222 / Ta lumière

Les perles ont glissé brutalement sur mes joues. Les yeux humides pour laisser filer la douleur, la peur, le va-et-vient dans les couloirs de l’hôpital, comme un flash.

J’avais pourtant repris mes habitudes, le boulot, râler sur un short qui zone par terre, quémander pour la 23e fois un coup de main, relancer l’assurance, filer en ville remplir le frigo, rien n’avait changé. Sauf cette image de ton sourire que j’aime tant. De tes beaux yeux qui brillaient déjà quelques heures à peine après ton opération.

Tu m’as dit je vais me battre. J’ai pensé tu n’as pas le choix. On sera tous là, ton homme, tes enfants et nous tes amis aussi. Tous ceux qui t’ont vue dans ta robe rouge l’été dernier. Vous deux et votre bonheur en bandoulière.

Je t’ai offert des livres pour que le temps s’envole plus doucement, pour que tes yeux se ferment chaque soir avec moins d’angoisses. Je publie le quotidien de ma douce tribu ici et ailleurs parce que ça te fait bien rire et puis le Dieu de la beauté du sourire s’étant penché sur ton berceau, je n’y résiste pas.

Ton homme veille. Comme tu le ferais pour lui. Il n’entend peut-être qu’un mot sur deux mais il t’accompagne partout, il ne lâche rien. Ensemble, ta main dans la sienne et son cœur si près du tien, vous avancez, un jour après l’autre.

Alors à toi ma douce, j’offre pour toujours mon amitié et ma colère, mes gâteaux au chocolat et mes tians avec de la crème, mon énergie et ma rage. Et je n’ai qu’une requête, guéris vite et bien pour qu’ensemble on continue à refaire le monde pendant de longues soirées. Et pour qu’à ma petite dernière, ta filleule, je puisse redire que l’amitié porte et réconforte, qu’elle tisse et partage, qu’elle libère autant qu’elle prospère. Chaque jour un peu plus.

221 / Préparer le rentrée…

Histoire de ne pas boire le bouillon dès septembre… Ça vous parle ?

Oui, je sais, elle est à peine terminée cette année scolaire (plus qu’une semaine les petits, tenez bon… et les grands aussi, courage !), on n’a même pas préparé les valises, et déjà je vous parle de septembre ? Oui. D’ailleurs, je vous l’annonce en avant-première mondiale, ici, nous avons déjà nos certificats médicaux pour la rentrée ! (Parfois, je m’épate moi-même) (Sinon, mes chevilles vont bien, merci…)

Pour les deux du fond qui peinent à suivre, à la rentrée :

  • n° 1 fera sa rentrée en 1re
  • n° 2 en 3e
  • n° 3 en CM2
  • n° 4 en CE2
  • n° 5 en CP

hashtag courage !

Comme je suis toujours à l’affût de ces petits rien qui nous simplifient l’existence, j’ai découvert au printemps que Quo Vadis sortait un nouvel Agenda Malin, idéal pour les CE2, CM1 et CM2. Ça tombe bien me direz-vous. La tribu est concernée.
Moi, j’ai depuis longtemps abandonné l’agenda papier au profit de mon iPhone, mon génial couteau suisse. Mais mes enfants ont bien sûr un agenda papier. Ou plutôt, ils avaient un agenda, parce qu’aujourd’hui, il ressemble davantage à un obscur carnet, sans couverture, plié en 2, avec des pages en moins… En général, je les laisse choisir à la rentrée en essayant de les orienter judicieusement : « Oh regarde celui-ci comme il a l’air chouette, en plus tu pourras réviser tes tables de multiplication et tes conjugaisons. Géniaaaaal ! » 

Mais alors, qu’a-t-il donc de si précieux, cet Agenda Malin ?
Primo, il a été conçu avec une professeur des écoles. Une qui a des élèves toute la journée, qui sait leurs inquiétudes, leurs soucis d’organisation, leurs besoins et… les nôtres ! #Alléluia.

Agenda-malin.png

Son look :

  • Exit le petit format 11x 17 perdu au fond du sac, celui-ci est au format A4, bien plus pratique. Celui des cahiers et des livres. Donc, quand l’instit distribue un document, un courrier ou un devoir, il se glisse facilement dans l’Agenda et ne le cherche plus (au milieu des billes et des papiers de bonbecs) (Oui, ça sent le vécu…)
  • On retrouve des mascottes au fil des pages : les Malins, des petits monstres colorés. Écolo, Globe-trotter, Positif, Sérieux, Rigolo, Zen. Ils me font beaucoup penser aux personnages du génial dessin animé sorti l’an dernier, Vice-Versa. Vous l’avez vu ?
  • Couverture plastifiée, évidemment.

La promesse :
Un outil pédagogique pour apprendre à s’or-ga-ni-ser. #Le Graal

  • La présentation sur 2 pages pour visualiser les devoirs de la semaine (quand les instits ont la bonne idée de les donner à l’avance).
  • Un super tableau double entrée : jours/matières. Comme ça, quand votre mignon rentre de l’école, plus besoin de hurler demander : Ton exo 12 page 25, c’est en Français ou en Maths bon sang ? Là, ce sera noté dans la ligne bleue (pour le Français), ou la rouge (pour les maths). Malin.

Les + :

  • Une thématique écolo avec notamment un lexique sur l’environnement qui me plaît beaucoup. Oui, parce que nos petits sont les adultes de demain…
    On y retrouve donc des astuces anti-gaspi pour notamment, diminuer sa consommation d’eau ou consommer moins d’énergie.
  • Une page avec le tableau de la langue des signes. J’adore !
  • Les tables de multiplication, les règles de conjugaison et des cartes (France et monde), bien sûr.
  • Des défis, jeux, quiz, astuces, bricolages autour du thème de la bienveillance vis-à-vis de soi, des autres et de la planète. #Great !

Chez nous, c’est donc mon n° 3, qui fera son CM2 à la rentrée qui aura la chance de s’en servir. S’il vous intéresse, vous pourrez vous le procurer ici ou dans toutes les bonnes papèteries. J’ai aussi la possibilité de vous en offrir trois exemplaires.

Agenda-malin-interieur.jpg

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Pour participer :

Je vous propose donc de jouer ici, sur le blog OU sur mon compte Instagram.

• Il faut, si ce n’est déjà fait, « aimer » la page Facebook du blog et me dire ici, sur le blog, l’âge de votre enfant.
• Une chance supplémentaire de gagner pour tout partage (quel que soit le nombre de partages). Merci de laisser le lien du partage dans un nouveau commentaire. Attention, les partages doivent être en mode PUBLIC pour que je puisse les voir et les valider.
• Si vous jouez sur Instagram, toutes les infos seront… sur la page du compte Instagram.

• Vous avez jusqu’au dimanche 9 juillet 2017 minuit pour participer. Les gagnants seront désignés par tirage au sort et annoncé en édit de ce billet.

Bon week-end à tous ! Ici, dernier round de juin > deux annivs et la kermesse. Ensuite, je rends mon tablier…

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EDIT

Merci à toutes vos participations ! Voici le nom des gagnantes :

Ce sont donc les enfants d’Angélique sur le blog, Jessica Verstraete sur FB et pitchounegrail sur instagram qui vont pouvoir noter leurs devoirs sur ce bel agenda dès la rentrée !

Envoyez-moi votre adresse à de5a7@orange.fr pour le recevoir directement.

Bon week-end à tout le monde !

 

 

220/ Des nouvelles neuves

À défaut d’être une blogueuse prolixe, franchement, avouez, j’ai un humour tordant, non ? Des nouvelles neuves, là, je fais fort ! Passons. Car puisque vous me demandez comment ça va, je vais vous raconter… En fait, je m’apprêtais à intituler ce billet Fucking juin mais je n’ai pas voulu choquer vos pupilles délicates. Pourtant, hein, il fut terrible ce mois de juin-là. Entre les 12 000 anniversaires (mais est-ce que tous les gosses sont nés en juin ? Je vais réclamer des stats à l’INSEE), donc entre tous les annivs, les spectacles de danse de n° 4, les compéts des garçons et la kermesse dimanche prochain en bouquet final, j’ai bien failli ne pas m’en remettre.

Ah, on me dit dans l’oreillette que mes migraines ont largement participé à plomber l’ambiance. Pas faux. Vous le savez, ou pas, je suis migraineuse depuis… toujours. Depuis 2 ans, le rythme s’est anormalement accéléré et depuis 2 mois, bah depuis 2 mois c’est juste l’enfer. Je cherche un mot moins violent, parce que je ne suis pas du genre chochotte mais j’avoue, j’y ai laissé mon énergie, ma force et une partie de mon sourire. Et quelques kilos aussi. Parce qu’à force de vomir, on y perd des plumes (oui, je préfère cette image au vomito…) (Je respecte mon lectorat…) La super bonne nouvelle du jour c’est qu’il semblerait que j’aie rencontré hier mon sauveur. Rien que ça. J’ai consulté au centre anti-douleurs, ici, à Chartres, la crème de la crème, le spécialiste des migraines, le boss, le Doug Ross de la caboche (en une petite ligne, je viens de me griller avec les moins de 25 ans…). Enfin un médecin qui ne me prend ni pour une dingue, ni pour une pauvre fille et qui ne me dit pas d’augmenter le Doliprane… J’ai donc un nouveau traitement de fond, une IRM à passer quand même histoire d’écarter une autre saloperie et un petit conseil du spécialiste au passage > « Savez-vous que parfois, le corps adresse quelques messages à une tête qui refuse de se mettre sur off ? Vous feriez bien de lever le pied, sans attendre », m’a dit-il gentiment dit… Alors vous savez quoi, au lieu de compter les jours jusqu’aux vacances, je vais gentiment et poliment refuser un peu de boulot, re-re-re-dire à la tribu que j’ai besoin de leur aide, tenter de dormir davantage et souffler. Pour de bon.

À part ça, il va falloir que je vous raconte comment mon fils de 15 ans a fait un stage absolument fabuleux début juin et qu’il est passé sur les ondes… Je reviendrai d’ailleurs vous faire un petit billet sur l’importance et l’utilité des stages pour nos ados (en 3e, c’est obligatoire, au lycée de n° 1, c’est fortement encouragé en fin de 2de). Ça vous dit ? Je vous donnerai au passage quelques pistes/tuyaux/infos pour que l’ado ne serve pas le café mais se coltine à la réalité en touchant du doigt un métier qui semble l’intéresser… Parce que c’est le but. Les confronter à la vraie vie…

En attendant, il va falloir que je me prépare psychologiquement à l’autre nouvelle de la semaine > dans quelques jours, ma petite mignonne, ma dernière, mon rayon de soleil va quitter la Maternelle. Ce qui veut dire que ce sera pour moi la fin des kilos de dessins à récupérer tous les soirs dans son sac, la fin des colliers en plumes, en coton et autres merveilles, et elle va, en septembre, rencontrer celle qui va lui ouvrir la maison où l’on rêve, l’endroit où on peut se réfugier, une source inépuisable de partages et d’aventures : les livres…

À vous les studios.

 

219 / Ma charge mentale

Comme vous toutes probablement, j’ai lu pas mal d’articles la semaine dernière à propos de la charge mentale, ce syndrome des femmes épuisées. Ce ras-le-bol, ce break-down que connaissent toutes les femmes (pas seulement les mères d’ailleurs) qui réussissent à faire tenir trois journées dans une, à jongler entre vie pro et vie perso, tout en essayant de rester coquette, avec les ongles joliment vernis et le sourire de façade qui va toujours bien.

À l’image du billet fort intéressant de Quatre enfants, j’ai voulu lister ma charge mentale de la semaine passée, histoire de poser ici tout ce que beaucoup (d’hommes, soyons clairs) n’imaginent même pas. Parce que tous les hommes que je connais bossent. Ils ont des enfants mais rentrent tard. Oh zut, pas le temps pour eux malheureusement de gérer les devoirs, les douches et les repas. Juste celui de se glisser les pieds sous la table et d’aller embrasser leur(s) merveille(s)…

Le mien travaille avec moi, j’ai la chance inouïe de l’avoir à mes côtés. Il sait donc, puisqu’il voit. Il fait les courses (alléluia) mais, je gère les allers-retours à l’école, les devoirs, les mots aux instits, les anniversaires chez les copains, les anniversaires à la maison, les inscriptions sport/musique…, les repas, les bagarres dignes d’un conflit palestinien, les gueulantes, les couchers, les histoires et les très très rares cauchemars…

La semaine passée donc, j’ai dû :

  • penser à l’anniversaire de ma blonde (cadeaux, gâteaux, repas de fête)
  • relancer l’entreprise qui va accueillir n° 1 pour son stage en juin
  • répondre au prof de la section-rugby pour l’inscription de n° 2 l’an prochain
  • penser à la répétition de ma blonde pour son spectacle de fin d’année
  • acheter des fiches Bristol pour n° 1
  • acheter le livre demandé par la maîtresse de n° 3
  • prendre RV chez le dermato pour n° 2
  • échanger 12 000 mails avec ma comptable pour le (fucking) bilan
  • annuler un déj avec une copine (rapport à mon bilan qui n’avançait pas…)
  • prendre rendez-vous avec notre merveilleuse coiffeuse à domicile pour les enfants et mon homme (j’ai quant à moi, résolu le problème, je vais le coiffeur tous les 5 ans, je gagne un temps fou !)
  • filer à la papèterie en urgence pour acheter une feuille A2 pour l’exposé de n° 3
  • aider n° 3 à faire son exposé donc…

S’il n’est pas spécialement question ici de se plaindre, ni de détailler le travail de fourmis que nous accomplissons toutes, il s’agit quand même de mettre un petit mot, en passant, sur cette fatigue qui ne disparaît pas, cet abattement que j’ai personnellement chaque soir vers 20h30, ce drôle de sentiment d’épuisement. Alors bien sûr, quand la nuit est bonne (et la musique aussi, coucou Jean-Jacques), on repart toutes de bon matin, fraîches et roses, prêtes à… recommencer. Et quand, à force d’épuisement, on ose un tu pourrais peut-être me filer un coup de main, genre étendre la lessive et gérer les disputes, et qu’on essuie le fameux « fallait le dire », on en rirait presque si ça n’était pas si douloureux.

La clé ? Éduquer nos fils. Oui, parce qu’on ne va pas se mentir, cette charge mentale nous est exclusivement réservée. Raison pour laquelle, nos fils tondent, vident le lave-vaisselle, repassent TOUT le linge quand ils sont en vacances, savent préparer quelques repas basiques (steak, pâtes, salade…) et me relaient de temps en temps pour l’histoire du soir. Chaque semaine je leur dis et répète qu’ils DOIVENT m’aider, faire leur lit, ranger leur chambre et aider les petits à en faire autant. Mon père ne savait pas où le sel était rangé, mon mari sait étendre une lessive. Je fais tout pour que mes fils puissent être de merveilleux compagnons, des adultes instruits et généreux… et je sais la chance que j’ai chaque fois que je les entends me dire, laisse maman, je m’en occupe…

 

218/Comment parler sexe avec son ado…

Il est un peu loin le temps (béni…) où vous faisiez gazou-gazou avec votre bébé sur les genoux. Où vos pensiez que rien ne pourrait jamais vous séparer, qu’entre votre bébé-tout-mignon et vous, ce serait l’osmose parfaite pour toujours…
Votre bébé-tout-mignon le restera peut-être éternellement, il n’empêche qu’il va falloir, un jour, le partager… Vers 13-14 ans, quand il aura les hormones au plafond et avant qu’il ne quitte le nid, vous allez devoir aborder avec lui/elle, ensemble donc, un chapitre que certains pensaient peut-être ne jamais devoir évoquer. (=> ils étaient naïfs, pas vous).

Votre ado grandit, et il/elle va sans doute avoir une vie amoureuse. Honnêtement, souhaitons-le. Pour autant, même si, comme ses concitoyens prépubères, il/elle a le smartphone greffé au bout du bras, et donc, accès à TOUT, ce serait bien d’en parler, d’aborder ce sujet ensemble, histoire de fixer quelques règles et éventuellement, briser quelques tabous. C’est aussi ça, notre rôle de parent, les prévenir, les accompagner et les protéger.

C’est à mon sens primordial d’en parler avec eux. J’y vois deux raisons majeures :
– C’est reconnaître qu’ils ne sont plus des enfants (mais pas encore des adultes).
– Ils ont besoin d’entendre certaines vérités, que leurs copains ne connaissant pas forcément…

Pas facile hein ? Vous hyper-ventilez, vous préféreriez retarder le moment ? Vous ne pensez tout de même pas pouvoir y échapper ? Participer à l’éducation sexuelle de nos enfants, même si ça peut être embarrassant, c’est aussi les laisser poser des questions, leur faire comprendre qu’on reste à leur écoute et évidemment, adapter les réponses à leur âge.

J’écoutais l’autre jour à ce propos une émission sur France Inter, et j’y ai appris en tombant de ma chaise que la moitié des 15-17 ans ont déjà surfé sur un site pornographique… J’ai immédiatement pensé « pas les miens », et puis je me suis mise à douter. Après tout, pourquoi pas eux ? Qu’est-ce qui les aurait mis « à l’abri » ? À quel moment aurions-nous été « plus malins » ? Et puis j’ai eu un semblant de réponse. Mais pour être honnête, j’en ai immédiatement parlé à mon homme et le soir-même, nous avons ré-entamé la discussion avec nos deux ados. Oui, nous avons le privilège délicieux d’avoir non pas un, mais deux ados. (=> le régal !).
Il y a quelques jours donc, nous les avons réunis et je leur ai demandé (en précisant que je ne me fâcherais pas…) s’ils avaient déjà vu des films pornos.

  • Oh non maman, t’inquiète…
  • Et avez-vous des copains (je ne veux pas connaître leur nom) qui ont surfé sur ces sites ?
  • Ouais, plusieurs…
  • Vous ont-ils proposé de les regarder avec vous ?
  • Non, mais même s’ils l’avaient fait, j’aurais refusé.
  • Alors écoutez-nous bien. Votre père et moi, on a eu 15 ans aussi, on a, comme vous, été amoureux. C’est normal. L’époque n’était résolument pas la même mais on a connu, vous vous en doutez, des histoires d’amour, des histoires sans amour et aussi des chagrins.

Parler de sexualité avec nos ados ne veut pas dire parler de NOTRE sexualité. Il ne s’agit pas de nous, mais d’eux. Nos deux aînés étant des garçons (13 et 15 ans), voici, en substance, ce que nous leur avons dit :

  • Règle n° 1

L’amour et la sexualité relèvent du domaine de l’intime. Autrement dit, hors de question d’étaler sur les réseaux sociaux vos relations avec Paule, Pierrette ou Jacqueline. Ni avec Paul, Pierre et Jacques… Ce n’est pas secret, c’est privé. On peut se confier à des amis, dire tout le bien qu’on pense de Lola, mais ON NE PEUT PAS publier sur Facebook/Instagram/Snapchat « je me suis fait Lola hier, c’est rien qu’une chaudasse ». Il est évidemment EXCLU de publier tout ou partie de votre anatomie intime, ainsi que celle de l’être aimé…

  • Règle n° 2

Si une fille vous plaît, mais qu’elle vous dit, t’es un bon copain, mais je ne suis pas amoureuse => ça veut dire NON. Et si elle vous dit, je suis amoureuse de toi, mais je me sens pas encore prête => ça veut dire NON aussi. Hors de question de forcer qui que ce soit à avoir des relations intimes avec vous. Le désir doit être partagé.

  • Règle n° 3

Le jour où vous et votre copine vous sentirez prêts, et bien que ce ne soit pas hyper glamour, CAPOTE obligatoire. Même si la fille vous dit, tu es mon premier amoureux, je prends la pilule, je n’aime que toi, j’ai fait des examens le mois dernier. On ne doute pas forcément d’elle, mais on en meurt de ces conneries…
(Ce sera aussi peut-être l’occasion de développer le sujet contraception, contraception d’urgence, utilisation d’un préservatif et de fournir des réponses claires : la pilule ne protège pas des MST, le préservatif ne peut pas se ré-utiliser. Ce qui nous semble évident ne l’est pas forcément pour eux.)

  • Règle n° 4

L’amour, c’est un drôle de sentiment qui peut donner le vertige. Au mieux, ça donne des ailes. Au pire, ça peut briser des vies. Certaines personnes ont des pratiques qui peuvent paraître choquantes, humiliantes… Si les deux personnes sont ABSOLUMENT consentantes, on s’en fiche. Par contre, ON NE FORCE PERSONNE à faire ci ou ça. JAMAIS.

  • Règle n° 5

On respecte les personnes qu’on a aimées. La base. On a vécu une chouette histoire et puis un jour on se rend compte que finalement ça ne colle plus ? On se le dit poliment, on met fin à une relation qui ne nous épanouit plus. Pas besoin d’être humiliant, irrespecteux ou méchant.

  • Règle n° 6

Rien n’est plus éloigné de l’amour que la notion même de performance. Untel collectionne les filles ? Il se vante d’avoir une nouvelle petite copine et de la faire grimper au 7e ciel ? Grand bien leur fasse. On ne sait jamais vraiment ce qui se passe entre deux personnes. Trouver sa moitié d’orange, ça relève de l’exploit. Rencontrer une belle personne et avoir le privilège de partager l’essentiel et le superflu, le beau et le moins lumineux, se sentir aimé et compris, ça n’est pas donné à tout le monde. Ça se protège.

  • Règle n° 7

On peut parler. Si Lola vous plaque comme un malpropre, si elle vous en fait baver, que vous avez envie de tout envoyer valser ou pire si vous avez des idées noires, IL FAUT EN PARLER. À vos potes, à la psy du lycée, à la mère de Bidule qui est drôlement sympa, à une cousine éloignée, au médecin de famille ou même à vos parents. On ne s’isole pas quand on souffre. Primo, c’est contre-productif, deuxio, parler de sa peine la fera un peu disparaître…

  • Règle n° 8

Chercher l’harmonie. On n’évitera donc de s’embarquer dans une relation toxique, encombrée par la jalousie, la méchanceté ou le manque de respect.

  • Règle n° 9

Elle va durer un jour, un trimestre ou une année. Peut-être même toute une vie. Vous vous souviendrez en tout cas sans doute très longtemps du prénom de votre première histoire d’amour. Chouchoutez-la. Faites en sorte qu’elle demeure un très beau souvenir.

  • Règle n° 10

Respirez, ça va bien se passer…

217 / Travailler en freelance > de l’art du jonglage

 

  • C’est cool pour toi, comme tu bosses en freelance, tu peux traîner en pyj et boire un café en terrasse avec tes copines en plein milieu de l’après-midi si ça te chante.
  • Génial ! Toi au moins tu n’as pas besoin de demander à ta boss si tu veux prendre tes congés en juillet.
  • Han, tu peux accompagner les sorties scolaires de tes enfants. La chance !
  • Super ! Tu as gagné plein de blé ce mois-ci.
  • Je t’envie vraiment, tu dois pouvoir dormir un peu le matin !

Voilà un petit concentré des idées reçues sur les gens qui, comme moi, ont dit bye-bye au salariat.

Quand j’étais étudiante à la Fac, j’ai bossé à mi-temps dans une entreprise pendant toutes mes études, j’étais salariée. Et puis un beau matin, on m’a remerciée. Mais sans la formule de politesse. J’avais 22 ans et le loyer à payer. Alors avec mon homme, en deux heures, on a dit on se lance. Le lendemain on allait demander un petit prêt à notre banque. Deux jours plus tard on faisait la tournée des clients. Quatre jours après on achetait deux Macs et une imprimante. Depuis, j’ai la chance inouïe d’être au RSI. Oh wait! La channnnnce !

Depuis 20 ans donc, dans le désordre, j’ai renoncé :

  • Aux congés payés
  • Aux trajets métro-boulot (je monte l’escalier…)
  • Aux 5 semaines de vacances annuelles
  • À la machine à café
  • Aux réunions sans fin
  • Aux RTT
  • À la sérénité
  • Aux nuits sans stress
  • Au salaire fixe à la fin du mois
  • Aux collègues
  • Aux sourires de mon banquier
  • Aux horaires à peu près fixes

Mais j’y ai gagné :

  • Tout ce que je suis
  • Ma liberté. Presque totale. (Pas de patron mais des clients très exigeants…)
  • Mon autonomie
  • Un temps de dingue (que je passe à bosser alors finalement…)
  • De la force
  • Des cheveux blancs
  • 8 bras et 3 cerveaux => en plus de mes boulots, je gère la compta/le secrétariat/mes clients/le RSI/mes élèves/les impôts/la paperasse (<= ma pire ennemie…)
  • De la disponibilité
  • Le sens assez aigu de l’organisation finalement (agenda blindé 11 mois sur 12 mais on essaie d’anticiper les fondamentaux, le reste se gère à l’arrache…)
  • L’image que je renvoie à mes enfants et dont je suis un peu fière => ils nous voient bosser, jongler, s’arranger, s’organiser. Essayer de faire au mieux, pour eux aussi, même si souvent ça tient de la haute voltige…
  • De très belles rencontres
  • Des remises en question régulières
  • Le fait de travailler avec plaisir avec mon homme
  • Un drôle de sentiment de tout pouvoir gérer (<= faux donc…)
  • Des angoisses à ne plus dormir
  • 2 contrôles URSSAF (oui, madame, on vérifie, c’est tout…)
  • 3 jobs
  • de l’adaptabilité
  • des surprises…

J’aurais pu tout changer. Postuler, passer des entretiens et peut-être réintégrer une entreprise. Mais alors je n’aurais pas le privilège d’occuper mes journées avec trois activités si différentes. Pour autant, je me réveille parfois en sachant que je suis bonne pour Sainte-Anne. (Réservez-moi une place près de la fenêtre !)

Question organisation pratico-pratique, j’ai des horaires de bureau. Extensibles…
Je suis au bureau dès 8h45, après avoir déposé les enfants à l’école. Je prends une petite heure le midi et le soir je m’arrête vers 18h30 en temps normal. Ce qui veut dire qu’à 18h31, je suis disponible pour mes enfants. Les semaines chargées, je prolonge jusqu’à 19h30, heure à laquelle je fais une pause pour nourrir la tribu… Et j’y retourne après. Le tunnel 15 février-30 mars est toujours très difficile : les journées sont interminables, le stress à son comble et les nuits beaucoup trop courtes… Ce n’est pas toutes les semaines et ce n’est pas non plus l’usine, ni la mine. Donc on évite de se plaindre. Mais je travaille très (trop) souvent le week-end et je ne pars plus en vacances sans mon ordinateur. Je reste, comme on dit, disponible…

Je me demande souvent vers où iront mes enfants. C’est un peu comme les enfants des familles nombreuses (je coche la case…) qui préfèrent finalement n’avoir qu’un enfant. Le souvenir d’une enfance entre sons et lumière n’étant pas toujours idyllique… Je ne suis pas certaine donc qu’ils se projettent vers un avenir « comme maman ». Ils sont encore un peu jeunes d’ailleurs pour penser métier, entreprise, statut, CDD… Eux rêvent de voyages et de liberté. Et aussi de châteaux (en Lego). Alors pour l’instant, je les laisse dans ce monde-là…

 

216 / L’ado. En 10 points.

Vous êtes à peine sortie des couches et des « maman, tu m’as pas fait le bisouuuuu », et vous avez brillamment survécu au fucking terrible two. Vous avez donc bien fait de profiter d’un petit répit plutôt merveilleux. Ce temps béni ou l’enfant découvre l’école, y apprend à enfiler son manteau et à faire ses lacets. Sans vous. Oh joie !  Certes, le soir vous attaquez le 2e round de votre journée mais à 20h si votre moitié vous aide (si, si, ça existe…) bon allez, à 21 heures max vous êtes pé-nar-de. Naze, mais tranquillou. À vous les séries sur Netflix  devant un plateau-repas, les soirées en amoureux à la cool.

Et puis, sans vraiment crier gare, l’ado pointe le bout de son nez. Assez insidieusement. Certes vous percevez malgré tout quelques signes, quand vers 10-11 ans, il/elle commence à lever les yeux au ciel alors que vous osez demander si sa journée s’est bien passée ou pire… s’il/elle envisage de ranger sa piaule avant l’hiver prochain.

Pas drôle.

Alors oui, vous avez bien quelques bons copains qui ont « des grands ». Ils vous ont d’ailleurs lancé plusieurs perches… profite tant qu’ils sont si petits, le nôtre fait la gueule un jour sur deux… Mais non, chez vous tout se passera bien, vous le sentez. Faut dire que vous avez participé à plusieurs ateliers menés par Isabelle Filliozat, alors la parentalité positive ça vous parle. D’ailleurs, honnêtement, ça n’était pas si compliqué, surtout depuis que vous avez dévoré « Chacun son caractère, comprendre le tempérament de son enfant »…

Mais… (oui, il y a un mais) un beau jour, vous êtes bien forcée de vous rendre à l’évidence. L’ado qui partage votre espace vital est devenu super chiant. Appelons un chat, a cat. Vous envisagez donc sérieusement les incantations mystiques, l’appel à un ami et même le vote du public…

Pour traverser cette zone de turbulences, il me semble bon d’avoir à l’esprit quelques caractéristiques de l’ado. Pour vous, je suis donc partie étudier en zone de conflit(s). Ça ne mérite pas le prix Albert Londres mais ça pourrait bien vous aider malgré tout…

• L’ado va prendre une quinzaine de centimètres en 18 mois. Il est donc fatigué. Faut le comprendre. Raison pour laquelle il est en permanence avachi. Sur votre canapé, sa chaise, son lit voire même votre lit s’il est plus près. L’ado est crevé, tout le temps. Bon, pas pour mater une vidéo sur YouTube parce que « ça, c’est pas fatigant »… Vous suivez ?

• L’ado version 2017 ne s’embarrasse jamais du mode d’emploi. Lui, il mate une vidéo d’explication sur YouTube. Rapide. Efficace.

• L’ado pense que dans le lave-vaisselle, il y a plein de petites mains prêtes à réceptionner son assiette, son verre et même ses couverts. C’est pourquoi il n’ouvre qu’au minimum la porte du-dit lave-vaisselle. Ça épuise…

• L’ado gère… T’inquiète. C’est juste que dans son monde, les heures font 80 mn. Il n’est donc mathématiquement pas « vraiment » en retard, là. D’ailleurs il gère…

• L’ado a faim. Très faim. Vous avez acheté de bons légumes bio sur le marché hier matin, vous préparez donc un merveilleux tian de courgettes, tomates et citron vert avec amour quand vous l’entendez s’interroger « C’est ça qu’on mange ce midi ? ” (l’ado n’a pas encore découvert les phrases complexes avec sujet-verbe-complément ET formule de politesse, mais ça viendra…)

• L’ado ressemble à son papa. Malade, il est proche du trépas, comptant les jours, affalé sur votre canapé. Il appelle 37 fois par minute pour réclamer un verre d’eau/ des kleenex/un massage… car il n’a « plus de force, vraiment, te moque pas, c’est terriiiiible ».

• L’ado n’a jamais froid l’hiver. Il a réclamé un manteau de marque à one million dollars mais finalement, il ne le met pas. Enfin, pas maintenant. Ne perdez pas espoir, il risque de le sortir en mai… avec le bonnet qui va avec. C’est trop dar.

• L’ado (qui n’a jamais froid) ne met pas de chaussettes l’hiver… Non, il/elle préfère des socquettes… D’ailleurs il/elle remonte malicieusement ses bas de jeans histoire d’avoir les chevilles à l’air. C’est swagg. OMG !

• L’ado n’a pas sommeil le soir. Vous si… Vous avez bien pensé à lui conseiller un bon bouquin, mais il refuse votre courtoise et néanmoins inefficace proposition. J’vois pas c’que ça va faire… Pis j’aime pas lire… (Suis-je bête ? Lire c’est pour les faibles.)

• L’ado possède un smart-phone dernier-cri, pourtant il ne téléphone pas. Non, il envoie des messages à son fraté sur Snapchat. Il s’exprime par monosyllabes… Bah ouais, c’est oklm.

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits existants ne serait PAS pure coïncidence…  Cette petite liste n’est bien sûr pas exhaustive, aussi je me suis dit que j’allais vous mettre à contribution. Racontez-moi donc les perles de vos ados, qu’on rigole un peu ! Et n’oublions pas, nous aussi, au siècle dernier, nous étions ados…