85 / Conciliation…

Je crois même que je devrais y mettre un « s »…

« Action de concilier. Faire disparaître les causes des différends. Accorder des choses qui semblent contraires »…

Je te le dis tout de suite, j’ai mon diplôme « ès conciliation », mention très bien, depuis presque 11 ans.

Je travaille en free-lance depuis 15 ans. Depuis 15 ans donc, j’oublie d’aller chez le toubib quand j’ai le nez qui coule et même quand j’ai la gastro parce que, de toute façon, son arrêt médical ne servirait à rien. Quand on est free-lance, on a des tas d’avantages, mais pas celui-là.

Pour un nez qui coule, ça passe. Mais pour un truc plus grave ou… une grossesse, là, on ouvre grand la porte du bureau des pleurs…

Ø  Exit le congé parental payé par la Sécu

Ø  exit les indemnités journalières après la naissance de ton bébé. Non, tu remontes tes manches et là tu développes un sens aigu de l’organisation.

Impossible en effet de dire à tes clients :

« Je vous supplie tous les deux mois de me filer du boulot mais là, je m’arrête pendant 4 mois et soyez sympas de ne pas m’oublier. Je serai à nouveau dispo au printemps. »

 Et pourtant, j’ai la chance de travailler dans un milieu où je fréquente des gens pour la plupart très sympas, mais quand un boulot doit être fait, si moi je ne suis pas dispo, il y a foule à la porte du client pour le faire. Presque aussi bien que moi. Le sourire en moins mais parfois on s’en fiche.

 Quand mon fils aîné est né (il a presque 11 ans), je n’ai pas voulu prendre de congé parental. À l’époque, j’avais beaucoup plus d’énergie et je me suis dit que, quand même, avec un seul bébé, un mari en or (oui, il existe, j’ai l’exemplaire unique…) une bonne nounou et un brin d’organisation, ça devrait aller. Ça a été.

Deux ans plus tard, à la naissance du 2e, ça a commencé à être rock’n roll mais… ça a été.

Et pour être tout à fait honnête, j’étais même bien contente d’aller bosser. Si tu me suis depuis le début, tu sais donc que dis souvent « heureusement que j’ai le boulot pour me reposer »… Oui. J’adore mes enfants ai-je besoin de le dire, mais j’aime aussi être au CALME derrière mon bureau, pouvoir passer un coup de fil avant 23:00 dans le grenier et déjeuner à une terrasse de café avec des copines ou mes clients.

Quand notre petit 3e est né, là, j’entendais pas mal de copines parler de leur travail à temps partiel et j’ai décidé (ON a décidé, avec mon homme) de ne plus travailler le mercredi.

Oh joie, oh cris, oh courses mais oh pas de réveil…

Ces sont donc depuis mes mercredis-raviolis adorés. J’aurais du mal à revenir en arrière mais s’il le fallait, je le ferais.

Oui, parce que c’est bien de ça dont il est question > s’accommoder, essayer, concilier…

Chercher l’équilibre entre la vie de famille ET l’épanouissement professionnel.

Progresser, évoluer dans sa carrière, changer (ou pas) et en faire bénéficier tout le monde.

Parce que comme le dit Cécile, du blog « 8 à la maison » dans son très chouette article « Ma récompense » « élever des enfants permet d’acquérir des compétences dont les entreprises ont besoin ». Et toc !

Il est terminé le temps où les mères ne pipaient mot et élevaient leurs enfants sans broncher parce que… hein ? quelle joie !

Aujourd’hui, nous, on veut plus, on veut TOUT.

Je ne sais pas bien qui a inventé le concept mais les mères aujourd’hui veulent :

> pouvoir profiter de leurs enfants

> avoir de l’argent > donc travailler ?

> avoir du temps pour la famille ET pour les copines

bref, être é-pa-nouies

 

Et puis la Société voudrait aussi qu’on soit :

– des femmes belles en toutes circonstances

– performantes

– des épouses disponibles

– des bonnes copines

 

Moi, j’ai un petit truc pour ne pas perdre trop de temps et surtout pour ne pas déprimer.

Je ne me pose pas de questions « inutiles ».

Par exemple :

> je ne me demande pas si je suis une bonne mère (je suis la meilleure pour eux).

> Je ne me demande si mon client me trouve sympa (il s’en fiche).

> Je ne me demande pas si je cuisine bien (je cuisine, c’est déjà ça…).

> Je ne me demande pas si je vais réussir à terminer ce boulot à l’heure. J’y arrive toujours.

> Je ne me demande pas si la nounou va assurer cet hiver. Elle a intérêt !

> Je ne me demande pas si mes copines vont me pardonner d’être moins disponibles > elles savent combien je les aime. Et puis on en est toutes là…

> Je ne me demande pas si mon mari va comprendre > on vit ensemble et on partage tout, depuis toujours.

> Je ne m’en veux pas quand je suis désorganisée > je ne peux pas tout faire, je vise les priorités.

> Je ne me demande pas si j’ai bien faire de punir mes gosses quand ils font une bêtise > c’est moi l’adulte responsable, c’est à moi (à nous) de les élever.

> Je ne me demande pas si ma petite 5e est frustrée parce que, forcément, elle est la 5e et que je dois partager mon temps. Je me dis que c’est une chance pour eux d’être une si grande fratrie (et d’avoir une mère en or… plaqué !)

En bref, je n’ai pas le temps de déprimer. Parce que je n’ai pas le choix.

Par contre, ON a choisi d’avoir 5 enfants en continuant à travailler (en même temps, faut aussi payer les factures…) et ça me va bien.

Je trouve aussi que c’est bien de montrer à nos enfants l’importance du travail.

Parenthèses > je ne porte aucun jugement sur les mères qui décident de ne pas « travailler ». Entendons-nous bien, élever ses enfants et s’occuper de la maison, des vacances, des papiers, des rendez-vous chez le toubib et de l’intendance, C’EST un boulot. Moi, j’ai choisi de ne pas TOUT faire toute seule.

Car c’est bien plus facile de dire :

« Chéri, moi aussi je me suis levée ce matin pour aller bosser donc toi aussi tu peux mettre de l’eau dans la casserole et faire cuire du riz. Ou des pâtes, note-bien… Moi aussi j’ai eu une dure journée. »

Avoir des enfants m’a aussi appris à exprimer mes besoins, mes envies, sans complexes.

Je ne vais pas te mentir. Le tableau n’est pas idyllique. Parfois, j’ai l’impression que je vais y laisser ma peau, que je suis trop fatiguée, trop stressée. Je me demande pourquoi je fais tout ça.

Je crois que j’ai la réponse.

Je veux être heureuse. Mon bonheur passe par là. Il est pile à mi-chemin entre mes enfants, mon mari et mon boulot.

Je dors mal souvent. Je craque parfois mais, aujourd’hui je peux le dire, je suis une femme-mère-chef d’entreprise-sœur-copine-épouse heureuse.

Si ça ce n’est pas de la conciliation !

montres-horloges

2 réflexions sur “85 / Conciliation…

  1. Bonjour, j’ai (moi aussi) beaucoup aimé ton article 🙂 je suis aussi une coureuse de fond, qui essaie de tout mener de front, et il y a des trucs dans lesquels je suis plus performante que d’autres. je craque aussi parfois, je crie de temps en temps, et je me dis que juste, c’est possible de bosser et d’élever une famille nombreuse, et en plus d’être heureux 🙂 tu seras là le 21/11?

  2. Bonjour Cécile, merci pour ce gentil commentaire. Voilà, c’est possible. Ce n’est pas toujours le GRAND calme et le bonheur intersidéral mais, c’est possible. Et même, l’un aide l’autre. Je veux dire, je me sens mieux à bosser pour élever mes gosses… Et OUI, je serai là le 21. Il me reste donc à trouver la perle qui gardera mes 5 mômes ce jour-là ! Force et courage !!!

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