219 / Ma charge mentale

Comme vous toutes probablement, j’ai lu pas mal d’articles la semaine dernière à propos de la charge mentale, ce syndrome des femmes épuisées. Ce ras-le-bol, ce break-down que connaissent toutes les femmes (pas seulement les mères d’ailleurs) qui réussissent à faire tenir trois journées dans une, à jongler entre vie pro et vie perso, tout en essayant de rester coquette, avec les ongles joliment vernis et le sourire de façade qui va toujours bien.

À l’image du billet fort intéressant de Quatre enfants, j’ai voulu lister ma charge mentale de la semaine passée, histoire de poser ici tout ce que beaucoup (d’hommes, soyons clairs) n’imaginent même pas. Parce que tous les hommes que je connais bossent. Ils ont des enfants mais rentrent tard. Oh zut, pas le temps pour eux malheureusement de gérer les devoirs, les douches et les repas. Juste celui de se glisser les pieds sous la table et d’aller embrasser leur(s) merveille(s)…

Le mien travaille avec moi, j’ai la chance inouïe de l’avoir à mes côtés. Il sait donc, puisqu’il voit. Il fait les courses (alléluia) mais, je gère les allers-retours à l’école, les devoirs, les mots aux instits, les anniversaires chez les copains, les anniversaires à la maison, les inscriptions sport/musique…, les repas, les bagarres dignes d’un conflit palestinien, les gueulantes, les couchers, les histoires et les très très rares cauchemars…

La semaine passée donc, j’ai dû :

  • penser à l’anniversaire de ma blonde (cadeaux, gâteaux, repas de fête)
  • relancer l’entreprise qui va accueillir n° 1 pour son stage en juin
  • répondre au prof de la section-rugby pour l’inscription de n° 2 l’an prochain
  • penser à la répétition de ma blonde pour son spectacle de fin d’année
  • acheter des fiches Bristol pour n° 1
  • acheter le livre demandé par la maîtresse de n° 3
  • prendre RV chez le dermato pour n° 2
  • échanger 12 000 mails avec ma comptable pour le (fucking) bilan
  • annuler un déj avec une copine (rapport à mon bilan qui n’avançait pas…)
  • prendre rendez-vous avec notre merveilleuse coiffeuse à domicile pour les enfants et mon homme (j’ai quant à moi, résolu le problème, je vais le coiffeur tous les 5 ans, je gagne un temps fou !)
  • filer à la papèterie en urgence pour acheter une feuille A2 pour l’exposé de n° 3
  • aider n° 3 à faire son exposé donc…

S’il n’est pas spécialement question ici de se plaindre, ni de détailler le travail de fourmis que nous accomplissons toutes, il s’agit quand même de mettre un petit mot, en passant, sur cette fatigue qui ne disparaît pas, cet abattement que j’ai personnellement chaque soir vers 20h30, ce drôle de sentiment d’épuisement. Alors bien sûr, quand la nuit est bonne (et la musique aussi, coucou Jean-Jacques), on repart toutes de bon matin, fraîches et roses, prêtes à… recommencer. Et quand, à force d’épuisement, on ose un tu pourrais peut-être me filer un coup de main, genre étendre la lessive et gérer les disputes, et qu’on essuie le fameux « fallait le dire », on en rirait presque si ça n’était pas si douloureux.

La clé ? Éduquer nos fils. Oui, parce qu’on ne va pas se mentir, cette charge mentale nous est exclusivement réservée. Raison pour laquelle, nos fils tondent, vident le lave-vaisselle, repassent TOUT le linge quand ils sont en vacances, savent préparer quelques repas basiques (steak, pâtes, salade…) et me relaient de temps en temps pour l’histoire du soir. Chaque semaine je leur dis et répète qu’ils DOIVENT m’aider, faire leur lit, ranger leur chambre et aider les petits à en faire autant. Mon père ne savait pas où le sel était rangé, mon mari sait étendre une lessive. Je fais tout pour que mes fils puissent être de merveilleux compagnons, des adultes instruits et généreux… et je sais la chance que j’ai chaque fois que je les entends me dire, laisse maman, je m’en occupe…

 

218/Comment parler sexe avec son ado…

Il est un peu loin le temps (béni…) où vous faisiez gazou-gazou avec votre bébé sur les genoux. Où vos pensiez que rien ne pourrait jamais vous séparer, qu’entre votre bébé-tout-mignon et vous, ce serait l’osmose parfaite pour toujours…
Votre bébé-tout-mignon le restera peut-être éternellement, il n’empêche qu’il va falloir, un jour, le partager… Vers 13-14 ans, quand il aura les hormones au plafond et avant qu’il ne quitte le nid, vous allez devoir aborder avec lui/elle, ensemble donc, un chapitre que certains pensaient peut-être ne jamais devoir évoquer. (=> ils étaient naïfs, pas vous).

Votre ado grandit, et il/elle va sans doute avoir une vie amoureuse. Honnêtement, souhaitons-le. Pour autant, même si, comme ses concitoyens prépubères, il/elle a le smartphone greffé au bout du bras, et donc, accès à TOUT, ce serait bien d’en parler, d’aborder ce sujet ensemble, histoire de fixer quelques règles et éventuellement, briser quelques tabous. C’est aussi ça, notre rôle de parent, les prévenir, les accompagner et les protéger.

C’est à mon sens primordial d’en parler avec eux. J’y vois deux raisons majeures :
– C’est reconnaître qu’ils ne sont plus des enfants (mais pas encore des adultes).
– Ils ont besoin d’entendre certaines vérités, que leurs copains ne connaissant pas forcément…

Pas facile hein ? Vous hyper-ventilez, vous préféreriez retarder le moment ? Vous ne pensez tout de même pas pouvoir y échapper ? Participer à l’éducation sexuelle de nos enfants, même si ça peut être embarrassant, c’est aussi les laisser poser des questions, leur faire comprendre qu’on reste à leur écoute et évidemment, adapter les réponses à leur âge.

J’écoutais l’autre jour à ce propos une émission sur France Inter, et j’y ai appris en tombant de ma chaise que la moitié des 15-17 ans ont déjà surfé sur un site pornographique… J’ai immédiatement pensé « pas les miens », et puis je me suis mise à douter. Après tout, pourquoi pas eux ? Qu’est-ce qui les aurait mis « à l’abri » ? À quel moment aurions-nous été « plus malins » ? Et puis j’ai eu un semblant de réponse. Mais pour être honnête, j’en ai immédiatement parlé à mon homme et le soir-même, nous avons ré-entamé la discussion avec nos deux ados. Oui, nous avons le privilège délicieux d’avoir non pas un, mais deux ados. (=> le régal !).
Il y a quelques jours donc, nous les avons réunis et je leur ai demandé (en précisant que je ne me fâcherais pas…) s’ils avaient déjà vu des films pornos.

  • Oh non maman, t’inquiète…
  • Et avez-vous des copains (je ne veux pas connaître leur nom) qui ont surfé sur ces sites ?
  • Ouais, plusieurs…
  • Vous ont-ils proposé de les regarder avec vous ?
  • Non, mais même s’ils l’avaient fait, j’aurais refusé.
  • Alors écoutez-nous bien. Votre père et moi, on a eu 15 ans aussi, on a, comme vous, été amoureux. C’est normal. L’époque n’était résolument pas la même mais on a connu, vous vous en doutez, des histoires d’amour, des histoires sans amour et aussi des chagrins.

Parler de sexualité avec nos ados ne veut pas dire parler de NOTRE sexualité. Il ne s’agit pas de nous, mais d’eux. Nos deux aînés étant des garçons (13 et 15 ans), voici, en substance, ce que nous leur avons dit :

  • Règle n° 1

L’amour et la sexualité relèvent du domaine de l’intime. Autrement dit, hors de question d’étaler sur les réseaux sociaux vos relations avec Paule, Pierrette ou Jacqueline. Ni avec Paul, Pierre et Jacques… Ce n’est pas secret, c’est privé. On peut se confier à des amis, dire tout le bien qu’on pense de Lola, mais ON NE PEUT PAS publier sur Facebook/Instagram/Snapchat « je me suis fait Lola hier, c’est rien qu’une chaudasse ». Il est évidemment EXCLU de publier tout ou partie de votre anatomie intime, ainsi que celle de l’être aimé…

  • Règle n° 2

Si une fille vous plaît, mais qu’elle vous dit, t’es un bon copain, mais je ne suis pas amoureuse => ça veut dire NON. Et si elle vous dit, je suis amoureuse de toi, mais je me sens pas encore prête => ça veut dire NON aussi. Hors de question de forcer qui que ce soit à avoir des relations intimes avec vous. Le désir doit être partagé.

  • Règle n° 3

Le jour où vous et votre copine vous sentirez prêts, et bien que ce ne soit pas hyper glamour, CAPOTE obligatoire. Même si la fille vous dit, tu es mon premier amoureux, je prends la pilule, je n’aime que toi, j’ai fait des examens le mois dernier. On ne doute pas forcément d’elle, mais on en meurt de ces conneries…
(Ce sera aussi peut-être l’occasion de développer le sujet contraception, contraception d’urgence, utilisation d’un préservatif et de fournir des réponses claires : la pilule ne protège pas des MST, le préservatif ne peut pas se ré-utiliser. Ce qui nous semble évident ne l’est pas forcément pour eux.)

  • Règle n° 4

L’amour, c’est un drôle de sentiment qui peut donner le vertige. Au mieux, ça donne des ailes. Au pire, ça peut briser des vies. Certaines personnes ont des pratiques qui peuvent paraître choquantes, humiliantes… Si les deux personnes sont ABSOLUMENT consentantes, on s’en fiche. Par contre, ON NE FORCE PERSONNE à faire ci ou ça. JAMAIS.

  • Règle n° 5

On respecte les personnes qu’on a aimées. La base. On a vécu une chouette histoire et puis un jour on se rend compte que finalement ça ne colle plus ? On se le dit poliment, on met fin à une relation qui ne nous épanouit plus. Pas besoin d’être humiliant, irrespecteux ou méchant.

  • Règle n° 6

Rien n’est plus éloigné de l’amour que la notion même de performance. Untel collectionne les filles ? Il se vante d’avoir une nouvelle petite copine et de la faire grimper au 7e ciel ? Grand bien leur fasse. On ne sait jamais vraiment ce qui se passe entre deux personnes. Trouver sa moitié d’orange, ça relève de l’exploit. Rencontrer une belle personne et avoir le privilège de partager l’essentiel et le superflu, le beau et le moins lumineux, se sentir aimé et compris, ça n’est pas donné à tout le monde. Ça se protège.

  • Règle n° 7

On peut parler. Si Lola vous plaque comme un malpropre, si elle vous en fait baver, que vous avez envie de tout envoyer valser ou pire si vous avez des idées noires, IL FAUT EN PARLER. À vos potes, à la psy du lycée, à la mère de Bidule qui est drôlement sympa, à une cousine éloignée, au médecin de famille ou même à vos parents. On ne s’isole pas quand on souffre. Primo, c’est contre-productif, deuxio, parler de sa peine la fera un peu disparaître…

  • Règle n° 8

Chercher l’harmonie. On n’évitera donc de s’embarquer dans une relation toxique, encombrée par la jalousie, la méchanceté ou le manque de respect.

  • Règle n° 9

Elle va durer un jour, un trimestre ou une année. Peut-être même toute une vie. Vous vous souviendrez en tout cas sans doute très longtemps du prénom de votre première histoire d’amour. Chouchoutez-la. Faites en sorte qu’elle demeure un très beau souvenir.

  • Règle n° 10

Respirez, ça va bien se passer…

216 / L’ado. En 10 points.

Vous êtes à peine sortie des couches et des « maman, tu m’as pas fait le bisouuuuu », et vous avez brillamment survécu au fucking terrible two. Vous avez donc bien fait de profiter d’un petit répit plutôt merveilleux. Ce temps béni ou l’enfant découvre l’école, y apprend à enfiler son manteau et à faire ses lacets. Sans vous. Oh joie !  Certes, le soir vous attaquez le 2e round de votre journée mais à 20h si votre moitié vous aide (si, si, ça existe…) bon allez, à 21 heures max vous êtes pé-nar-de. Naze, mais tranquillou. À vous les séries sur Netflix  devant un plateau-repas, les soirées en amoureux à la cool.

Et puis, sans vraiment crier gare, l’ado pointe le bout de son nez. Assez insidieusement. Certes vous percevez malgré tout quelques signes, quand vers 10-11 ans, il/elle commence à lever les yeux au ciel alors que vous osez demander si sa journée s’est bien passée ou pire… s’il/elle envisage de ranger sa piaule avant l’hiver prochain.

Pas drôle.

Alors oui, vous avez bien quelques bons copains qui ont « des grands ». Ils vous ont d’ailleurs lancé plusieurs perches… profite tant qu’ils sont si petits, le nôtre fait la gueule un jour sur deux… Mais non, chez vous tout se passera bien, vous le sentez. Faut dire que vous avez participé à plusieurs ateliers menés par Isabelle Filliozat, alors la parentalité positive ça vous parle. D’ailleurs, honnêtement, ça n’était pas si compliqué, surtout depuis que vous avez dévoré « Chacun son caractère, comprendre le tempérament de son enfant »…

Mais… (oui, il y a un mais) un beau jour, vous êtes bien forcée de vous rendre à l’évidence. L’ado qui partage votre espace vital est devenu super chiant. Appelons un chat, a cat. Vous envisagez donc sérieusement les incantations mystiques, l’appel à un ami et même le vote du public…

Pour traverser cette zone de turbulences, il me semble bon d’avoir à l’esprit quelques caractéristiques de l’ado. Pour vous, je suis donc partie étudier en zone de conflit(s). Ça ne mérite pas le prix Albert Londres mais ça pourrait bien vous aider malgré tout…

• L’ado va prendre une quinzaine de centimètres en 18 mois. Il est donc fatigué. Faut le comprendre. Raison pour laquelle il est en permanence avachi. Sur votre canapé, sa chaise, son lit voire même votre lit s’il est plus près. L’ado est crevé, tout le temps. Bon, pas pour mater une vidéo sur YouTube parce que « ça, c’est pas fatigant »… Vous suivez ?

• L’ado version 2017 ne s’embarrasse jamais du mode d’emploi. Lui, il mate une vidéo d’explication sur YouTube. Rapide. Efficace.

• L’ado pense que dans le lave-vaisselle, il y a plein de petites mains prêtes à réceptionner son assiette, son verre et même ses couverts. C’est pourquoi il n’ouvre qu’au minimum la porte du-dit lave-vaisselle. Ça épuise…

• L’ado gère… T’inquiète. C’est juste que dans son monde, les heures font 80 mn. Il n’est donc mathématiquement pas « vraiment » en retard, là. D’ailleurs il gère…

• L’ado a faim. Très faim. Vous avez acheté de bons légumes bio sur le marché hier matin, vous préparez donc un merveilleux tian de courgettes, tomates et citron vert avec amour quand vous l’entendez s’interroger « C’est ça qu’on mange ce midi ? ” (l’ado n’a pas encore découvert les phrases complexes avec sujet-verbe-complément ET formule de politesse, mais ça viendra…)

• L’ado ressemble à son papa. Malade, il est proche du trépas, comptant les jours, affalé sur votre canapé. Il appelle 37 fois par minute pour réclamer un verre d’eau/ des kleenex/un massage… car il n’a « plus de force, vraiment, te moque pas, c’est terriiiiible ».

• L’ado n’a jamais froid l’hiver. Il a réclamé un manteau de marque à one million dollars mais finalement, il ne le met pas. Enfin, pas maintenant. Ne perdez pas espoir, il risque de le sortir en mai… avec le bonnet qui va avec. C’est trop dar.

• L’ado (qui n’a jamais froid) ne met pas de chaussettes l’hiver… Non, il/elle préfère des socquettes… D’ailleurs il/elle remonte malicieusement ses bas de jeans histoire d’avoir les chevilles à l’air. C’est swagg. OMG !

• L’ado n’a pas sommeil le soir. Vous si… Vous avez bien pensé à lui conseiller un bon bouquin, mais il refuse votre courtoise et néanmoins inefficace proposition. J’vois pas c’que ça va faire… Pis j’aime pas lire… (Suis-je bête ? Lire c’est pour les faibles.)

• L’ado possède un smart-phone dernier-cri, pourtant il ne téléphone pas. Non, il envoie des messages à son fraté sur Snapchat. Il s’exprime par monosyllabes… Bah ouais, c’est oklm.

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits existants ne serait PAS pure coïncidence…  Cette petite liste n’est bien sûr pas exhaustive, aussi je me suis dit que j’allais vous mettre à contribution. Racontez-moi donc les perles de vos ados, qu’on rigole un peu ! Et n’oublions pas, nous aussi, au siècle dernier, nous étions ados…

 

 

215 / Les exigences des profs et les réponses des parents

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, je voulais vous raconter une petite anecdote rigolote assez révélatrice…

Notre fils aîné, 15 ans, est au lycée depuis septembre, en 2de. Autant ses années de collège n’ont pas vraiment été un long fleuve tranquille, autant depuis la rentrée il semble vraiment bien. Je crois que le changement d’établissement (nouveaux copains et nouveaux profs) y est pour beaucoup. Ah, on me dit dans l’oreillette qu’il a mûri… Pas faux.

La semaine dernière, nous sommes allés avec mon homme à la réunion parents-profs. La fameuse réunion au cours de laquelle tu as un large créneau de 6 mn (véridique) par prof, et ne peux rencontrer que cinq profs maximum. Tout s’est très bien passé, les profs étaient agréables et disponibles… mais très en retard. Pas grave, j’avais missionné n° 2 (celui qui m’a vrillé les nerfs hier) > tu gères les douches, tu vérifies que les devoirs des petits (et les tiens…) sont faits et vous mettez le couvert. Pendant que vous y êtes, vous passerez également un coup d’aspirateur dans le salon et en rentrant on récitera ensemble un Je vous salue Marie. Nan, je déconne…

Nous avions RV à partir de 18h45. À presque 20h, alors que nous attendions dans le couloir avant de rencontrer le prof de Français, j’en ai profité pour papoter tranquillement avec les autres parents, accompagnés de leurs enfants (le nôtre a des priorités > il avait entraînement de foot !). Arrive la question qui fâche. Je leur demande :
– Alors dites-moi, vous l’avez bientôt terminé le Rouge et le Noir ?

Un ado me répond :
– Ah bah non ! Punaise, c’est long… Pis j’aime pas lire…

Explication > à la rentrée, le prof de Français a demandé aux élèves de lire Le Rouge et le Noir. En précisant qu’ils auront jusqu’à mars pour lire les 670 pages écrites en corps 4 (ok, 7) de Stendhal. Plus de six mois, on est quand même obligé de reconnaître que le prof est ultra sympa là, non ? Vous aviez six mois pour lire un bouquin au lycée, vous ? En discutant avec une maman donc, elle me dit « Oui je vais en parler avec le prof parce que bon, la lecture, faut que ça reste un plaisir. Mon fils a du mal avec ce bouquin, je ne peux pas le forcer quand même… »

Mais si bon sang ! Bien sûr que si ! Depuis quand « il faut que ça reste un plaisir ? » Qui a dit que les devoirs, ça devait rester sympa ? Déjà que nos ados sont majoritairement peu enclins à tra.va.iller, alors si nous, les parents, les adultes, on n’insiste pas un peu… On ne va pas se mentir, pourquoi faire ses exos de maths ou de SVT ça doit rester cool ? Et faire trois tours de stade en EPS, aussi ? Non. Les cours, c’est de temps en temps au moins j’espère, intéressant, voire passionnant, ça doit dépendre des matières et même surtout, des profs. Mais c’est sans doute aussi malheureusement, barbant, difficile, et même fatigant. So what ? Ils n’y vont plus ? On annule et on part faire l’école sur un bateau en navigant autour du monde ? Parce qu’on ne va quand même pas les contraindre à leur âge nos biquets ! Je suis la première à déplorer les faiblesses du système, le manque d’écoute et l’ignorance des solutions qui marchent. Mais si en Seconde, les enfants ET les parents discutent le choix d’un bouquin imposé par un prof de Français, qu’est-ce qu’ils vont faire adultes ? Quand un patron ou un client va leur demander de lire une synthèse pour faire un rapport, ils vont dire, bah là non, 240 pages… c’est beaucoup quand même, et pis j’aime pas lire ?!

C’est moi qui débloque ? Au collège, j’ai lu Germinal. Je n’ai pas aimé ce livre, mais je peux en parler. Je n’ai pas adoré Les Misérables non plus, et d’ailleurs mon prof et mes parents se fichaient complètement de mon avis sur Hugo. Ay lycée, ma prof de Français était dingo de Flaubert et de Proust. Alors je les ai lus. Et je suis ravie de l’avoir fait. J’ai aussi appris à tracer des cercles et à calculer des volumes, à faire des divisions et des équations. J’ai dû grimper en haut d’une corde et faire des matchs de hand. Tant mieux pour moi, j’ai toujours adoré le sport mais certaines de mes copines redoutaient ces séances-là. Pour autant, elles venaient. Nos parents ne disaient pas « reste donc à la maison mon trésor, le sport, faut que ça reste un plaisir quand même… ».

Quand les profs donnent trop de devoirs, panique à bord, les ados sont débordés et risquent le surmenage. Quand ils n’en donnent pas assez, on va en faire une génération de fainéants…

Alors je me demande > et si on laissait les profs faire leur boulot ? Et si on prenait le risque de leur faire un tout petit peu confiance ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

 

P. S. : Cette photo n’a a priori aucun rapport. Ou peut-être que si, en regardant bien…
Passez tous un très bon week-end !

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© Colour your life

214 / La mère et le père, sans le sourire de la crémière

Petit coup de gueule du jour… bonjour ! Et booooonne année bien sûr !

Mon premier billet en 2017 sera amer. Pas de panique, je reviendrai plus légère d’ici quelques jours… Mais voilà, avec ma tribu de 5 loupiots, mes nerfs sont parfois mis à très rude épreuve et j’ai un peu (trop) le sentiment ces temps-ci de manquer du soutien de l’homme, mon homme, leur père. Petit résumé de la situation : je travaille ET je m’occupe des devoirs, je supervise (de plus en plus loin, certes) les douches, je vérifie que les sacs d’école sont prêts LA VEILLE, idem pour les sacs de sport, j’ai en mémoire les jours de bibliothèque des petits, je gère les trajets chez les copains/copines, j’envoie les sms aux parents (enfin, aux mamans !) des copains chaque fois que n° 3 a mal noté un truc dans son agenda « Dis-donc, le mien a noté ex. 10 p. 137, mais il n’y a pas d’exo 10 sur cette page… Le tien a noté autre chose ? » (<= Ça, c’était la conversation hautement philosophique d’hier…). Je gueule râle souvent, ils ont l’habitude, moi aussi. Tout va bien. Je ne suis pas rancunière donc chacun a évidemment son câlin du soir, évidemment. Mais j’ai transmis tous mes pouvoirs aux grands pour qu’ils me remplacent de temps en temps et lisent quelques pages à leur petite sœur. Oui parce que bon, en vrai, je fatigue aussi…

Et ce matin, après une migraine carabinée ce week-end et 3 nuits bien moisies, c’est un peu les nerfs à vif que j’ai découvert mon fils, à moins 10, vérifiant son exo de maths, (noté l’exo, sinon c’est moins drôle), se demandant s’il n’aurait pas mieux fait comme ci plutôt que comme ça, trousse perdue et pompes à l’autre bout du salon. Pétard de feu, mon sang n’a fait qu’un tour et mon fils (ma bataille) risque de se souvenir longtemps de mon pétage de plombs ! Ou pas d’ailleurs, puisque j’ai l’impression que je suis la seule a avoir eu l’estomac noué toute la journée. Eh oui, miss culpabilité ne m’a pas quittée de la journée… Mais pourquoi tu te mets dans des états pareils ? Eh laisse-le donc gérer… Est-ce que je vais tous les rendre totalement dingos… Voilà en substance les bonnes idées qui ont encombré mon petit cerveau aujourd’hui.

Donc, on essaie de les éduquer, de mettre les limites, mais faudrait pas trop les stresser non plus nos petits trésors, et garder aussi le sourire d’ailleurs, parce que bon, faire le gueule, c’est contre-productif. Et puis être aimable au boulot, évidemment. Préparer des bons petits plats également, parce que jambon-pâtes, c’est moyen pour leur putain de croissance. Surveiller leur scolarité mais les rendre autonomes, savoir être disponible sans être envahissante, les écouter mais accepter les silences… et surtout, ne rien attendre.

Ils ne mettent pas la table spontanément ? Ils ne proposent pas de t’aider ? Ne surtout pas se plaindre, c’est ça être parent… Enfin bref, la liste n’est pas exhaustive et j’avoue, je suis loin, très loin de rester ZEN tous les jours. Donc, va comprendre pourquoi, là, ce matin, j’ai légèrement exagéré, c’était la goutte d’eau de trop, parce qu’objectivement, l’exo de maths je m’en tape comme de ma première tasse de café. J’ai donc demandé à mon homme de ne pas hésiter à m’épauler sur ce coup-là, hein, toutes les bonnes volontés étant les bienvenues et je ne suis pas complètement perchée, l’autorité du père, ce n’est pas la même chanson que celle d’une mère. Je ne sais pas comment ça se passe chez vous, disons qu’ici mon homme est beaucoup plus calme, zen et raisonnable que moi (l’être moins que moi ce serait franchement pas de bol pour eux !). Mais quand il s’énerve, les mômes frôlent les murs et o.bé.i.ssent. (3 fois l’an donc…). Ce matin, on a donc convenu ensemble que son autorité devait s’exprimer davantage, parce que j’en ai marre de passer pour la râleuse hystérique qui n’est jamais contente… que j’aimerais bien, moi aussi, profiter d’eux et me réjouir d’avoir de si beaux enfants (beaux mais chiants > si jamais j’atteins un jour le niveau 2 de patience, je n’en perdrais pas complètement mon objectivité…)

Nous avons tous (enfin toutes…) nos exigences, certaines sont maniaques du lavage de dents, d’autres ne partiront pas sans avoir vérifié que TOUS les lits sont faits, alors que quelques-unes sont des angoissées du p’tit déj, des flippées de l’hypoglycémie. Vous l’aurez deviné, je n’ai pas ces manies-là (< rapport à mon bordel organisé génétiquement inscrit dans mes veines ET dans celles de mes enfants…) mais je ne supporte pas bordel qu’on se fiche de moi (> je reste polie, notez bien…).

Pour autant, avec un tantinet de recul, j’arrive à me dire (de temps en temps), que ce sont des enfants. MAIS bien souvent une petite voix s’empresse de me rappeler que c’est notre boulot, notre devoir même de les élever en leur montrant la réalité, les contraintes, les attentes. Être cool, planer à dix mille, voir ses potes et passer à la boulange après le collège pour acheter des bonbecs, c’est la super belle vie. C’est l’adolescence insouciante et c’est chouette. Vivre en famille, partager, aider, c’est aussi ce que je veux essayer de leur transmettre. Il y a des contraintes mais aussi des grands bonheurs… Je leur rabâche tous les jours qu’il n’y a pas de plan B > moi vivante, ils n’auront pas d’autre choix. Je tiens bon mais parfois, je m’épuise. Mais je tiens bon…

Et vous ?

 

211 / L’enfant préféré(e)

Ouh la ! Voici le tabou number one de la vie parentale : j’ai nommé le chouchou des parents ! Oui, je me lance dans ce sujet car en ce qui concerne, il ne l’est pas (tabou, vous suivez ?).

Avec une joyeuse tribu de cinq zouaves, on pourrait se dire, pourquoi pas, et ce ne serait pas totalement délirant, que j’en préfère un, ou une. Je ne vais pas davantage faire durer le suspense. Je n’ai pas de préférence pour un de mes enfants. Je les déteste tous ! (Mais non, n’appelez pas la DASS, je plaisante… )

Par contre, j’ai des affinités particulières avec eux, différemment. Et je m’en vais vous en faire la liste :

  • n° 5 (5 ans, la petite dernière) est mon clone. Total. Même trogne, même humour, elle me ressemble à un point assez dingo (le bazar en moins !). Ce miroir n’a pas je pense d’influence sur mon ego, mais je la comprends très vite. Pour autant, je ne la trouve pas « plus » sympa parce qu’elle est comme moi… Elle est quand même très très facile à vivre, tous ceux qui la connaissent sont d’accord sur ce sujet : cette môme, c’est un rayon de soleil.
  • n° 4 (7 ans) est plus sombre, un poil plus intello-prise-de-tête… Ultra sensible (pardon hein, mais chiante donc !). Son petit côté artiste en herbe me fascine totalement. Ma petite blonde, c’est la grâce incarnée. Elle fait de la danse classique, de l’alto (je vous en reparlerai…) et surtout, elle dessine. Autant vous dire que ce gêne-là, je ne sais pas où elle est allée le chercher ! Toujours très appliquée, délicate. Patiente => je m’énerve plus souvent avec elle : ma devise étant le mieux est l’ennemi du bien, sa tendance perfectionniste me vrille facilement les nerfs. Mais je me soigne.
  • n° 3 (9 ans) est to.ta.le.ment perché. Barré. Très très haut. De fait, il a toujours deux trains de retard, enregistre une info avec 3 jours de retard, ce qui crée souvent de bonnes tranches de rire. Par exemple, il y a 18 mois, nous avons changé de mini-bus. En avril. On n’a pas publié l’info dans les journaux, mais bon, je les emmène tous les jours à l’école. On est parti en vacances avec (2 fois 1200 bornes…). En septembre, un soir, il me demande :

                      – On a changé de voiture ?
– ???
– Bah oui, elle est nouvelle cette voiture, non ?
– Non.

Voilà-voilà. Je passe à confesse, moi je suis le degré zéro de la bulle. Je ne plane pas, je suis très terre-à-terre alors oui, celui-là, il me surprend sans cesse. Je ne suis pas DU TOUT faite comme lui, mais je l’adore. Il nous fait tellement rire. Et puis il sourit tout le temps, tout en tendresse. Calme. Je l’ai souvent dit, c’est grâce à lui que nous en avons eu deux autres. Il est tellement facile…

  • n° 2 (12 ans), c’est le clone de son père, l’humour en moins… Hyper efficace, là où on l’attend. Très fin, il sait quand il doit arrêter de déconner jouer avec mes nerfs… Je n’ai pas besoin de lui faire une explication de texte => ok maman, j’ai compris, t’inquiète. Plutôt serviable. Lui et moi, pourtant très différents, on se comprend 5/5. Et puis, il fait les meilleurs pan-cakes de Chartres ! (En toute modestie, bien sûr.) 
  • Quand je regarde n° 1 (14 ans), j’ai l’impression de me revoir ado. Il a ses potes, sa musique, son sport. Un certain équilibre que l’on surveille malgré tout. Il me ressemble pas mal physiquement mais avec lui que j’ai longtemps stagné au niveau -10 de la patience. Dieu qu’il met mes nerfs à rude épreuve ! Il est d’une lenteur… Mais je suis très très fière de sa force tranquille. Ce bel ado, je l’ai pourtant mis au monde hier, ou presque…

Nos 5 enfants sont très différents, entre eux, et de nous, leurs parents. Pas besoin de vous dire que je les adore tous. Que j’apprends avec chacun d’eux, qu’ils ont fait de moi la mère râleuse que je suis et que notre unique objectif est de les rendre forts pour appréhender seul(e)s ce monde qui leur tend les bras. Et aussi de leur apprendre à faire leur lit chaque matin, mais là, il reste encore pas mal de taf !

Mais vous ? Est-ce que vous avez plus d’affinités avec un de vos enfants ?

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210 / Des produits bio pour nos ados

Dans un monde parfait, chaque membre de la tribu aurait sa salle de bains, je pourrais alors laisser-là tous mes vernis sans craindre que les petites mains pleines de doigts de mes filles adorées (et néanmoins maladroites…) n’ouvrent les flacons, et oublient de les refermer. Je disposerais tous mes produits de beauté/soin, sans souci, je les verrais tous merveilleusement alignés, et ça serait chouette. Je n’aurais pas à ramasser les cheveux/cotons sales/serviettes par terre… Ah oui, vraiment, je me verrais bien dans ce monde parfait…

Mais la réalité est tout autre, nous n’avons pas 7 salles de bain (ah ?), mais deux et on va dire que c’est déjà pas mal (<= je positive terriblement en ce moment).

Nos enfants grandissent (ah bon ?) et force est de constater que mon ado est aujourd’hui un grand ado (<= il mesure 1,70 m et chausse un petit 46… oui, je sais, il paraît qu’il n’a pas fini de grandir, il n’a que 14 ans !). Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, mon adolescence m’aura au moins épargné une chose > les boutons. J’ai toujours eu grande veine de ce côté-là (merci papa-merci maman), j’ai dû au grand maximum chopper 4 boutons et demi pendant toute cette merveilleuse période… Je souhaite donc à toute ma tribu le même bol mais dans le doute, j’ai préféré anticiper (pour une fois…) et après avoir mené une mini-enquête entre moi-même et l’internet, voici ce que j’ai acheté pour mon fils adoré. J’ai choisi depuis plusieurs mois de n’utiliser pour eux que des produits bio (#sans cochonneries). Honnêtement, ceux-là sont à peine plus chers que les produits que j’achetais avant en grande surface ou en para-pharmacie.

J’ai commandé l’ensemble de ces produits ICI parce que j’y ai trouvé un onglet « Soins peaux jeunes » qui m’a bien facilité la besogne. Et puis Ariane, la responsable, est juste adorable. (Pour info, un des produits que j’avais commandé était en rupture de stock, elle me l’a envoyé 3 jours plus tard avec un gentil petit mot. Bref, le petit plus du service commercial qui fait du bien…)

Donc, comme chacun le sait, une peau saine et propre, c’est à mon avis, LA BASE. Chez nous, le chef de meute (<= moi…) a décidé que pour faciliter la logistique du soir (et donc, du matin…)  les enfants se doucheraient le soir. Et nous, le matin.

• Sous la douche, mon fils se savonne donc maintenant le visage avec le gel nettoyant Pureté aromatique, de Edenens. C’est simple (c’est un garçon !), ça sent bon (la base), et dixit l’ado concerné « ma peau est toute douce ». Alléluia. C’est donc, sans parabens, ni silicones, ni huiles minérales. Non testé sur les animaux. –> 11,50 € le tube de 150 ml

• Le matin, donc, pas de douche mais une toilette malgré tout. Il utilise alors la Lotion Bio Purifiante – Peaux Grasses à Imperfections, de Cattier qu’il rince avec un coton. Elle rééquilibre l’excès de sébum et resserre les pores, elle est formulée avec des huiles essentielles d’arbre à thé qui luttent contre les imperfections des peaux acnéiques.
–> 6,10 € le flacon-spray de 200 ml

Ça, c’est donc son rituel no spot ! On a aussi fait quelques incantations divines au dieu-des-ados en espérant sincèrement que ça marche… (<= depuis 10 jours, il fait son lit sans broncher, me prépare un bon thé chaque matin et beurre mes tartines. Si, si. => Nan, je déconne ! Dieu, cet ingrat ne m’entend pas…)

• J’ai commandé pour toute la tribu le Shampooing Douche Bio 2 en 1 – Pamplemousse, de Coslys. Ici, les enfants se lavent les cheveux tous les jours, alors on a simplifié la séance en n’utilisant que des shampoings corps & cheveux.  Celui-ci étant sans savon, pas de risque de décaper leur jolie crinière… Il sent très très bon, le flacon est pratique, il mousse bien mais pas trop, bref, il est déjà adopté !
–> 5,80 € le flacon de 250 ml

• Et les quenottes alors me direz-vous ?
J’y viens. J’ai acheté pour nous le dentifrice bio à la menthe, Avril. Et puis les grands nous l’ont piqué très vite… (Je suis donc bonne pour passer une nouvelle commande.) Du peu que je l’ai utilisé (!), il sent très frais (la menthe quoi…) mais « n’arrache » pas la bouche pour autant… C’est-à-dire qu’on n’a pas l’impression d’avoir avalé un flacon de Ricqlès mais on a malgré tout une belle sensation de fraîcheur ! LA base.
–> 3,00 € le tube de 75 ml

Dans quelque temps, je viendrai vous parler de rasoir et de crèmes à raser pour ados…
Dans l’intervalle, si vous avez des produits à me conseiller, n’hésitez pas.

Je prépare également un post sur les produits bio que j’utilise (maquillage, soin…).
Bon week-end à tous. Ici, on s’apprête à faire le pont. Et vous ?

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