189 / Dans le plat

Avant toute chose, il faut que je vous dise que j’ai reçu tous vos petits mots de soutien comme autant de jolies pierres précieuses, qui ont réchauffé mon petit cœur un peu en miettes ces derniers jours.

Vous dire aussi que je n’ai pas hésité plus de deux secondes avant d’en parler. Que sur cet espace, je préférerai toujours être légère et vous montrer le verre à moitié plein, parce que c’est la plupart du temps comme ça que je le vois. Mais à quoi bon vous dire des youhou quelle belle journée, tout est merveilleux, si au fond mes mains tremblent et mes jambes ne me portent plus. C’est le privilège de l’anonymat. On ne se connaît pas, vous savez de moi que je suis bordélique, gourmande, que j’ai 5 piles électriques merveilleux enfants, un compagnon en or, un boulot, que chaque fois que je peux, je sors courir, que je suis coquette et enfin bref, je ne sais pas si c’est l’essentiel… c’est en tout cas comme ça que je me présente à vous.

On ne cause pas politique ni déco d’intérieur ensemble, mais vous devez savoir que j’exècre le bleu marine, on aborde rarement les problèmes d’argent pourtant je dis souvent, il me semble, que je suis consciente d’être du très bon côté de la prairie. Je ne crois pas être une méchante, pour autant je grimpe vite dans les tours, suis plutôt bien élevée, ai comme objectif majeur que mes enfants apprennent à voler sans moi, sans nous, qu’ils soient fiers d’eux et ne doutent jamais de notre amour et de cette force.

À part ça, je suis pour la paix dans le monde, je ne fais pas dans le syndicalisme, je livre ici mes petites histoires pour vous faire poiler la plupart du temps, mais parfois (comme hier) c’est nettement moins fun. Oui parce que dans la vraie vie, ma pauv’ Suzette, on ne se marre pas tous les jours. Enfin, moi si. Tous les jours je me bidonne parce que ma fille chante faux mais déguisée en papillon que voulez-vous, elle est tellement drôle, parce que mon fils a enfilé son t-shirt SUR son pull et que ça ne le gêne pas, parce que son frère a un sens de la mode très très personnel, vraiment, et qu’il ressemble le plus souvent à un sapin de Noël avec ses baskets orange (sans « s »), son blouson bleu électrique et son futal rouge… Il s’en fiche et je l’adore.

Alors je rigole souvent mais depuis un moment, entre deux poilades, je paie cher. Un brin usée par la lâcheté environnante, un tantinet à bout d’avoir à faire et refaire, dire et redire MAIS persuadée malgré tout que ça en vaut vraiment la peine.

J’ai fait un petit tableau hier, façon Kramer contre Kramer (oui, je vous parle d’un film que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître), enfin pour la faire courte, en pleine séparation, un avocat conseille à son client de faire la liste du pour et du contre… Adaptée à ma petite vie (je ne divorce pas…) j’ai fait la liste de tout ce qui va, versus tout ce qui débloque. La première colonne s’étant révélée largement plus longue que la deuxième, j’en ai rapidement conclu que ma petite montagne à gravir ne ressemblait en rien à l’Everest, que j’allais donc devoir faire les bons choix, opérer un tri, dire un peu plus souvent « stoooooop, je n’ai plus d’air, je fais une pause, là, maintenant » et que tout allait s’arranger.

Ce matin, j’ai longuement discuté avec une amie, qui m’a dit tu sais, faut le dire quand ça ne va pas. Je dois être totalement à l’ouest mais ça a fait écho dans mon petit cerveau. Oui, faut le dire. Simplement. Et même si, globalement, personne ne peut rien pour moi, savoir qu’on n’est vraiment pas seul(e), entendre des petits mots gentils, lire vos messages hier, puis aujourd’hui, ça va vous paraître cucul la praline, mais ça m’a vraiment, mais vraiment, fait beaucoup de bien.

Je ne suis pas du genre larve à tendance mollusque alors je vais, comme avant, profiter de tout ce qui va bien, chasser de mon esprit les emmerdes (bien qu’elles soient objectivement très encombrantes), tenter de dormir la nuit (là, y a du taf) et retrouver le carré de ciel bleu qui illumine nos vies. Rome ne s’étant pas faite en un jour, je me doute qu’il va me falloir un peu de temps, c’est pourquoi j’ai fait un sacré stock de réserves en chocolats, en bons bouquins et puis on a prévu aussi, ce week-end de NE PAS BOSSER. Trois jours off, avec un programme de dingo > glandouille, promenades, plateau-télé midi et soir enfin bref, lever le pied (les deux si possible même comme dirait mon amie Cathy).

Elle est pas belle la vie ? Si elle l’est. Je n’en ai jamais douté. Mais merci encore à vous toutes de me l’avoir rappelé.

6 réflexions sur “189 / Dans le plat

  1. Je n’ai pas posté hier mais je suis bien heureuse de vous lire à nouveau si combattante et si positive aujourd’hui. Pas qu’il ne faille pas dire quand ça ne va pas mais je pense que plus vite on l’admet, plus vite on cherche des solutions, plus vite on agit et plus vite on trouve un regain d’énergie et un souffle nouveau.
    Et OUI la vie est belle!!!

    • Merci Maëlle. Oui, j’adore dire quand tout va bien. Mais quand ce n’est pas le cas, il faut l’admettre aussi. Pas pour pleurnicher, mais effectivement pour en prendre conscience et chercher le solutions… Parce qu’il y en a toujours…

  2. Finalement peut-être que les transferts d’énergie, ça marche ?! Heureuse de cette plus grande positivité ! Courage à nouveau !

  3. Je n’ai pas pris je temps de l’écrire hier, mais je tenais à te dire (on se tutoies ici?) que ce que tu traverses fait écho en moi…J’ai eu quelques semaines difficiles et moral au fond des chaussettes, ces derniers temps, et je reconnais que c’est dur de dire « ça ne va pas »… Mais je pense pouvoir dire que j’atteins le sommet de la colline !! Repos, ménagement, et courage! Merci pour ton blog!

    • Oui Amande, ici, on fait comme on veut et on peut donc se tutoyer (disons que c’est l’usage sur la toile…). Je suis contente que tu aperçoives le sommet de la colline parce que sacré nom d’un petit bonhomme, visiblement, tu en as bavé toi aussi… Et merci à toi d’être par ici.

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