220/ Des nouvelles neuves

À défaut d’être une blogueuse prolixe, franchement, avouez, j’ai un humour tordant, non ? Des nouvelles neuves, là, je fais fort ! Passons. Car puisque vous me demandez comment ça va, je vais vous raconter… En fait, je m’apprêtais à intituler ce billet Fucking juin mais je n’ai pas voulu choquer vos pupilles délicates. Pourtant, hein, il fut terrible ce mois de juin-là. Entre les 12 000 anniversaires (mais est-ce que tous les gosses sont nés en juin ? Je vais réclamer des stats à l’INSEE), donc entre tous les annivs, les spectacles de danse de n° 4, les compéts des garçons et la kermesse dimanche prochain en bouquet final, j’ai bien failli ne pas m’en remettre.

Ah, on me dit dans l’oreillette que mes migraines ont largement participé à plomber l’ambiance. Pas faux. Vous le savez, ou pas, je suis migraineuse depuis… toujours. Depuis 2 ans, le rythme s’est anormalement accéléré et depuis 2 mois, bah depuis 2 mois c’est juste l’enfer. Je cherche un mot moins violent, parce que je ne suis pas du genre chochotte mais j’avoue, j’y ai laissé mon énergie, ma force et une partie de mon sourire. Et quelques kilos aussi. Parce qu’à force de vomir, on y perd des plumes (oui, je préfère cette image au vomito…) (Je respecte mon lectorat…) La super bonne nouvelle du jour c’est qu’il semblerait que j’aie rencontré hier mon sauveur. Rien que ça. J’ai consulté au centre anti-douleurs, ici, à Chartres, la crème de la crème, le spécialiste des migraines, le boss, le Doug Ross de la caboche (en une petite ligne, je viens de me griller avec les moins de 25 ans…). Enfin un médecin qui ne me prend ni pour une dingue, ni pour une pauvre fille et qui ne me dit pas d’augmenter le Doliprane… J’ai donc un nouveau traitement de fond, une IRM à passer quand même histoire d’écarter une autre saloperie et un petit conseil du spécialiste au passage > « Savez-vous que parfois, le corps adresse quelques messages à une tête qui refuse de se mettre sur off ? Vous feriez bien de lever le pied, sans attendre », m’a dit-il gentiment dit… Alors vous savez quoi, au lieu de compter les jours jusqu’aux vacances, je vais gentiment et poliment refuser un peu de boulot, re-re-re-dire à la tribu que j’ai besoin de leur aide, tenter de dormir davantage et souffler. Pour de bon.

À part ça, il va falloir que je vous raconte comment mon fils de 15 ans a fait un stage absolument fabuleux début juin et qu’il est passé sur les ondes… Je reviendrai d’ailleurs vous faire un petit billet sur l’importance et l’utilité des stages pour nos ados (en 3e, c’est obligatoire, au lycée de n° 1, c’est fortement encouragé en fin de 2de). Ça vous dit ? Je vous donnerai au passage quelques pistes/tuyaux/infos pour que l’ado ne serve pas le café mais se coltine à la réalité en touchant du doigt un métier qui semble l’intéresser… Parce que c’est le but. Les confronter à la vraie vie…

En attendant, il va falloir que je me prépare psychologiquement à l’autre nouvelle de la semaine > dans quelques jours, ma petite mignonne, ma dernière, mon rayon de soleil va quitter la Maternelle. Ce qui veut dire que ce sera pour moi la fin des kilos de dessins à récupérer tous les soirs dans son sac, la fin des colliers en plumes, en coton et autres merveilles, et elle va, en septembre, rencontrer celle qui va lui ouvrir la maison où l’on rêve, l’endroit où on peut se réfugier, une source inépuisable de partages et d’aventures : les livres…

À vous les studios.

 

219 / Ma charge mentale

Comme vous toutes probablement, j’ai lu pas mal d’articles la semaine dernière à propos de la charge mentale, ce syndrome des femmes épuisées. Ce ras-le-bol, ce break-down que connaissent toutes les femmes (pas seulement les mères d’ailleurs) qui réussissent à faire tenir trois journées dans une, à jongler entre vie pro et vie perso, tout en essayant de rester coquette, avec les ongles joliment vernis et le sourire de façade qui va toujours bien.

À l’image du billet fort intéressant de Quatre enfants, j’ai voulu lister ma charge mentale de la semaine passée, histoire de poser ici tout ce que beaucoup (d’hommes, soyons clairs) n’imaginent même pas. Parce que tous les hommes que je connais bossent. Ils ont des enfants mais rentrent tard. Oh zut, pas le temps pour eux malheureusement de gérer les devoirs, les douches et les repas. Juste celui de se glisser les pieds sous la table et d’aller embrasser leur(s) merveille(s)…

Le mien travaille avec moi, j’ai la chance inouïe de l’avoir à mes côtés. Il sait donc, puisqu’il voit. Il fait les courses (alléluia) mais, je gère les allers-retours à l’école, les devoirs, les mots aux instits, les anniversaires chez les copains, les anniversaires à la maison, les inscriptions sport/musique…, les repas, les bagarres dignes d’un conflit palestinien, les gueulantes, les couchers, les histoires et les très très rares cauchemars…

La semaine passée donc, j’ai dû :

  • penser à l’anniversaire de ma blonde (cadeaux, gâteaux, repas de fête)
  • relancer l’entreprise qui va accueillir n° 1 pour son stage en juin
  • répondre au prof de la section-rugby pour l’inscription de n° 2 l’an prochain
  • penser à la répétition de ma blonde pour son spectacle de fin d’année
  • acheter des fiches Bristol pour n° 1
  • acheter le livre demandé par la maîtresse de n° 3
  • prendre RV chez le dermato pour n° 2
  • échanger 12 000 mails avec ma comptable pour le (fucking) bilan
  • annuler un déj avec une copine (rapport à mon bilan qui n’avançait pas…)
  • prendre rendez-vous avec notre merveilleuse coiffeuse à domicile pour les enfants et mon homme (j’ai quant à moi, résolu le problème, je vais le coiffeur tous les 5 ans, je gagne un temps fou !)
  • filer à la papèterie en urgence pour acheter une feuille A2 pour l’exposé de n° 3
  • aider n° 3 à faire son exposé donc…

S’il n’est pas spécialement question ici de se plaindre, ni de détailler le travail de fourmis que nous accomplissons toutes, il s’agit quand même de mettre un petit mot, en passant, sur cette fatigue qui ne disparaît pas, cet abattement que j’ai personnellement chaque soir vers 20h30, ce drôle de sentiment d’épuisement. Alors bien sûr, quand la nuit est bonne (et la musique aussi, coucou Jean-Jacques), on repart toutes de bon matin, fraîches et roses, prêtes à… recommencer. Et quand, à force d’épuisement, on ose un tu pourrais peut-être me filer un coup de main, genre étendre la lessive et gérer les disputes, et qu’on essuie le fameux « fallait le dire », on en rirait presque si ça n’était pas si douloureux.

La clé ? Éduquer nos fils. Oui, parce qu’on ne va pas se mentir, cette charge mentale nous est exclusivement réservée. Raison pour laquelle, nos fils tondent, vident le lave-vaisselle, repassent TOUT le linge quand ils sont en vacances, savent préparer quelques repas basiques (steak, pâtes, salade…) et me relaient de temps en temps pour l’histoire du soir. Chaque semaine je leur dis et répète qu’ils DOIVENT m’aider, faire leur lit, ranger leur chambre et aider les petits à en faire autant. Mon père ne savait pas où le sel était rangé, mon mari sait étendre une lessive. Je fais tout pour que mes fils puissent être de merveilleux compagnons, des adultes instruits et généreux… et je sais la chance que j’ai chaque fois que je les entends me dire, laisse maman, je m’en occupe…

 

217 / Travailler en freelance > de l’art du jonglage

 

  • C’est cool pour toi, comme tu bosses en freelance, tu peux traîner en pyj et boire un café en terrasse avec tes copines en plein milieu de l’après-midi si ça te chante.
  • Génial ! Toi au moins tu n’as pas besoin de demander à ta boss si tu veux prendre tes congés en juillet.
  • Han, tu peux accompagner les sorties scolaires de tes enfants. La chance !
  • Super ! Tu as gagné plein de blé ce mois-ci.
  • Je t’envie vraiment, tu dois pouvoir dormir un peu le matin !

Voilà un petit concentré des idées reçues sur les gens qui, comme moi, ont dit bye-bye au salariat.

Quand j’étais étudiante à la Fac, j’ai bossé à mi-temps dans une entreprise pendant toutes mes études, j’étais salariée. Et puis un beau matin, on m’a remerciée. Mais sans la formule de politesse. J’avais 22 ans et le loyer à payer. Alors avec mon homme, en deux heures, on a dit on se lance. Le lendemain on allait demander un petit prêt à notre banque. Deux jours plus tard on faisait la tournée des clients. Quatre jours après on achetait deux Macs et une imprimante. Depuis, j’ai la chance inouïe d’être au RSI. Oh wait! La channnnnce !

Depuis 20 ans donc, dans le désordre, j’ai renoncé :

  • Aux congés payés
  • Aux trajets métro-boulot (je monte l’escalier…)
  • Aux 5 semaines de vacances annuelles
  • À la machine à café
  • Aux réunions sans fin
  • Aux RTT
  • À la sérénité
  • Aux nuits sans stress
  • Au salaire fixe à la fin du mois
  • Aux collègues
  • Aux sourires de mon banquier
  • Aux horaires à peu près fixes

Mais j’y ai gagné :

  • Tout ce que je suis
  • Ma liberté. Presque totale. (Pas de patron mais des clients très exigeants…)
  • Mon autonomie
  • Un temps de dingue (que je passe à bosser alors finalement…)
  • De la force
  • Des cheveux blancs
  • 8 bras et 3 cerveaux => en plus de mes boulots, je gère la compta/le secrétariat/mes clients/le RSI/mes élèves/les impôts/la paperasse (<= ma pire ennemie…)
  • De la disponibilité
  • Le sens assez aigu de l’organisation finalement (agenda blindé 11 mois sur 12 mais on essaie d’anticiper les fondamentaux, le reste se gère à l’arrache…)
  • L’image que je renvoie à mes enfants et dont je suis un peu fière => ils nous voient bosser, jongler, s’arranger, s’organiser. Essayer de faire au mieux, pour eux aussi, même si souvent ça tient de la haute voltige…
  • De très belles rencontres
  • Des remises en question régulières
  • Le fait de travailler avec plaisir avec mon homme
  • Un drôle de sentiment de tout pouvoir gérer (<= faux donc…)
  • Des angoisses à ne plus dormir
  • 2 contrôles URSSAF (oui, madame, on vérifie, c’est tout…)
  • 3 jobs
  • de l’adaptabilité
  • des surprises…

J’aurais pu tout changer. Postuler, passer des entretiens et peut-être réintégrer une entreprise. Mais alors je n’aurais pas le privilège d’occuper mes journées avec trois activités si différentes. Pour autant, je me réveille parfois en sachant que je suis bonne pour Sainte-Anne. (Réservez-moi une place près de la fenêtre !)

Question organisation pratico-pratique, j’ai des horaires de bureau. Extensibles…
Je suis au bureau dès 8h45, après avoir déposé les enfants à l’école. Je prends une petite heure le midi et le soir je m’arrête vers 18h30 en temps normal. Ce qui veut dire qu’à 18h31, je suis disponible pour mes enfants. Les semaines chargées, je prolonge jusqu’à 19h30, heure à laquelle je fais une pause pour nourrir la tribu… Et j’y retourne après. Le tunnel 15 février-30 mars est toujours très difficile : les journées sont interminables, le stress à son comble et les nuits beaucoup trop courtes… Ce n’est pas toutes les semaines et ce n’est pas non plus l’usine, ni la mine. Donc on évite de se plaindre. Mais je travaille très (trop) souvent le week-end et je ne pars plus en vacances sans mon ordinateur. Je reste, comme on dit, disponible…

Je me demande souvent vers où iront mes enfants. C’est un peu comme les enfants des familles nombreuses (je coche la case…) qui préfèrent finalement n’avoir qu’un enfant. Le souvenir d’une enfance entre sons et lumière n’étant pas toujours idyllique… Je ne suis pas certaine donc qu’ils se projettent vers un avenir « comme maman ». Ils sont encore un peu jeunes d’ailleurs pour penser métier, entreprise, statut, CDD… Eux rêvent de voyages et de liberté. Et aussi de châteaux (en Lego). Alors pour l’instant, je les laisse dans ce monde-là…

 

214 / La mère et le père, sans le sourire de la crémière

Petit coup de gueule du jour… bonjour ! Et booooonne année bien sûr !

Mon premier billet en 2017 sera amer. Pas de panique, je reviendrai plus légère d’ici quelques jours… Mais voilà, avec ma tribu de 5 loupiots, mes nerfs sont parfois mis à très rude épreuve et j’ai un peu (trop) le sentiment ces temps-ci de manquer du soutien de l’homme, mon homme, leur père. Petit résumé de la situation : je travaille ET je m’occupe des devoirs, je supervise (de plus en plus loin, certes) les douches, je vérifie que les sacs d’école sont prêts LA VEILLE, idem pour les sacs de sport, j’ai en mémoire les jours de bibliothèque des petits, je gère les trajets chez les copains/copines, j’envoie les sms aux parents (enfin, aux mamans !) des copains chaque fois que n° 3 a mal noté un truc dans son agenda « Dis-donc, le mien a noté ex. 10 p. 137, mais il n’y a pas d’exo 10 sur cette page… Le tien a noté autre chose ? » (<= Ça, c’était la conversation hautement philosophique d’hier…). Je gueule râle souvent, ils ont l’habitude, moi aussi. Tout va bien. Je ne suis pas rancunière donc chacun a évidemment son câlin du soir, évidemment. Mais j’ai transmis tous mes pouvoirs aux grands pour qu’ils me remplacent de temps en temps et lisent quelques pages à leur petite sœur. Oui parce que bon, en vrai, je fatigue aussi…

Et ce matin, après une migraine carabinée ce week-end et 3 nuits bien moisies, c’est un peu les nerfs à vif que j’ai découvert mon fils, à moins 10, vérifiant son exo de maths, (noté l’exo, sinon c’est moins drôle), se demandant s’il n’aurait pas mieux fait comme ci plutôt que comme ça, trousse perdue et pompes à l’autre bout du salon. Pétard de feu, mon sang n’a fait qu’un tour et mon fils (ma bataille) risque de se souvenir longtemps de mon pétage de plombs ! Ou pas d’ailleurs, puisque j’ai l’impression que je suis la seule a avoir eu l’estomac noué toute la journée. Eh oui, miss culpabilité ne m’a pas quittée de la journée… Mais pourquoi tu te mets dans des états pareils ? Eh laisse-le donc gérer… Est-ce que je vais tous les rendre totalement dingos… Voilà en substance les bonnes idées qui ont encombré mon petit cerveau aujourd’hui.

Donc, on essaie de les éduquer, de mettre les limites, mais faudrait pas trop les stresser non plus nos petits trésors, et garder aussi le sourire d’ailleurs, parce que bon, faire le gueule, c’est contre-productif. Et puis être aimable au boulot, évidemment. Préparer des bons petits plats également, parce que jambon-pâtes, c’est moyen pour leur putain de croissance. Surveiller leur scolarité mais les rendre autonomes, savoir être disponible sans être envahissante, les écouter mais accepter les silences… et surtout, ne rien attendre.

Ils ne mettent pas la table spontanément ? Ils ne proposent pas de t’aider ? Ne surtout pas se plaindre, c’est ça être parent… Enfin bref, la liste n’est pas exhaustive et j’avoue, je suis loin, très loin de rester ZEN tous les jours. Donc, va comprendre pourquoi, là, ce matin, j’ai légèrement exagéré, c’était la goutte d’eau de trop, parce qu’objectivement, l’exo de maths je m’en tape comme de ma première tasse de café. J’ai donc demandé à mon homme de ne pas hésiter à m’épauler sur ce coup-là, hein, toutes les bonnes volontés étant les bienvenues et je ne suis pas complètement perchée, l’autorité du père, ce n’est pas la même chanson que celle d’une mère. Je ne sais pas comment ça se passe chez vous, disons qu’ici mon homme est beaucoup plus calme, zen et raisonnable que moi (l’être moins que moi ce serait franchement pas de bol pour eux !). Mais quand il s’énerve, les mômes frôlent les murs et o.bé.i.ssent. (3 fois l’an donc…). Ce matin, on a donc convenu ensemble que son autorité devait s’exprimer davantage, parce que j’en ai marre de passer pour la râleuse hystérique qui n’est jamais contente… que j’aimerais bien, moi aussi, profiter d’eux et me réjouir d’avoir de si beaux enfants (beaux mais chiants > si jamais j’atteins un jour le niveau 2 de patience, je n’en perdrais pas complètement mon objectivité…)

Nous avons tous (enfin toutes…) nos exigences, certaines sont maniaques du lavage de dents, d’autres ne partiront pas sans avoir vérifié que TOUS les lits sont faits, alors que quelques-unes sont des angoissées du p’tit déj, des flippées de l’hypoglycémie. Vous l’aurez deviné, je n’ai pas ces manies-là (< rapport à mon bordel organisé génétiquement inscrit dans mes veines ET dans celles de mes enfants…) mais je ne supporte pas bordel qu’on se fiche de moi (> je reste polie, notez bien…).

Pour autant, avec un tantinet de recul, j’arrive à me dire (de temps en temps), que ce sont des enfants. MAIS bien souvent une petite voix s’empresse de me rappeler que c’est notre boulot, notre devoir même de les élever en leur montrant la réalité, les contraintes, les attentes. Être cool, planer à dix mille, voir ses potes et passer à la boulange après le collège pour acheter des bonbecs, c’est la super belle vie. C’est l’adolescence insouciante et c’est chouette. Vivre en famille, partager, aider, c’est aussi ce que je veux essayer de leur transmettre. Il y a des contraintes mais aussi des grands bonheurs… Je leur rabâche tous les jours qu’il n’y a pas de plan B > moi vivante, ils n’auront pas d’autre choix. Je tiens bon mais parfois, je m’épuise. Mais je tiens bon…

Et vous ?

 

213 / Noël, et la surenchère des cadeaux…

Pas d’affolement, je ne viens pas plomber l’ambiance avec une « bonne » morale, juste partager ici mon ressenti du moment. Comme vous toutes, je réfléchis aux cadeaux de Noël pour nos enfants, ils ont même fait des listes… Mais plus ça va, plus cette histoire me chiffonne.

D’ailleurs, ce matin j’ai écouté la toujours excellente chronique de Claude Halmos sur France Info. Je vous la recommande, on doit pouvoir la chopper en replay.

Donc, 2 choses :

  • Primo, à l’école des enfants hier, c’était la fête de Noël. Chants, vin et chocolats chauds, marché de Noël, c’était tout mignon. Et comme chaque année, l’école propose une belle initiative : que nos enfants offrent un jouet à eux pour les enfants du Secours Catholique. On ne nous demande pas d’acheter un jouet, non, on leur suggère de partager, d’offrir un des leur. Plus dur… Le porte-monnaie de papa-maman, ils doivent penser qu’il est extensible, que les Euros poussent dans le jardin… alors aller dans un magasin et choisir un jouet pour un autre enfant, je suis certaine qu’ils le feraient tous sans trop rechigner. Mais se séparer d’un jouet/livre/peluche à eux, ça n’est pas anodin et je trouve l’initiative excellente. => C’est d’ailleurs l’occasion chaque année de leur rappeler que TOUS les enfants n’ont pas de cadeaux à Noël, que certains se contenteront de très, très peu. Et dire aussi que la valeur marchande d’un cadeau n’est de loin vraiment pas l’essentiel. Qu’un cadeau fait avec amour/amitié/générosité vaut tous les sabres laser à one million dollars…  Je les ai donc vus jeudi soir dans leur chambre, chercher, choisir, oh et puis non, celui-là je l’aime vraiment beaucoup, bon ok d’accord, je le donne. Et je rajoute, ça, et ça aussi… On a pris soin de faire des beaux paquets et c’est tout contents qu’ils sont arrivés vendredi matin à l’école, chacun portant fièrement son cadeau pour l’offrir à un autre enfant.
  • Deuxio, les catalogues de jouets inondent notre boîte aux lettres dès novembre, c’est donc assez naturellement que les enfants découpent, collent et font une liste longue comme mon bras… Et cette année, va comprendre pourquoi, ça me déplait fortement. Ça manque d’un tout petit peu de surprise, non ? Je ne suis pas née de la dernière pluie (Ophélie) et  Noël, comme toutes les fêtes d’ailleurs est devenu un business XXL, j’en ai bien conscience (Hortense). Mais pour nos enfants, et nous aussi d’ailleurs, c’est surtout (enfin, ça devrait être…) la joie de retrouver et de gâter nos proches. Se retrouver autour d’une belle tablée, mettre des jolis vêtements, oublier les soucis le temps de ces retrouvailles et inscrire ces bons moments-là au patrimoine des meilleurs souvenirs.
    Hier, avec mon homme, nous sommes partis remplir la hotte, avec dans la poche lesdites listes. Arrivée dans le magasin, je les ai bien regardées et puis j’ai décidé de les ignorer. Cela m’a valu une discussion animée avec mon homme et j’ai fini par obtenir gain de cause en fixant 2 règles > 1. Pas plus de cinq paquets par enfant, ça me paraît plus que généreux. 2. Nous sommes leurs parents, qui mieux que nous peut savoir ce qui leur plaira ? Pas besoin de liste, je sais que ma blonde adore bricoler, tricoter et jouer à des jeux de société avec ses frères et sa sœur.
    Nous lui avons donc choisi :
    – un chouette coffret pour fabriquer des pompons
    – un autre avec des perles… pour faire des petits bijoux
    – un 12e jeu de cartes UNO (je ne sais pas chez vous mais ici, les cartes disparaissent, sans doute la petite souris…)
    – la 125e poupée peroxydée => Barbie danseuse étoile, au hasard…
    – et un jeu de Bonne paie
    Elle nous fera probablement remarquer que ce n’est pas ce qu’elle avait mis sur sa liste. Et je répondrai que le Père Noël est bien malin puisqu’il a perdu sa liste mais qu’il a choisi des cadeaux qui la ravissent. Ou alors elle m’enverra paître et boudera toute la journée ! Qui sait ?

Moi et mes convictions on s’est souvent plantées… Mais cette année, je crois quand même qu’il va falloir dire et redire que la magie de Noël c’est le partage, les sourires et les jolies couleurs. Et le chocolat, bien sûr.

Parce que Bidule a eu 2 paquets de plus que moi, on s’en fiche un peu. Non ?

Mais vous, racontez-moi, à J-15, comment vous faites ?

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205 / L’enfance vue par Libé

Je ne vais pas vous mentir, je pourrais vous faire un chouette rébus du style :

  • mon premier est noyé
  • mon second ne fait pas surface
  • mon troisième bosse beaucoup

>> je suis, je suis… dé-bor-dée !

Bravo !

Voilà. C’est le revers de la médaille, j’ai beaucoup de boulot et mon banquier est content, mais moi je râme (<– rapport à la blague, « noyée », « je rame », vous suivez ou bien ?)

Bon, bref, je dois finir mon article sur l’école, le système et nos enfants mais je viens de lire ce très, très bel article publié sur le site en ligne de Libé, et comme il fait écho à tout ce que je pense, je prends 4 minutes pour vous inciter à la lire.

« Aujourd’hui, on voudrait des enfants raisonnables et purs. Cela donne des adultes immatures et désolés. Un adulte en relation avec son enfance est un être sensible, ouvert, conséquent, peu sujet à la dépression générale.»

En août, je serai officiellement en vacances, je prendrai alors le temps, entre deux glaces et 4 baignades (<— ce sera top, je compte les jours) de venir ici rattraper le temps. Promis. Juré. (Ok, pas craché…).

  Nous nous trompons de guerre. La cause de l’enfance devrait être la nôtre. Son impure perfection est noble, c’est celle de la liberté, pas «contrôlée» mais protégée. Ses blessures mêmes nous rendent nostalgiques. Là se sont inventés nos premières peurs, nos premiers chemins en forêts sombres, et les promesses, pas toujours tenues.

D’ici-là, prenez soin de vous. Gaffe au soleil qui brûle mais siestes et farniente en mode open bar…

Bises à toutes !

 

200 / Ma NOT-To Do list !

La fin d’année approche et avec elle bientôt sur l’internet, on verra fleurir des je promets que… je vais essayer de…, des listes longues comme mon bras de bonnes résolutions. J’en fais tous les ans, que je ne publie pas ici parce que ma petite voie voix intérieure doit sentir que j’aurai bien du mal à tenir de telles injonctions, fussent-elles apparemment raisonnables.

C’est mon 200e billet alors comme je ne suis plus à une contradiction près, je pense qu’il est temps de faire une NOT to do list !

Parce que j’ai 5 joyeux zouaves, 3 boulots, un homme, une maison, des priorités et des insomnies…

Parce que plus le temps passe, plus ces priorités s’éloignent d’un idéal inatteignable, et plus j’essaie de profiter des miens, de moins me noyer dans une goutte de café, de faire la part belle aux imprévus, à la chance et parce qu’il faut faire confiance à la vie.

Prêts ? Go !

1 – Ranger

Même mon homme y a renoncé… Tous les ans je me dis bon sang, c’est plus possible, faut vraiment que j’arrête de m’éparpiller, tout ce bazar sur mon bureau, dans la cuisine, dans la bagnole, (dans ma tête ?)… Seulement voilà, je n’y arrive pas. Je suis définitivement bordélique. J’accepte.

2 – Zen

Branchée sur 10 000 V, insomniaque, toujours envie de faire 10 choses à la fois. La zénitude, c’est dommage mais ce ne sera pas pour moi. Pourtant j’ai essayé le diffuseur d’huiles essentielles quasi sous mon oreiller, les massages relaxants, les musiques douces…

Dans une autre vie peut-être… je veux bien.

3 – Maman cool

Not possible. Nada. Rien. J’ai beau me dire c’est pas si grave, fiche-leur la paix, ne t’énerve pas… Je monte dans le tours. Les chaussettes qui trainent, les sacs de piscine/sport/musique/goûter à faire-défaire et refaire, ça me gonfle. Menu. Les douches qui durent trois plombes, écoper la salle de bain, rependre les peignoirs, retrouver le fucking livre de bibliothèque, remplir 5 fois le même imprimé à la rentrée, se farcir les visites chez les toubibs pour les certificats médicaux, ça m’use.

Faire des gâteaux pour les kermesses, couvrir les 23 livres, aller aux réunions de rentrée, ok, je le fais avec plaisir, mais bordel (oui je sais…), est-ce qu’on ne pourrait pas juste un peu nous simplifier la vie en septembre et convenir, tiens par exemple, une idée folle, qu’un toubib soit là le jour des inscriptions aux activités (chez nous danse + piscine) ?

Au club de rugby ici ils s’organisent comme ça > un gentil toubib assure une genre de permanence les 2 premiers samedis matins, examine les mômes et alléluia donne ce putain (oui, encore…) de certificat médical ! Note à moi-même > pourquoi mes enfants ne font-ils pas de rugby ?!

4 – Fêter leurs anniversaires dignement

Je ne sais pas si c’est freudien, peut-être tiens, quoi qu’il en soit, j’ai beau y penser un poil dans les temps, je n’arrive pas à faire des trucs de dingo comme on en voit sur les jolis blogs ou chez les bonnes copines. Il y a deux ans, mon petit bonhomme a fêté son anniversaire avec ses copains en juin (il est né en mars…). En décembre, j’achète des tonnes de chouettes cartes, je me réjouis de tant d’anticipation, et puis dès mars, c’est l’anarchie la plus complète… Je prépare des gâteaux à l’arrache, passe des coups de fil aux copines la veille… Salut dis-moi c’est l’anniversaire de mon trésor demain, oui demain, bah non je te l’avais pas dit parce que bon enfin bref, il serait dispo ton fiston demain ?! Voilà-voilà.

5 – Voyager

J’en rêve pourtant. Seulement voilà, 7 billets d’avion… Je ne développe pas hein, vous me suivez ? Longtemps je me suis dit que peut-être, en s’organisant à l’avance, on pourrait prévoir un petit trip, pas trop loin… On a fait l’Andalousie en voiture mais ses deux fois 1800 bornes avec 5 mômes à l’arrière ont eu raison de mes nerfs.

À mon avis, en acceptant ces postulats de départs, clairs et sans ambiguité, je devrais pouvoir entamer 2016 sur des bases saines… (Oui, parce que 2016, c’est presque demain…)

Et vous ? Dites-moi tout, vos to do list, honnêtement, elles vous servent ?

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