228 / L’importance de la gentillesse, en toute circonstance

Très absente ici car un tantinet débordée (5 enfants, trois boulots, la vie quoi…), je reviens pour partager une idée chère à mon petit cœur.

Professionnellement, j’ai inévitablement affaire à des gens adorables, charmants, pas très gentils ou carrément méprisants. Ces tempéraments existent partout et ignorent les classes sociales et les compétences intellectuelles ; la méchanceté ne fait pas grand cas des neurones. Bizarrement.

En tant que freelance, j’ai le privilège de décider de ne pas renouveler un partenariat avec quelqu’un qui aurait tiré sur la corde. C’est rarissime, mais ça m’arrive. L’an dernier notamment, j’ai bossé plusieurs mois au sein d’une grande équipe 2.0 formidable. Mais parmi les membres, il y avait une drôle de nénette. Une personne visiblement brillante intellectuellement mais totalement méprisante. Alors méprisable. J’ai mis les formes poliment à deux reprises avec elle et fini par expliquer que je ne souhaitais plus travailler avec elle. Je pensais me « griller » copieusement auprès de la direction mais j’ai préféré rompre avec cette ambiance de travail totalement contre-productive. Et puis je me suis aperçue que ladite nénette n’était pas très aimée de l’ensemble de l’équipe… Elle a donc naturellement disparu de tous les radars.

Au quotidien, je suis de ceux qui disent aux gens qu’ils aiment… qu’ils les aiment. Je ne sais pas si c’est tendance, vieux-jeu, démodé ou débile, moi je répète à mes enfants et à mon homme trente fois par jour que je les aime. Je le dis à mes amis et à ma mère. Je sais qu’ils le savent, mais ça me rassure de leur dire. (Alors bon, comme on n’est pas non plus chez Oui-Oui, il ne se passe pas une journée sans que mes enfants m’entendent vociférer comme un putois, menacer de partir seule sur Mars, mais ils savent que je les aime…)

Au boulot, quand une collaboration se passe bien (ce qui arrive très souvent), je ne manque pas non plus de le dire. Parce que c’est important. Pas pour l’égo. Pas pour les chevilles. Pour le cœur et l’âme. La gentillesse et la bienveillance, c’est toujours la bonne solution. On n’a pas besoin d’être méprisant, désagréable ou méchant. Je le dis à mes enfants tous les jours. On n’est pas d’accord sur tout, loin de là, mais on peut discuter, échanger et confronter nos opinions poliment. C’est parfois un sacré challenge tant ils grandissent. Nos mondes et nos valeurs s’opposent très souvent mais c’est sain tant qu’on se respecte. Ah, le voilà le petit mot mystère, ce bien précieux, ce petit trésor. Le respect… L’ado, cet être ultra sensible et auto-centré sur son nombril ne mesure pas toujours l’intérêt de nos échanges et supporte difficilement la contradiction mais je sais au fond que c’est ce qui forme et forgera son ouverture au monde, qu’il partagera demain sans nous, sans filtre.

Il y a quelques mois, on m’a confié une belle mission professionnelle. J’ai dû m’entourer d’une équipe que j’ai eu le privilège de constituer. Considérant que je connaissais et appréciais leurs valeurs professionnelles, je n’ai retenu que des gentils. Des qui ne grincent pas, des qui ne pinaillent pas pour tout et rien, des qui sont heureux de bosser. Je dors peu mais chaque jour je me réjouis de retrouver (virtuellement) cette joyeuse équipe ! Moralité, ils m’envoient régulièrement des mails du style « Je crois que j’ai fini, est-ce que je peux aider sur autre chose ? Que penses-tu si je proposais ci ou ça… ». On n’est pas amis, on travaille ensemble : on a chacun nos soucis, nos angoisses et nos priorités, mais au boulot, on reste aimable.

Hier, on m’a demandé « Comment tu fais ? On dirait que tout va toujours pour toi ? » J’ai bien failli m’étouffer car non, bien sûr, tout ne va pas toujours, je doute souvent, je dors peu et mal, j’ai des migraines infernales mais j’essaie d’épargner mes proches. Je ne fais pas semblant, je fais comme vous, je contourne, je prends sur moi, j’affiche un sourire et quand la cocotte déborde, je retourne ma chaise et je prends 5 mn pour faire les exercices de respiration recommandés par la sophrologue, je branche mes écouteurs, j’y mets ma playlist « bonne humeur » et je me répète ce mantra « Oublions ce qu’on a perdu, allons voir ce qu’on peut trouver… ».

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