116 / Hier soir au bout du fil

J’étais presque contente en l’entendant sonner hier soir.

Il était presque 21h30 et avec mon homme, on avait dû retourner au boulot (adossé à notre chambre…) pour une heure ou deux.

Ça n’en finissait pas, c’est pourquoi j’ai vu là une belle occasion de faire une pause.

Les gens qui appellent après 21h00 savent qu’on est bien plus dispos, le créneau devoirs-douches-repas-histoires-dodos étant normalement derrière nous.

C’était donc forcément quelqu’un qui avait le temps de papoter.

C’était donc l’annonce d’un bon moment pour moi, bavarde invétérée…

Quand j’ai reconnu la voix de mon amie (que je vais appeler Alex), j’étais comme rassurée d’avoir de ses nouvelles après une absence peu commune.

Quand elle m’a dit Val, c’est moi, c’est Alex, j’ai vite compris que sa voix cachait une de ces mauvaises nouvelles qu’on reconnaît aux premiers silences.

Alors j’ai fait ce que je fais toujours dans ces moments. J’ai enchaîné. Alex, comme je suis contente de t’entendre. J’allais t’appeler de toute façon… parce que ça fait des lustres que tu n’as pas donné signe de vie. Bon, allez, raconte, vos vacances au ski, les enfants, ton boulot ton homme, tout ça, ça va ? Tu t’en doutes, ici, les p’tits, enfin les p’tits… ils grandissent… trop vite… bon, en même temps, je suis contente quelquefois que les garçons gagnent en autonomie. D’ailleurs, faudra que je te raconte un truc… Bon, mais et toi alors ?

Aussi, quand elle a profité de cette demi-seconde de silence pour me dire, Val, je viens de faire une fausse-couche, j’ai fermé les yeux, retenu ma respiration, et fini par lâcher, merde, punaise, c’est pas vrai…

Si.

J’ai posé les questions « techniques » du genre, t’étais enceinte de combien, est-ce que tu as vu ton gynéco, comment ton homme réagit-il ?

Et j’ai vu défiler dix ans d’un parcours chaotique.

On a parlé un long moment. J’ai retenu mes larmes. Pas elle.

 

La prochaine fois que le téléphone sonnera à cette heure, je crois bien que j’attendrai les premières phrases de l’autre côté du fil avant de me réjouir.

3 réflexions sur “116 / Hier soir au bout du fil

  1. Et comme toujours, tu as su trouver les mots qui font du bien, les mots qui apaisent et réconfortent. Et puis, si ce genre de mauvaise nouvelle te ramènent en arrière, ton parcours, lui, nous permet de nous projeter dans l’avenir et de savoir que l’issue sera positive, malgré les obstacles et les difficultés. Pour Alex comme pour toutes les autres, tu es un espoir, une bonne étoile, un refuge…merci.

  2. Tu le sais, dans quelques mois on rigolera et on refera le monde… En attendant, que c’est dur… Je pense à toi et à ton homme. je sais que la cigogne va trouver son nid chez toi. D’ailleurs, je vais de ce pas lui envoyer un SMS parce que hein, faudrait pas trop déconner quand même. C’est qui le chef ici, non mais oh ?! Prends soin de toi.

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