76 / « C’est le non qui construit… »

C’est pas moi qui le dis, c’est Françoise. Dolto.

Autant dire que tu peux y aller tranquille, tout est validé.

Je devais être en voiture il y a fort longtemps, entre 2 crises hystérico-pénibles de mes 2 fistons, prête à les envoyer valser par la fenêtre de la voiture ou même à les déposer sur une aire d’autoroute…

J’étais seule avec eux et n’arrivais pas à les calmer, pauvre de moi que j’étais concentrée à tenter de garder intacts mes p’tits nerfs ainsi que la carrosserie de ma voiture…

L’un voulait je crois le Batman de l’autre (tu comprends mieux leurs surnoms ici… fastoche en fait).

L’autre ne voulait pas céder. Ils ont dévissé tous les 2. M’ont demandé un goûter (dans la voiture alors qu’on arrivait…), ont voulu se détacher… Bref. J’étais tout près crois-moi du pétage de plombs quand j’ai entendu à la radio une chronique sur Françoise donc.

Elle disait que tous les parents étaient confrontés à ces « scènes ». Parfois plusieurs fois par jour, parfois seulement de temps en temps (pour les veinards concernés par le « de temps en temps », prière de passer prendre le goûter ce samedi et m’expliquer comment vous faites… Fin de la parenthèse.).

Et elle ajoutait, en gros, que c’est à l’adulte de décider, de montrer l’exemple. Et de s’y tenir. Et qu’on pouvait se rassurer parce que « céder » à tout ce que nous réclament nos bambins ne les aidait pas forcément. On n’est pas des mauvais parents quand on couche nos mômes avant 22:00, même le week-end. Ni quand on ne les laisse pas se casser une jambe sur le bord de la rambarde pour qu’ils nous montrent comme ils sont super balèzes et qu’ils peuvent presque voler…

Non, parce que, je cite « c’est le non qui construit ».

Ouf !

Autant dire que j’use et j’abuse de cette petite parole bénie qui flotte en permanence dans mon petit esprit.

Mais je te rassure, je cède aussi…

C’est là je crois tout l’enjeu de la parentalité, la difficile équilibre entre la fermeté psycho-rigide et l’abandon total de toute règle.

Entre tout et rien donc. On y revient toujours.

N’empêche que ça m’aide souvent. Quand j’ai l’impression de trop en faire, trop exiger, je me rassure en me disant que si c’est Françoise (Dolto quand même…) qui le dit… ça doit être vrai, non ?

Et pourtant, je ne suis pas spécialement adepte des livres psys. J’essaie de me forger (avec Tarzan) ma propre opinion.

Mais parfois, quand à force de répéter à ma Luciole adorée > « non bordel, tu ne vas pas décider de telle ou telle chose à 3 ans !, je suis contente d’être un peu soutenue par Françoise…

On doute. On craque. On insiste. On essaie… On se trompe et même on se plante méchamment…

Mais on les aime. Tellement. Et pour ma part, ils me le rendent bien alors…

Elisabeth Badinter a écrit dans son livre « X Y – De l’identité masculine », la phrase suivante :

« L’amour maternel est infiniment complexe et imparfait. Loin d’être un instinct, il faut plutôt un petit miracle pour que cet amour soit tel qu’on nous le décrit ».

CQDF.

2 réflexions sur “76 / « C’est le non qui construit… »

  1. Chez nous, on varie entre le « non » non expliqué, c’est comme ça, un point c’est tout parce que je suis l’adulte et tant que tu es sous ma responsabilité je décide d’un certain nombre de choses. et le  » non » expliqué « non, on ne monte pas sur la rembarde, elle vient d’être peinte et si tu tient à récurrer ton fond de culotte après, vas-y franchement !) avec annonce des conséquences logiques de leur choix. Et ça marche plutôt pas mal. J’y rajoute une once de super nannie en annonçant à l’avance mes attentes: « je sais que ce n’est pas facile pour toi de tenir un stand avec Maman au forum des assocs, mais on a pas le choix. Moi non plus ça ne me réjouit pas. Et ça serait vraiment super si tout se passait bien, on serait tous contents de revenir ensemble », bilan : 2h30 au lieu de 2 à tenir le stand avec 4 enfants entre 8 ans et 9 mois et un commentaire « Maman, c’est ma matinée préférée depuis longtemps ! ».

  2. Tout à fait d’accord avec toi. Quand je suis zen, dispo, j’explique aussi. C’est mieux. Mais parfois, le « c’est comme ça et pas autrement », avec 5 enfants à la maison, c’est bien pratique… Quoi qu’il en soit, je crois que nos gosses savent très bien quand ils dépassent les bornes…

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