleurs) qui réussissent à faire tenir trois journées dans une, à jongler entre vie pro et vie perso, tout en essayant de rester coquette, avec les ongles joliment vernis et le sourire de façade qui va toujours bien.

À l’image du billet fort intéressant de Quatre enfants, j’ai voulu lister ma charge mentale de la semaine passée, histoire de poser ici tout ce que beaucoup (d’hommes, soyons clairs) n’imaginent même pas. Parce que tous les hommes que je connais bossent. Ils ont des enfants mais rentrent tard. Oh zut, pas le temps pour eux malheureusement de gérer les devoirs, les douches et les repas. Juste celui de se glisser les pieds sous la table et d’aller embrasser leur(s) merveille(s)…

Le mien travaille avec moi, j’ai la chance inouïe de l’avoir à mes côtés. Il sait donc, puisqu’il voit. Il fait les courses (alléluia) mais, je gère les allers-retours à l’école, les devoirs, les mots aux instits, les anniversaires chez les copains, les anniversaires à la maison, les inscriptions sport/musique…, les repas, les bagarres dignes d’un conflit palestinien, les gueulantes, les couchers, les histoires et les très très rares cauchemars…

La semaine passée donc, j’ai dû :

  • penser à l’anniversaire de ma blonde (cadeaux, gâteaux, repas de fête)
  • relancer l’entreprise qui va accueillir n° 1 pour son stage en juin
  • répondre au prof de la section-rugby pour l’inscription de n° 2 l’an prochain
  • penser à la répétition de ma blonde pour son spectacle de fin d’année
  • acheter des fiches Bristol pour n° 1
  • acheter le livre demandé par la maîtresse de n° 3
  • prendre RV chez le dermato pour n° 2
  • échanger 12 000 mails avec ma comptable pour le (fucking) bilan
  • annuler un déj avec une copine (rapport à mon bilan qui n’avançait pas…)
  • prendre rendez-vous avec notre merveilleuse coiffeuse à domicile pour les enfants et mon homme (j’ai quant à moi, résolu le problème, je vais le coiffeur tous les 5 ans, je gagne un temps fou !)
  • filer à la papèterie en urgence pour acheter une feuille A2 pour l’exposé de n° 3
  • aider n° 3 à faire son exposé donc…

S’il n’est pas spécialement question ici de se plaindre, ni de détailler le travail de fourmis que nous accomplissons toutes, il s’agit quand même de mettre un petit mot, en passant, sur cette fatigue qui ne disparaît pas, cet abattement que j’ai personnellement chaque soir vers 20h30, ce drôle de sentiment d’épuisement. Alors bien sûr, quand la nuit est bonne (et la musique aussi, coucou Jean-Jacques), on repart toutes de bon matin, fraîches et roses, prêtes à… recommencer. Et quand, à force d’épuisement, on ose un tu pourrais peut-être me filer un coup de main, genre étendre la lessive et gérer les disputes, et qu’on essuie le fameux « fallait le dire », on en rirait presque si ça n’était pas si douloureux.

La clé ? Éduquer nos fils. Oui, parce qu’on ne va pas se mentir, cette charge mentale nous est exclusivement réservée. Raison pour laquelle, nos fils tondent, vident le lave-vaisselle, repassent TOUT le linge quand ils sont en vacances, savent préparer quelques repas basiques (steak, pâtes, salade…) et me relaient de temps en temps pour l’histoire du soir. Chaque semaine je leur dis et répète qu’ils DOIVENT m’aider, faire leur lit, ranger leur chambre et aider les petits à en faire autant. Mon père ne savait pas où le sel était rangé, mon mari sait étendre une lessive. Je fais tout pour que mes fils puissent être de merveilleux compagnons, des adultes instruits et généreux… et je sais la chance que j’ai chaque fois que je les entends me dire, laisse maman, je m’en occupe…

 

218/Comment parler sexe avec son ado…

Il est un peu loin le temps (béni…) où vous faisiez gazou-gazou avec votre bébé sur les genoux. Où vos pensiez que rien ne pourrait jamais vous séparer, qu’entre votre bébé-tout-mignon et vous, ce serait l’osmose parfaite pour toujours…
Votre bébé-tout-mignon le restera peut-être éternellement, il n’empêche qu’il va falloir, un jour, le partager… Vers 13-14 ans, quand il aura les hormones au plafond et avant qu’il ne quitte le nid, vous allez devoir aborder avec lui/elle, ensemble donc, un chapitre que certains pensaient peut-être ne jamais devoir évoquer. (=> ils étaient naïfs, pas vous).

Votre ado grandit, et il/elle va sans doute avoir une vie amoureuse. Honnêtement, souhaitons-le. Pour autant, même si, comme ses concitoyens prépubères, il/elle a le smartphone greffé au bout du bras, et donc, accès à TOUT, ce serait bien d’en parler, d’aborder ce sujet ensemble, histoire de fixer quelques règles et éventuellement, briser quelques tabous. C’est aussi ça, notre rôle de parent, les prévenir, les accompagner et les protéger.

C’est à mon sens primordial d’en parler avec eux. J’y vois deux raisons majeures :
– C’est reconnaître qu’ils ne sont plus des enfants (mais pas encore des adultes).
– Ils ont besoin d’entendre certaines vérités, que leurs copains ne connaissant pas forcément…

Pas facile hein ? Vous hyper-ventilez, vous préféreriez retarder le moment ? Vous ne pensez tout de même pas pouvoir y échapper ? Participer à l’éducation sexuelle de nos enfants, même si ça peut être embarrassant, c’est aussi les laisser poser des questions, leur faire comprendre qu’on reste à leur écoute et évidemment, adapter les réponses à leur âge.

J’écoutais l’autre jour à ce propos une émission sur France Inter, et j’y ai appris en tombant de ma chaise que la moitié des 15-17 ans ont déjà surfé sur un site pornographique… J’ai immédiatement pensé « pas les miens », et puis je me suis mise à douter. Après tout, pourquoi pas eux ? Qu’est-ce qui les aurait mis « à l’abri » ? À quel moment aurions-nous été « plus malins » ? Et puis j’ai eu un semblant de réponse. Mais pour être honnête, j’en ai immédiatement parlé à mon homme et le soir-même, nous avons ré-entamé la discussion avec nos deux ados. Oui, nous avons le privilège délicieux d’avoir non pas un, mais deux ados. (=> le régal !).
Il y a quelques jours donc, nous les avons réunis et je leur ai demandé (en précisant que je ne me fâcherais pas…) s’ils avaient déjà vu des films pornos.

  • Oh non maman, t’inquiète…
  • Et avez-vous des copains (je ne veux pas connaître leur nom) qui ont surfé sur ces sites ?
  • Ouais, plusieurs…
  • Vous ont-ils proposé de les regarder avec vous ?
  • Non, mais même s’ils l’avaient fait, j’aurais refusé.
  • Alors écoutez-nous bien. Votre père et moi, on a eu 15 ans aussi, on a, comme vous, été amoureux. C’est normal. L’époque n’était résolument pas la même mais on a connu, vous vous en doutez, des histoires d’amour, des histoires sans amour et aussi des chagrins.

Parler de sexualité avec nos ados ne veut pas dire parler de NOTRE sexualité. Il ne s’agit pas de nous, mais d’eux. Nos deux aînés étant des garçons (13 et 15 ans), voici, en substance, ce que nous leur avons dit :

  • Règle n° 1

L’amour et la sexualité relèvent du domaine de l’intime. Autrement dit, hors de question d’étaler sur les réseaux sociaux vos relations avec Paule, Pierrette ou Jacqueline. Ni avec Paul, Pierre et Jacques… Ce n’est pas secret, c’est privé. On peut se confier à des amis, dire tout le bien qu’on pense de Lola, mais ON NE PEUT PAS publier sur Facebook/Instagram/Snapchat « je me suis fait Lola hier, c’est rien qu’une chaudasse ». Il est évidemment EXCLU de publier tout ou partie de votre anatomie intime, ainsi que celle de l’être aimé…

  • Règle n° 2

Si une fille vous plaît, mais qu’elle vous dit, t’es un bon copain, mais je ne suis pas amoureuse => ça veut dire NON. Et si elle vous dit, je suis amoureuse de toi, mais je me sens pas encore prête => ça veut dire NON aussi. Hors de question de forcer qui que ce soit à avoir des relations intimes avec vous. Le désir doit être partagé.

  • Règle n° 3

Le jour où vous et votre copine vous sentirez prêts, et bien que ce ne soit pas hyper glamour, CAPOTE obligatoire. Même si la fille vous dit, tu es mon premier amoureux, je prends la pilule, je n’aime que toi, j’ai fait des examens le mois dernier. On ne doute pas forcément d’elle, mais on en meurt de ces conneries…
(Ce sera aussi peut-être l’occasion de développer le sujet contraception, contraception d’urgence, utilisation d’un préservatif et de fournir des réponses claires : la pilule ne protège pas des MST, le préservatif ne peut pas se ré-utiliser. Ce qui nous semble évident ne l’est pas forcément pour eux.)

  • Règle n° 4

L’amour, c’est un drôle de sentiment qui peut donner le vertige. Au mieux, ça donne des ailes. Au pire, ça peut briser des vies. Certaines personnes ont des pratiques qui peuvent paraître choquantes, humiliantes… Si les deux personnes sont ABSOLUMENT consentantes, on s’en fiche. Par contre, ON NE FORCE PERSONNE à faire ci ou ça. JAMAIS.

  • Règle n° 5

On respecte les personnes qu’on a aimées. La base. On a vécu une chouette histoire et puis un jour on se rend compte que finalement ça ne colle plus ? On se le dit poliment, on met fin à une relation qui ne nous épanouit plus. Pas besoin d’être humiliant, irrespecteux ou méchant.

  • Règle n° 6

Rien n’est plus éloigné de l’amour que la notion même de performance. Untel collectionne les filles ? Il se vante d’avoir une nouvelle petite copine et de la faire grimper au 7e ciel ? Grand bien leur fasse. On ne sait jamais vraiment ce qui se passe entre deux personnes. Trouver sa moitié d’orange, ça relève de l’exploit. Rencontrer une belle personne et avoir le privilège de partager l’essentiel et le superflu, le beau et le moins lumineux, se sentir aimé et compris, ça n’est pas donné à tout le monde. Ça se protège.

  • Règle n° 7

On peut parler. Si Lola vous plaque comme un malpropre, si elle vous en fait baver, que vous avez envie de tout envoyer valser ou pire si vous avez des idées noires, IL FAUT EN PARLER. À vos potes, à la psy du lycée, à la mère de Bidule qui est drôlement sympa, à une cousine éloignée, au médecin de famille ou même à vos parents. On ne s’isole pas quand on souffre. Primo, c’est contre-productif, deuxio, parler de sa peine la fera un peu disparaître…

  • Règle n° 8

Chercher l’harmonie. On n’évitera donc de s’embarquer dans une relation toxique, encombrée par la jalousie, la méchanceté ou le manque de respect.

  • Règle n° 9

Elle va durer un jour, un trimestre ou une année. Peut-être même toute une vie. Vous vous souviendrez en tout cas sans doute très longtemps du prénom de votre première histoire d’amour. Chouchoutez-la. Faites en sorte qu’elle demeure un très beau souvenir.

  • Règle n° 10

Respirez, ça va bien se passer…

216 / L’ado. En 10 points.

Vous êtes à peine sortie des couches et des « maman, tu m’as pas fait le bisouuuuu », et vous avez brillamment survécu au fucking terrible two. Vous avez donc bien fait de profiter d’un petit répit plutôt merveilleux. Ce temps béni ou l’enfant découvre l’école, y apprend à enfiler son manteau et à faire ses lacets. Sans vous. Oh joie !  Certes, le soir vous attaquez le 2e round de votre journée mais à 20h si votre moitié vous aide (si, si, ça existe…) bon allez, à 21 heures max vous êtes pé-nar-de. Naze, mais tranquillou. À vous les séries sur Netflix  devant un plateau-repas, les soirées en amoureux à la cool.

Et puis, sans vraiment crier gare, l’ado pointe le bout de son nez. Assez insidieusement. Certes vous percevez malgré tout quelques signes, quand vers 10-11 ans, il/elle commence à lever les yeux au ciel alors que vous osez demander si sa journée s’est bien passée ou pire… s’il/elle envisage de ranger sa piaule avant l’hiver prochain.

Pas drôle.

Alors oui, vous avez bien quelques bons copains qui ont « des grands ». Ils vous ont d’ailleurs lancé plusieurs perches… profite tant qu’ils sont si petits, le nôtre fait la gueule un jour sur deux… Mais non, chez vous tout se passera bien, vous le sentez. Faut dire que vous avez participé à plusieurs ateliers menés par Isabelle Filliozat, alors la parentalité positive ça vous parle. D’ailleurs, honnêtement, ça n’était pas si compliqué, surtout depuis que vous avez dévoré « Chacun son caractère, comprendre le tempérament de son enfant »…

Mais… (oui, il y a un mais) un beau jour, vous êtes bien forcée de vous rendre à l’évidence. L’ado qui partage votre espace vital est devenu super chiant. Appelons un chat, a cat. Vous envisagez donc sérieusement les incantations mystiques, l’appel à un ami et même le vote du public…

Pour traverser cette zone de turbulences, il me semble bon d’avoir à l’esprit quelques caractéristiques de l’ado. Pour vous, je suis donc partie étudier en zone de conflit(s). Ça ne mérite pas le prix Albert Londres mais ça pourrait bien vous aider malgré tout…

• L’ado va prendre une quinzaine de centimètres en 18 mois. Il est donc fatigué. Faut le comprendre. Raison pour laquelle il est en permanence avachi. Sur votre canapé, sa chaise, son lit voire même votre lit s’il est plus près. L’ado est crevé, tout le temps. Bon, pas pour mater une vidéo sur YouTube parce que « ça, c’est pas fatigant »… Vous suivez ?

• L’ado version 2017 ne s’embarrasse jamais du mode d’emploi. Lui, il mate une vidéo d’explication sur YouTube. Rapide. Efficace.

• L’ado pense que dans le lave-vaisselle, il y a plein de petites mains prêtes à réceptionner son assiette, son verre et même ses couverts. C’est pourquoi il n’ouvre qu’au minimum la porte du-dit lave-vaisselle. Ça épuise…

• L’ado gère… T’inquiète. C’est juste que dans son monde, les heures font 80 mn. Il n’est donc mathématiquement pas « vraiment » en retard, là. D’ailleurs il gère…

• L’ado a faim. Très faim. Vous avez acheté de bons légumes bio sur le marché hier matin, vous préparez donc un merveilleux tian de courgettes, tomates et citron vert avec amour quand vous l’entendez s’interroger « C’est ça qu’on mange ce midi ? ” (l’ado n’a pas encore découvert les phrases complexes avec sujet-verbe-complément ET formule de politesse, mais ça viendra…)

• L’ado ressemble à son papa. Malade, il est proche du trépas, comptant les jours, affalé sur votre canapé. Il appelle 37 fois par minute pour réclamer un verre d’eau/ des kleenex/un massage… car il n’a « plus de force, vraiment, te moque pas, c’est terriiiiible ».

• L’ado n’a jamais froid l’hiver. Il a réclamé un manteau de marque à one million dollars mais finalement, il ne le met pas. Enfin, pas maintenant. Ne perdez pas espoir, il risque de le sortir en mai… avec le bonnet qui va avec. C’est trop dar.

• L’ado (qui n’a jamais froid) ne met pas de chaussettes l’hiver… Non, il/elle préfère des socquettes… D’ailleurs il/elle remonte malicieusement ses bas de jeans histoire d’avoir les chevilles à l’air. C’est swagg. OMG !

• L’ado n’a pas sommeil le soir. Vous si… Vous avez bien pensé à lui conseiller un bon bouquin, mais il refuse votre courtoise et néanmoins inefficace proposition. J’vois pas c’que ça va faire… Pis j’aime pas lire… (Suis-je bête ? Lire c’est pour les faibles.)

• L’ado possède un smart-phone dernier-cri, pourtant il ne téléphone pas. Non, il envoie des messages à son fraté sur Snapchat. Il s’exprime par monosyllabes… Bah ouais, c’est oklm.

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits existants ne serait PAS pure coïncidence…  Cette petite liste n’est bien sûr pas exhaustive, aussi je me suis dit que j’allais vous mettre à contribution. Racontez-moi donc les perles de vos ados, qu’on rigole un peu ! Et n’oublions pas, nous aussi, au siècle dernier, nous étions ados…