183 / Hors du temps

Est-ce que je vous ai dit à quel point j’étais bordélique ? Si peu organisée, remettant tout à demain ? Je suis comme ça ma pauv’ Suzette et on va dire que même si ce fâcheux trait de caractère augmente mon baromètre niveau stress, je m’en accommode la plupart du temps, déployant une surdose d’énergie pour « compenser ».

Ce week-end, j’avais pas mal de choses à régler (avant mon départ en formation à Angers) seulement voilà, j’ai choisi de partager de très bons moments avec mes amis et mes enfants… moyennant quoi en visualisant ma to do list virtuelle dimanche soir, j’ai un peu flippé…

• N’empêche, samedi soir, on a assisté avec nos deux aînés à un fabuleux concert (au théâtre de Chartres). Concert d’improvisation autour de la musique classique, avec Jean-François Zygel (oui, le fameux). Indescriptible, éblouissant, tellement intéressant. S’il passe dans votre région, comment vous dire… foncez !

• Réveil à 6:30 dimanche matin (sacrilège…) pour déposer mes fistons à une compét de natation à Trifouillis-les-oies. Sont revenus tous les deux avec des médailles autour du cou. J’étais bien heureuse pour eux, jusqu’à ce que je constate à quel point mon fils (n° 2) allait souffrir vraiment dans la vie s’il supportait si peu l’échec… (L’échec étant pour lui UNE SEULE médaille, et en bronze). L’affront. (#gloups). L’occasion d’une discussion autour des joies et des peines liées au sport, de la gestion du stress, des progrès… Et l’indispensable notion de PLAISIR. Vaste programme.

C’était curieux de voir ce petit bonhomme, MON petit bonhomme, si drôle, si plein de vie, d’ordinaire si joyeux, pleurer ce dimanche soir devant moi, tellement déçu. Nous leur avons redit notre fierté à les voir travailler si dur, notre plaisir à les regarder partir chaque soir, sac sur le dos, fatigue en bandoulière, prêts à en découdre viscéralement, à nager encore et encore… Et encore.

• Lundi, dernière journée avant le D-Day. Beaucoup de boulot, de paperasse aussi. Pause bien agréable le midi. Depuis notre déménagement, les deux grands rentrent déjeuner avec nous le lundi et le vendredi. On papote, on rigole. Jusqu’à ce que je leur dise bon allez, va pas falloir tarder, montez prendre vos affaires… Et là ? Là c’est le drame. Mon bilboquet (celui-là même qui pleurait la veille) décide de monter les marches trois par trois, en loupe une et se fait visiblement trèèèèès mal. Redescend bien plus vite qu’il n’était monté, s’assied sur le canapé, tient sa jambe. Je lui dis montre-moi, lève vite ton pantalon… Misère. Rien que d’écrire ces quelques mots, l’image me revient en mémoire… Bon bref, je n’ai ni l’envie ni le courage de revivre tout ça dans le détail alors je vais la faire courte. Tibia ouvert (très ouvert hein…). J’appelle le SAMU, j’explique la situation  : Vous êtes sûre madame que c’est l’os que vous voyez ? (#boulet) La loi de l’emmerdement maximum s’est arrêtée quand j’ai décidé de lui raccrocher au nez et d’emmener mon fils à la clinique la plus proche.

Cinq heures et vingt-deux points de suture après, mon fils a donc un tibia presque neuf… Merveilleux.

Je suis retournée le voir à la clinique après son opération. Ai repris mon boulot en rentrant là où je l’avais laissé jusqu’à deux heures du matin, ai vaguement rempli ma valise avec la torche de mon Iphone pour ne pas réveiller mon homme. (Je ne sais pas encore par quel miracle il me semble que je n’ai rien oublié !) J’ai préféré ne pas compter, mais en réglant le réveil pour 5:30 j’ai quand même vite compris que la nuit serait (trop) courte… Suis partie à six plombes pour Angers. Ai trouvé une chouette radio pour m’accompagner. Et en arrivant, ai prié pour que le formateur soit en forme… Il l’était !

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Oui, ça bosse dur !

Me voici donc hors du temps depuis hier. Loin de chez moi et des miens. Dans une très chouette chambre d’hôtes à très grande distance de toute forme de bruit.

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J’ai envoyé la photo à mon homme.
> A votre avis il va comprendre ou je développe ?

Je n’ai malheureusement absolument RIEN vu d’Angers et ses environs. En même temps, je ne suis pas franchement venue faire du tourisme. Pour autant, les couleurs sont très surprenantes ici. Le ciel est rose le soir. Oui. Rose.

J’appelle ma tribu sur Skype chaque soir. Ma toute petite me dit t’es là maman ? Tu rentres dormir ? Non ma craquotte mais je pense à vous. Ce soir, après m’avoir entendu dire à son frère que je l’aimais, elle m’a demandé « est-ce que tu me t’aimes moi aussi maman ? »

« Est-ce que tu me t’aimes ? » A-t-on jamais entendu plus mignonne petite phrase ?

2 réflexions sur “183 / Hors du temps

  1. J’ai adoré lire cette journée même si j’ai grincé des dents pour le tibia… Et j’ai beaucoup aimé ton intro en parlant de ton côté bordélique, je m’y retrouve franchement 🙂

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