230 / La mère de l’ado. En 10 points

C’est fou comme les mères d’ado(s) ont ce je-ne-sais-quoi en commun… Les parents d’ado(s) forment, c’est certain, une sorte de confrérie sourde, un ensemble qui ne se retrouve plus désormais auprès des bacs à sable, mais qui se reconnaît très facilement : lors d’une soirée par exemple, on se regarde, on jette un œil discret au machin d’un mètre 80 qui se tient à l’écart, tronche en biais et portable à la main et… on se comprend. Mieux, on compatit !

L’an dernier, à la même époque, j’avais rédigé un petit billet sur l’ado et ses quelques caractéristiques bien reloues. Comme je suis globalement pour le principe d’égalité, voici cette fois nos petites spécificités. Celles qui font qu’on compte les jours en se disant que punaise, on en rira dans dix ans… Ou même un peu avant pour les plus chanceuses !

Pour les besoins de la narration, je suis repartie en zone de turbulences. Ça ne mérite toujours pas le Prix Albert Londres, mais ça vous évitera peut-être deux-trois séances chez le marabout du coin. (Parce que le trois fois sans frais chez le psy, on a déjà donné.)

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Véritable athlète, la mère de l’ado se prépare chaque jour à affronter les épreuves combinées du décathlon : aucune discipline ne ressemble à une autre mais elle maîtrise les courses, les sauts et les lancers. Ses performances sont très rarement récompensées (à peine remarquées) pourtant sur l’échelle de la fatigue, elle a atteint le maximum de points…

Le karma, cet enfoiré ! La mère de l’ado a l’habitude des soirées Fast food and furious… Entre les portes qui claquent et les airs désabusés, elle sait que chaque jour qui passe sans avoir menacé sa descendance de retourner sa chambre est un jour gagné ! (Celles qui savent, savent…).

PNC aux portes. Absolument pas parano, celle qui héberge son ado vit avec le téléphone vissé au bout du bras, qu’elle vérifie nerveusement (toutes les 23 secondes, en moyenne) en attendant une réponse. 21h18, elle a déjà envoyé 34 messages, « Ça va, tu es bien arrivé(e) ? Pas d’alcool, hein, promis ? Margaux est bien avec toi ? Simon aussi ? Tu promets ? Tu m’appelles si tu veux que je vienne te chercher ? Hein ? Dis ? Tu as bien reçu mon message tout à l’heure ? T’as pas répondu mais ça va, t’es sûre ? Je t’aime. » Intérieur nuit / extérieur jour, la mère de l’ado, veille.

Réflexe pavlovien, dès que le nom du lycée s’affiche sur le téléphone, elle se mord la lèvre, enchaîne les exercices de respiration abdominale et décroche, prête au pire… En moins de 10 secondes, elle imagine la liste et se prépare à entendre que son teenager :

  • est viré
  • a été surpris en train de fumer dans les toilettes
  • vient d’être emmené d’urgence à l’hôpital

Elle se demande alors pourquoi elle n’a jamais envisagé que ce simple coup de fil puisse lui annoncer que son jouvenceau allait recevoir la médaille du mérite. Allez comprendre…

Entre oripeaux de la jeune mère et peau, quelques années plus tard, un chouia usée, être mère d’un(e) ado c’est se débattre, se heurter et chercher inévitablement à comprendre le fruit de ses entrailles. Pour autant, si l’adolescence est une période de changements radicaux, à le voir nous observer de la tête aux pieds, le regard vaguement désespéré et l’entendre nous dire « T’as pas grossi un peu m’man ? », il nous arrive d’envisager sérieusement de l’enfermer dans sa chambre. Ce qui lui donnerait l’occasion de réfléchir à nouveau au sens des mots « respect » et « tolérance » mais aussi, pourquoi pas, de constater qu’un rangement complet de ce qui lui sert de chambre est devenu, il faut bien l’avouer, nécessaire.

La taille du nombril de l’ado étant inversement proportionnelle à celle de son cerveau, il exprime son besoin urgent, absolument vital d’un Iphone X et des pompes dernier-cri environ quinze fois par jour… Sa mère, elle, se satisfait de quelques clics sur Sarenza et Sephora. (Se reporter au point ci-dessus : oui, elle a un peu grossi, non, elle n’est pas susceptible…)

Pour maintenir des échanges familiaux riches et harmonieux quand on abrite un ado, mieux vaut suivre des cours de yoga le lundi midi. On sacrifie certes sa pause déj’ mais on en sent les bénéfices dès le soir. Pour autant, nager 2 km tous les mercredis et envisager la marche nordique le dimanche n’est pas totalement inutile. Pour la bonne cause…

Trois mots ont tambouriné sans relâche à la porte de nos nuits sans sommeil : « divorce » – « infanticide » – « Temesta ». Mais des mois de pratique intensive de la méditation de pleine conscience nous auront permis d’éviter haut la main d’avoir recours désormais à de telles pensées sombres. Peine perdue, joie retrouvée !

Pour preuve, c’est désormais :

  • Fais comme tu veux ma chérie…  (en pensant très fort, « Moi, je l’ai eu mon Bac, et du premier coup !).
  • Il me semble que ça n’est pas tout à fait exact mais je peux me tromper…  (On a dit, pas d’opposition frontale !)

Less is more. Tandis que l’ado prolonge nonchalamment sa nuit, maman se réserve désormais un doux créneau le samedi, généralement de 10h à 15h. La terre peut s’arrêter de tourner, l’eau de ruisseler et le CAC 40 dégringoler aussi vite, maman n’est là pour personne… Sans rien programmer, elle adapte chaque semaine ce moment merveilleux et en profite pour faire du shopping avec ses copines, aller chez le coiffeur, bouquiner tranquillos au fond de son lit, jardiner seule, ou rouler fenêtre ouverte et cheveux au vent en écoutant ses tubes préférés. Décharge mentale en mode « on ». Très, très efficace.

Ça veut dire beaucoup. On a survécu aux contractions, au régime sans sel et sans sucre pendant la grossesse, aux douleurs de l’accouchement, aux vergetures, aux crevasses, au baby-blues, aux nuits de merde, au terrible-two, aux poux, au harcèlement à l’école et aux disputes entre frères alors autant vous dire que ces quelques mois (ok, ça se compte en années…) ne vont pas (plus) (presque plus…) entamer notre joie de vivre et nos projets de famille unie. Parce qu’avoir un(e) ado, c’est un matin se surprendre à regarder son aîné, le trouver rudement beau et être fière de celui qu’il devient. C’est le laisser déployer ses ailes et découvrir, sans nous, ses envies et ses besoins, c’est trouver le recul nécessaire pour qu’il vive en grand, en tendre et en sincère, et qu’il construise sereinement l’adulte qu’il sera demain, c’est privilégier l’alignement des planètes pour lui éviter le pire, c’est croire au merveilleux, le voir et se dire que finalement, on a plutôt bien réussi.

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Edit :

Pour ma plus grande joie, ce billet a été partagé sur Le Huffington Post et sur Elle.fr

229 / Donnons le plaisir de lire à nos enfants

Dans la tribu, le rapport aux livres est tout à fait particulier et chacun entretient donc très différemment cet appétit. Personnellement, j’ai vu ma PAL augmenter en même temps que mes grossesses… Cinq enfants en dix ans, le marque-pages est longtemps resté figé au même endroit, grosso-modo page 32. Pourtant, mon appétit n’a pas diminué, j’achetais toujours autant de livres. Et puis désespérant de pouvoir terminer un bouquin, je les rangeais gentiment dans la bibliothèque. Jusqu’à 2015 en gros. Date à laquelle j’ai décidé que mes insomnies auraient au moins une utilité… J’ai participé également à un prix littéraire, organisé par mon libraire adoré, L’Esperluette à Chartres, et ce challenge m’a permis de rencontrer des auteurs, de parler avec d’autres dingos des livres, bref, d’échanger…

Très fins lecteurs et toujours de très bons conseils, je ne manque pas de solliciter les libraires quand j’ai un doute, quand je manque d’inspiration ou mieux, quand je veux
« juste » me faire plaisir. Parce que c’est bien de cela dont il s’agit n’est-ce pas ? Se faire plaisir, uniquement et entièrement.

Transmettre ce goût à mes enfants est un de mes challenges…

Ma fille de 8 ans semble totalement addict, tandis que mes deux ados sont passés à côté pour l’instant. Je précise « pour l’instant », parce que les chemins qui mènent à la lecture sont multiples, ils prennent parfois leur temps, il faut emprunter des sentiers rares, alors je ne renonce pas. N° 3 est très bon lecteur, pas spécialement curieux (pas assez à mon goût…) mais il ne rechigne pas à lire. Pour autant, ce n’est pas lui qui vide le plus ma carte bancaire… La petite dernière est au CP, elle commence à lire puisque la magie a encore opéré ! Je me suis fait surprendre avec chacun de mes enfants, ce moment où ils découvrent tout, sans nous, où les sons forment des mots puis des phrases et enfin des histoires m’aura bluffé chaque fois ! Mes filles aiment bien m’accompagner toutes les semaines chez le libraire : et moi j’adore les voir hésiter, choisir, questionner le libraire et tenir serré le trésor qu’elles m’ont convaincu d’acheter.

Sur IG plus qu’ici ou sur FB, je partage avec vous régulièrement mes coups de cœur ou ceux de mes enfants. La littérature jeunesse a tellement changé ! À mon époque, on avait le choix entre la bibliothèque rose et la verte… aujourd’hui, les auteurs et les éditeurs rivalisent d’ingéniosité pour essayer de faire tomber les enfants dans la marmite.

La KUBE, la box pour les enfants

Alors si comme moi, ce sujet vous tient à cœur, La KUBE, jusqu’alors box de lecture sur-mesure pour adultes, élargit son offre au public jeune et propose de créer un groupe de travail (des parents, instituteurs ou toute personne intéressée). Pourquoi ? Pour échanger et créer ensemble un concept qui donne le goût de lire aux enfants. Je suis heureuse de participer à ce projet évidemment et je vous encourage à vous joindre à nous dès maintenant mais attention jusqu’au 8 avril sur leur site.

Marre d’entendre « j’aime pas lire »…

(Re)donner le goût de lire en mettant entre les mains des lecteurs des livres qui sont recommandés sur-mesure pour eux par des libraires indépendants, c’est la belle idée de la Kube. « Donner le goût de lire » aux enfants a alors beaucoup d’importance puisqu’il s’agit d’un âge crucial dans l’apprentissage de la lecture et le développement ou non du «plaisir de lire ». Un sujet au cœur des préoccupations de beaucoup de parents, non ?

Alors, vous venez ? On vous attend…

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228 / L’importance de la gentillesse, en toute circonstance

Très absente ici car un tantinet débordée (5 enfants, trois boulots, la vie quoi…), je reviens pour partager une idée chère à mon petit cœur.

Professionnellement, j’ai inévitablement affaire à des gens adorables, charmants, pas très gentils ou carrément méprisants. Ces tempéraments existent partout et ignorent les classes sociales et les compétences intellectuelles ; la méchanceté ne fait pas grand cas des neurones. Bizarrement.

En tant que freelance, j’ai le privilège de décider de ne pas renouveler un partenariat avec quelqu’un qui aurait tiré sur la corde. C’est rarissime, mais ça m’arrive. L’an dernier notamment, j’ai bossé plusieurs mois au sein d’une grande équipe 2.0 formidable. Mais parmi les membres, il y avait une drôle de nénette. Une personne visiblement brillante intellectuellement mais totalement méprisante. Alors méprisable. J’ai mis les formes poliment à deux reprises avec elle et fini par expliquer que je ne souhaitais plus travailler avec elle. Je pensais me « griller » copieusement auprès de la direction mais j’ai préféré rompre avec cette ambiance de travail totalement contre-productive. Et puis je me suis aperçue que ladite nénette n’était pas très aimée de l’ensemble de l’équipe… Elle a donc naturellement disparu de tous les radars.

Au quotidien, je suis de ceux qui disent aux gens qu’ils aiment… qu’ils les aiment. Je ne sais pas si c’est tendance, vieux-jeu, démodé ou débile, moi je répète à mes enfants et à mon homme trente fois par jour que je les aime. Je le dis à mes amis et à ma mère. Je sais qu’ils le savent, mais ça me rassure de leur dire. (Alors bon, comme on n’est pas non plus chez Oui-Oui, il ne se passe pas une journée sans que mes enfants m’entendent vociférer comme un putois, menacer de partir seule sur Mars, mais ils savent que je les aime…)

Au boulot, quand une collaboration se passe bien (ce qui arrive très souvent), je ne manque pas non plus de le dire. Parce que c’est important. Pas pour l’égo. Pas pour les chevilles. Pour le cœur et l’âme. La gentillesse et la bienveillance, c’est toujours la bonne solution. On n’a pas besoin d’être méprisant, désagréable ou méchant. Je le dis à mes enfants tous les jours. On n’est pas d’accord sur tout, loin de là, mais on peut discuter, échanger et confronter nos opinions poliment. C’est parfois un sacré challenge tant ils grandissent. Nos mondes et nos valeurs s’opposent très souvent mais c’est sain tant qu’on se respecte. Ah, le voilà le petit mot mystère, ce bien précieux, ce petit trésor. Le respect… L’ado, cet être ultra sensible et auto-centré sur son nombril ne mesure pas toujours l’intérêt de nos échanges et supporte difficilement la contradiction mais je sais au fond que c’est ce qui forme et forgera son ouverture au monde, qu’il partagera demain sans nous, sans filtre.

Il y a quelques mois, on m’a confié une belle mission professionnelle. J’ai dû m’entourer d’une équipe que j’ai eu le privilège de constituer. Considérant que je connaissais et appréciais leurs valeurs professionnelles, je n’ai retenu que des gentils. Des qui ne grincent pas, des qui ne pinaillent pas pour tout et rien, des qui sont heureux de bosser. Je dors peu mais chaque jour je me réjouis de retrouver (virtuellement) cette joyeuse équipe ! Moralité, ils m’envoient régulièrement des mails du style « Je crois que j’ai fini, est-ce que je peux aider sur autre chose ? Que penses-tu si je proposais ci ou ça… ». On n’est pas amis, on travaille ensemble : on a chacun nos soucis, nos angoisses et nos priorités, mais au boulot, on reste aimable.

Hier, on m’a demandé « Comment tu fais ? On dirait que tout va toujours pour toi ? » J’ai bien failli m’étouffer car non, bien sûr, tout ne va pas toujours, je doute souvent, je dors peu et mal, j’ai des migraines infernales mais j’essaie d’épargner mes proches. Je ne fais pas semblant, je fais comme vous, je contourne, je prends sur moi, j’affiche un sourire et quand la cocotte déborde, je retourne ma chaise et je prends 5 mn pour faire les exercices de respiration recommandés par la sophrologue, je branche mes écouteurs, j’y mets ma playlist « bonne humeur » et je me répète ce mantra « Oublions ce qu’on a perdu, allons voir ce qu’on peut trouver… ».

227 / Parents d’ado : ni David, ni Goliath

Depuis deux-trois années, nous avons la chance inouïe d’héberger sous notre toit, non pas un, mais deux ados. (La vérité, on se régale !) Dans les faits, on fait un peu plus que les héberger. Comme on essaie d’être des parents potables, on offre, dans le désordre, le gîte et le couvert, les bisous et le linge propre, le soutien scolaire et les grasses mat’, et aussi un peu d’argent de poche. Faudrait pas qu’ils manquent de quoi que ce soit ! Moyennant quoi, bien sûr, eux nous délectent de leurs chambres en 3D, et nous offrent, suivant l’humeur, quelques tronches en biais autant que leurs éclats de rire, entrecoupés par les réponses aux snaps des potes. C’est qu’on a déjà des priorités à cet âge.

Bref, depuis plusieurs mois donc, on explore. On compte sur la parfaite orientation de la Lune et des astres pour nous aider mais on navigue pas mal… L’ado, cet être ultra-sensible, flotte aussi. Il cherche, semble-t-il, celui qu’il va choisir d’être et envisage la possibilité des multiples. Bref, il rame autant que nous.

Quand ils étaient petits, bébés, mignons, que tout ou presque était facile, je me plaisais à leur dire toi, tu décides pour tes doudous. Ton père et moi on s’occupe du reste. Autrement dit, et assez rapidement (disons à mesure que la tribu s’est agrandie, donc assez vite), ma patience a flanché. Concrètement, on a coupé court aux discussions sans fin. J’entends par là, untel aime la soupe, pas bidule. La mignonne mange les carottes râpées mais pas cuites, tandis que sa frangine raffole des poêlées de légumes. Dilemme ? NON. Hors de question de préparer sept menus différents, alors on a assez vite dégainé la phrase magique si tu as faim, tu manges… Non qu’on ait su éviter tous les drames, mais disons que nous avons réussi à établir un certain ordre des priorités. Pour autant, je le dis clairement : ici, c’est son et lumière. Rien d’instagrammable, pas de quoi fanfaronner auprès des copines, on fait toutes ce qu’on peut.

Mais l’ado a grandi, et comme dit la pub, il y a un cerveau sous le bonnet. L’enjeu a changé et les jolies barrières mises avec soin toutes ces années ont explosé les unes après les autres. On passe allègrement de la tendresse réciproque et complice à la crise de nerfs et au claquage de portes. Alors pour éviter l’irréparable, je m’interroge et j’essaie de me remettre en question pour lever les verrous. La règle n° 1, je le sais, serait d’éloigner la comparaison entre eux et nous. Je le sais notez bien… mais punaise que c’est dur d’éviter de regarder dans le rétroviseur et de ne pas leur dire tu sais que moi, à ton âge, je préparais à manger, ma chambre était rangée au carré, je faisais du baby-sitting tous les week-ends et je bossais comme une brutasse en cours ! Eh oui, il est devenu très très fragile l’équilibre. À force de chercher l’alpha et l’omega, on en perdrait même son latin… Alors j’essaie de passer à la règle n° 2, celle-là qui consiste à les laisser déployer leurs ailes sans faire péter mes galons de parent-qui-sait-déjà-tout. Je garde évidemment un regard toujours aimant mais vigilant pour leur permettre de vivre en grand, pour eux, la vie qu’ils se construisent. Je ne veux pas (et je peux pas, soyons honnêtes) être celle qui contraint toujours, qui surveille, qui oblige et même dirige. À eux de trouver la bonne distance avec les astres, la vraie vie et leurs envies. La trajectoire n’est pas tracée, elle est même souvent évanescente mais il va bien falloir accepter de laisser allumé le feu roulant de la vie pour qu’ils vivent leurs 1001 rêves et leurs 1001 vies.

Et à moi de trouver le bon recul, et d’envisager un trois fois sans frais pour un cœur de rechange. J’ai donc repris les entraînements à la piscine. Je nage pour laisser passer la vague…

« Le seul, le vrai, l’unique voyage, c’est de changer de regard. » Marcel Proust

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226 / Apprendre une leçon d’histoire au collège > un peu de méthodo

Ce week-end avec mes 2 mignonnes, on a ressorti les sandales à fleurs et les robes à paillettes (ou l’inverse je ne sais plus, ce soleil c’était l’ivresse totale)… Un 15 octobre, je vous le dis, Suzette, y a plus de saison ! J’ai même pris le temps de siroter un jus sur ma petite terrasse, en profitant de ces rayons sans nuage. Je me remettais à peine de l’uppercut provoqué par le film Detroit de Kathryn Bigelow (sur les émeutes raciales aux États-Unis l’été 67) (> Si vous ne m’avez pas vu, foncez.).

Et puis ma sœur m’a appelée. On a disserté longuement sur les différences de températures (on est de vraies intellos que voulez-vous) mais très vite elle m’a quand même dit, la petite a une interro en histoire mercredi, on y a passé plusieurs jours mais rien à faire, elle ne comprend pas ! Ça ne rentre pas. Tu peux pas l’aider ?
– Maintenant ?
– Bah oui, la semaine prochaine en fait il sera un peu tard… (#PasFaux)

Comment vous dire…

Quand j’étais en CM2, mon instituteur fermait les rideaux quand il se préparait à nous raconter l’Histoire… Il nous mettait dans l’ambiance, posait son mètre quatre-vingt-dix délicatement sur son bureau (si ça se trouve, il mesure 1,30 m, mais dans ma mémoire de gamine, il était grand, fort, et surtout, surtout, passionnant)…
Pas de livre ni de power point au mur mais je peux vous dire qu’on entendait les mouches voler tant ces récits nous abreuvaient. Quelques années plus tard, j’étais donc sur les bancs de la Fac, en Histoire. (Transmission tout ça…)
Si je raconte ça à ma petite nièce adorée, je doute que ça fasse avancer le schmilblick. J’aime toujours autant l’histoire, je suis le nez dedans depuis toujours grâce à mon boulot. J’ai donc, depuis, éprouvé quelques techniques pour que mes fils comprennent, apprennent et tant qu’à faire aiment (pas que pour la rime…) l’Histoire.

Dans ma grande bonté, je me suis dit que j’allais partager tout ça avec vous. Ce blog, c’est quand même aussi pour ça (> le partage). Vous suivez ? Pas de baguette magique ici non plus, juste quelques pistes qui pourront aider quelques-uns. Il y a probablement autant de façons d’apprendre une leçon que d’élèves, mais ces petits outils-là fonctionnent plutôt bien ici. Je vous épargne le topo sur le fait qu’il ne faut pas s’y prendre la veille pour le lendemain…

1/ Le contexte :
Primo, au collège, il faut apprendre les définitions et les mots de vocabulaire. Comment voulez-vous comprendre l’Occident féodal au XIIe siècle si vous ignorez le sens de « féodalité » et si les Capétiens ne vous évoquent rien ?

Pour schématiser, l’Histoire au collège, c’est une chronologie, des acteurs (personnages) et des lieux précis. Il faut être capable de situer les évènements pour les comprendre, dans le temps et dans l’espace.

2/ Il doit « connaître » les grandes lignes des personnages-clés : la vie de Charlemagne, son rôle… (Si c’est une leçon sur les Carolingiens. Parce que si la leçon porte sur l’urbanisation dans le monde, on s’en fiche un peu, en fait, du grand Charles…).

3/ Situer :
Grâce à mon meilleur ami Google, j’imprime une carte (ou je photocopie celle du livre). Je vire les noms propres (ou je les masque) et je lui demande de les replacer. (Action => réaction).

4/ Comprendre
Pour s’assurer que votre enfant a compris sa leçon et particulièrement si vous n’avez pas votre CAPES d’histoire, demandez-lui de vous « raconter » sa leçon. Comme vous n’y connaissez rien, posez-lui simplement des questions de bon sens. Il doit pouvoir y répondre… Mais pour l’aider à structurer sa pensée, orientez ses réponses :

  • Quel est le thème de sa leçon ? (la base…)
  • Quels sont les personnages-clés ?
  • Où cela se passe-t-il ? (parfois, ce sera une région : en Orient ; parfois, il faudra situer précisément > à Florence, si on parle de Michel-Ange par exemple)
  • Pourquoi ?
  • Comment ?

Je me souviens aussi qu’en 6e, le prof de mon fils demandait aux élèves d’imaginer 5 questions à poser sur le cours. Et d’y répondre. Au début, on était un peu sceptiques et puis finalement, c’est plutôt pas mal comme démarche :

  • Qu’est-ce qu’une seigneurie ?
  • Quelle est la place de l’église au Moyen-Âge ?
  • Qui est le seigneur ?
  • Comment exerce-t-il son autorité ?
  • Quels étaient les liens entre seigneurs et paysans ?

Autant de questions qu’on ne peut poser si on n’a pas relu attentivement son cours…

5/ L’aider à réciter (restituer ses connaissances)
Reprenez son cours (ou celui du manuel, ils sont très bien faits) et faites des phrases à trous : « C’est ??? qui pendant la bataille de ???? a permis aux ???? et aux ??? de ??? ».

6/ Pour réviser :
Je vous recommande à tous le site (ou l’appli) Kartable :

  • c’est gratuit…
  • il y a des cours et des quiz qui permettent de s’auto-évaluer
  • c’est apprendre différemment

Il y a plein d’autres sites et d’autres applis bien sûr. Mais pas besoin d’en utiliser 20 000. Le cours + le manuel, c’est normalement bien suffisant…

7/ Apprendre autrement :
Si rien ne rentre, il y a le cinéma  (Jeanne d’Arc, Germinal), les musées, les expos, les livres (les récits de chevaliers ne manquent pas, le roi Arthur, Robin des Bois…). Dans ce cas-là, bien sûr, c’est « romancé », il y a la mise en scène et la liberté du réalisateur ou de l’auteur mais ça peut vraiment aider à comprendre une époque.

Vous ne savez pas quoi faire pendant les vacances de la Toussaint ? Emmenez-les visiter le chantier médiéval du château de Guédelon, en Bourgogne. Bonheur garanti pour toute la famille ! Et si votre mignonne vous regarde l’un air désespéré et vous murmure «  J’aime pas l’histoire », redites-lui qu’elle est la mémoire de notre monde, qu’elle est vivante et qu’elle n’a pas de fin…

Et… bon courage !

PS > Si vous avez d’autres astuces, je suis preneuse.histoire.png

225 / Rester zen

Le mois de septembre est à peine terminé, à regarder les cernes de mes proches et les to-do lists s’allonger, il semblerait que le tourbillon de la rentrée ait déjà fait quelques dégâts. La faute au temps qui passe trop vite, aux journées de dingues que nous avons toutes, à devoir gérer le boulot, la famille, l’amoureux, les enfants…

Nous y voilà. En septembre donc ils ont repris les chemins de l’école, et nous on a assisté à toutes les réunions avec les instits/profs en primaire, au collège et au lycée… On a entendu les recommandations, les nouveaux programmes, les problèmes de discipline, de concentration, d’autorité… Et on se promet que cette année on n’attendra pas mars pour trouver des solutions…

Je suis formatrice en orthographe depuis plusieurs années. J’enseigne la méthode Anne-Marie Gaignard à des enfants, à des ados et à des adultes. Sauf si vous vivez sur Mars, vous n’avez pas pu échapper aux reportages dans les médias (télé/radios/journaux) concernant la rentrée scolaire. Parmi les banalités du genre, j’y ai trouvé plusieurs articles très intéressants (et certains carrément alarmants) sur le niveau de nos enfants. Le faible niveau en français fait enfin du bruit. Car les fautes d’orthographe sont partout > dans les cahiers de nos enfants, dans les rapports de stage de nos ados, mais aussi dans les mails de nos collaborateurs (« Oh, dans un mail, c’est pas si grave… »), dans les publicités affichées 4 par 3 (« C’est qu’une pub, t’énerve pas… »), et aussi évidemment dans les journaux et dans les livres.

Alors quoi ? Qu’est-ce qu’on fait ? Rien ? Si, on se bouge et on réapprend les bases. C’est possible. Mais c’est du travail. L’orthographe, ce n’est pas comme le vélo, il faut pratiquer, s’entraîner, apprendre. Bref, il faut tra.vail.ler. Pas de baguette magique mais en quelques heures, on peut être autonome, apprendre à se relire et reprendre enfin confiance en soi.

L’idée, c’est de prendre l’enfant (ou l’ado) là où il en est et le tirer vers le haut. Certains confondent « simplement » les terminaisons en –er et en –é et s’emmêlent les stylos avec les homophones on/ont, à/a, ou/où… Mais d’autres personnes ont de grosses lacunes, dues pour la plupart à des ratages dans l’apprentissage de la lecture. Dans tous les cas, on apprend à s’écouter écrire, et à s’écouter lire.

Depuis plusieurs mois, j’enseigne la méthode d’Anne-Marie Gaignard sur ZenEduc, un site de coaching exclusivement en ligne. Pourquoi ? Parce que c’est simple. Parce qu’après une journée au lycée, l’ado n’a plus de temps à perdre dans les transports. Alors on prend rendez-vous et on se connecte à l’heure qu’il a choisie. Qu’il vive à Toulouse, à Bruxelles ou en Haute-Savoie, peu importe. On se connecte et on travaille, au calme. Mais on s’amuse aussi… Oui, parce qu’on peut s’amuser avec l’orthographe. En la détricotant, en jouant avec, on arrive à comprendre sa logique. Simple, rapide, efficace, en moins de 20 heures on sort du calvaire des accords de participes passés et on reprend plaisir à écrire… et aussi à lire !

D’ailleurs, si votre enfant a des blocages en mathématiques, il peut également trouver un coach qui appliquera les méthodes de Michel Vigier, ingénieur et prof de mathématiques. Le blocage en mathématiques , lui non plus, n’est pas une fatalité. Les outils d’acquisition des fondamentaux existent et ont été validés par les expériences terrains successives menées entre 2004 et 2016 par les équipes de Michel Vigier. En s’appuyant sur les découvertes récentes en neurosciences et en pédagogie, Michel Vigier a développé une méthodologie ludique et efficace basée sur l’utilisation du boulier didactique (numération) et des tableaux (addition/soustraction, multiplication/division, pourcentage et proportionnalité).

Mais sur ZenEduc, il y a deux pôles. L’espace Educ (français, mthématiques, mémorisation…) et l’espace Zen. Parce que le métier de parent ne s’enseigne dans aucun livre, parce qu’on a tous les mêmes angoisses à base de : « Comment faire pour qu’il m’obéisse ? », « Rien ne l’intéresse, il me désespère… », « Comment éduquer sans punir ni crier ? », « J’ai un enfant précoce, comment l’aider en développant son potentiel »…
Alors sur l’espace Zen on peut choisir son module et bien sûr, son coach. En fonction de vos attentes, de votre caractère et de celui de votre enfant, Sandrine Dirani, la fondatrice et directrice du Site vous orientera vers le coach approprié.

Et si, comme beaucoup de parents, vous vous trouvez face à un silence glaçant quand vous posez à vos enfants en 1re ou en Terminale les questions fatidiques : « Que veux-tu faire plus tard? », « Qu’est-ce qui t’intéresse? »,  « Vers quoi souhaites-tu t’orienter? », la formation STRONG est faite pour vous et votre enfant.

L’idée, c’est qu’on fait tous ce qu’on peut. Et parfois, on peut faire beaucoup en déléguant…

Pour en savoir plus, découvrez ZenEduc avec cette vidéo de présentation.

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224 / Les devoirs de l’ado

Je n’ai jamais eu aucun scrupule à dire aux petits, puis aux grands, et maintenant aux ados, que je ne ferais jamais TOUT à leur place… Leur chambre leur appartient mais c’est une des pièces de la maison, moyennant quoi, même si je n’exige pas qu’elles soient nickel H24, un petit ménage/rangement hebdomadaire, ça me semble une saine habitude. Non ? Si. Hors de question de ramasser leur linge par terre et de ranger leur bureau.

L’idée, c’est le partage. Chacun fait ce qu’il fait le mieux pour aider la tribu. Ici, par exemple, ce sont les ados qui tondent notre petit carré de verdure, les petits vident souvent le lave-vaisselle, les grands étendent les lessives, prennent le relais dans la cuisine quand je n’y suis pas, aident ponctuellement aux devoirs des petits…

Mais. Oui, il y a un mais… il y a toujours un moment où ça dérape. Où rien ne va, où j’ai l’impression que les acquis n’en sont pas. Bref, en un mot comme en mille, un fucking moment où ça part en sucette. Et là, au mieux je râle, au pire je dévisse…

Alors je rabâche les devoirs de l’ado :

1. Tu cherches, tu trouves…
Ras-le-bol d’entendre le sempiternel je trouve plus mon cahier de maths, mamaaaaaan, t’aurais pas vu ma trousse ? Elle n’est forcément pas loin, malheureusement pas à sa place mais impossible qu’elle se trouve dans ma chambre ni dans celle des petites. Autrement dit, quand ils débarquent, avec leur mine de pauv’ être, en me demandant de l’aide, alors que bon, objectivement, dans ce cas précis je ne suis D’AUCUNE utilité, je répète > CHERCHE. ET TROUVE. Pas compliqué, si ? Parce que, comme par miracle, la trousse réapparaît TOUJOURS.

2. D’abord, tu fais ce que tu dois, et ensuite seulement, ce que tu veux…
Dans les faits, ça veut dire qu’en rentrant de l’école, tu poses ton sac et tu pends ton blouson. Ensuite tu prends le temps de goûter. Évidemment, tu laisses place nette (évidemment…) et tu enchaînes gentiment par tes devoirs. À partir du collège, je ne veux plus entendre j’ai pas de devoirs… Même si les profs n’ont rien donné, il FAUT relire les cours du jour et éventuellement, s’avancer. Le graal.

Quand tout ça est fait, tu files à la douche. Comme on est sept et que le ballon d’eau chaude n’est pas extensible, la douche reste… une douche. 10 mn max. Bien sûr, le linge sale se dépose immédiatement dans le panier prévu à cet effet et le peignoir se pend dans la foulée. La base.
À vous 5, vous consacrerez 3 mn max au couvert, vous vous organisez comme vous voulez, vous faites des tours, des fiches, des séries, je m’en fiche mais… c’est VOUS qui mettez le couvert.

Car après ? Quartier libre mes trésors, jusqu’au dîner. On apprécie à sa juste valeur la phrase magique « Qu’est-ce que je peux faire maman pour t’aider ? » mais on l’entend rarement. Pour autant, chaque fois que l’ado, en plus de débarrasser son assiette, prend celles des ses frères et sœurs (ou mieux, la mienne !), je regarde mon homme en suspectant une requête imminente. Pourtant, il faut bien l’avouer, l’ado oublie parfois son nombril et dans un acte de générosité assez ahurissant, parvient à aider son prochain sans forcément réclamer une paire de baskets à one million dollars.

3. Tu gères tes activités (matériel et temps de transport)
Avec mon homme, nous sommes absolument convaincus de l’intérêt du sport. Pour eux comme pour nous. Nos 5 enfants ont donc leur dose presque quotidienne. Et autant il me paraît normal de vérifier le sac de danse de ma mignonne de 6 ans, autant je trouve légitime d’exiger de l’ado qu’il prépare son sac À L’AVANCE, n’oublie pas sa carte de bus et range le-dit sac dès son retour. Les vêtements vont d’ailleurs directement dans la panier à linge sale (l’ado embaume pas mal, sachez-le…), sans passer par la case je moisis quatre jours dans le sac. Avouez que ça aurait de la gueule si je n’avais pas besoin de rabâcher ce petit triptyque chaque semaine… Alors je tiens bon, je ne plie pas, je ne le fais pas à leur place, mais je râle. Autant dire que ce n’est pas tous les soirs la mélodie du bonheur. Comme dirait Florence Foresti, « ce sont mes deux piliers d’éducation > crier, courir… »

C’est pourtant ça aussi, notre rôle > ne pas perdre de vue nos petits principes, essayer de leur transmettre nos valeurs, répéter que le partage est la seule solution. Écouter leurs requêtes et leurs besoins aussi, et tenter de les convaincre que la famille est le refuge de leur enfance, que l’école est une chance et surtout, surtout, qu’on ne joue pas au ballon dans le salon !

reve